Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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SAMEDI 12 Avril 2009

Veillée Pascale, Avril 2009 au temple de Gap (05)

Lectures du Jour :

Actes 10.34-43 ;

Romains 6.3-11

Luc 24, 13-35




Nous sommes graciés


Quel charabia d’Eglise contenu dans ce texte de l’apôtre Paul… ou du moins, quels mots barbares employés par Paul que l’église chrétienne a repris : écoutez donc : péché, grâce, mort, baptisé, ressuscité, gloire, vieil homme, mort au péché, baptisé en sa mort… j’en passe et des meilleures !!

Deux versets, l’un en amont, l’autre en aval de notre texte, donnent une clé de lecture précieuse pour nous ce soir :

Le premier verset est Romains 3, 23 « Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. »

Le péché, c’est quoi ?

Bah ! ce mot, on ne l’aime pas ; c’est ringard !

Mais si on prend le mot grec qu’on a traduit par péché, il veut dire exactement : « rater sa cible » !! En gros, en français courant,  » être à côté de la plaque » !!

On est à côté de la plaque quand on croit qu’on peut vivre sans Dieu, qu’on peut gérer sa vie en faisant sa p’tite sauce perso, sans Dieu, et sans les autres.

Choisir de vivre sans Dieu, en écoutant uniquement sa propre volonté, c’est louper sa cible ; c’est être à côté de la plaque. Parce que c’est se priver d’une dimension extraordinaire.


Romains 6,23 nous décrit les conséquences du péché – « Car le salaire du péché, c’est la mort; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur. »

A nouveau en français courant, on pourrait traduire : Tu rates carrément ta cible en vivant sans Dieu et tu es comme un zombie, un mort-vivant. Mais le Christ est venu viser pour toi ; et ça, si tu l’acceptes, tu n’es plus à côté de la plaque, et tu passes de zombie à vivant-vivant. (c’est bon comme traduction ?!!!)

Mais comment donc cela se passe ?!!!

On me parle de grâce, mais la grâce c’est quoi ?


Connaissez-vous le point commun entre Abu-jamal Mamia et nous ?

Abu-Jamal Mamia était, jusqu’au 27 mars, dans les couloirs de la mort ; condamné à mort aux USA ;sa peine a été revu ; il n’est plus condamné à mort.


Connaissez-vous maintenant la différence entre Abu-Jamal Mamia et nous ?

Lui, sa peine a été commuée ; il devra rester en prison même s’il a la vie sauve.

Nous, nous sommes graciés. C’est ça la grâce ; on était carrément aux yeux de Dieu à côté de la plaque, et Dieu, en envoyant Jésus-Christ (un merveilleux avocat moi je vous le dis !), hop, il nous gracie ! Nous sommes graciés, vous vous rendez compte ?!!

Il l’a dit, lui-même : « Celui qui croit en moi, dit Jésus, celui-là vivra, quand bien même il serait mort ; quiconque vit et croit en moi ne mourra pas pour toujours. »


Jésus-Christ est ressuscité signifie : son pardon est mon salut.

Bon ; maintenant, j’en fais quoi de ça ? Je repars faire ma vie ?

Faire sa vie. C’est bien ça le loupé de cible dont parle Paul: vouloir faire sa vie, sa petite vie, à sa petite sauce, au lieu de la recevoir du Père de toute vie. C’est le cercle vicieux du péché : plus on se veut «à la hauteur »par ses propres forces, devant Dieu et le monde, par la piété, la charité, la sagesse, le travail, l’autorité, la force, la domination… plus on s’enferme dans l’orgueil et la rivalité, dans la religion de la peur de la mort…et dans la mort-elle même.

Vous entendez ? Nous sommes graciés !


Est-ce que vous croyez qu’un prisonnier qui attend dans le couloir de la mort, et à qui on ouvre grande la porte de sa cellule en disant : « tu es libre, tu es gracié », va juste prendre son balluchon , dire « salut » à son voisin, et reprendre sa vie d’avant comme si de rien n’était ? Le gracié, il est fou de joie ; il saute au plafond !!! Il voit la vie comme quelque chose de merveilleux, d’unique !

Vous vous rendez compte ? Quand vous vous faites sauter un PV par grâce présidentielle le 14 juillet (quoi que ça n’existe plus…), vous sautez au plafond…

Là, Jésus Christ nous annonce : ‘ tu es gracié; tu étais condamné à mort, mais tu as désormais la vie éternelle », et bien nous on dit quoi ? Un peu comme les ados : « ouai, bof, merci bien… »


Nous sommes graciés !!! Toutes les flèches que nous avons lancées, que nous lançons et qui ratent forcément la cible parce qu’on est bien souvent à côté de la plaque, c’est le Christ qui les récupère sur lui…les prend sur lui.

Dans un premier temps, nous voilà carrément allégés ! Dieu, en Jésus-Christ, dit à chacun de nous: « N’aie pas peur ; je t’aime, tel que tu es, alors tel que tu es, fier et honteux à la fois, je te pardonne, et je viens mourir avec toi, afin de vaincre ta mort, et te rendre à la vie que je t’ai donnée… » S’il n’y a pas de résurrection des morts, Christ non plus n’est pas ressuscité ! »

Voilà pourquoi Dieu est mort en Jésus-Christ : il est mort pour vaincre ta mort.

Alors à toi qui a souffert déjà ; et à nous tous qui souffrirons, la foi nous le dit : N’aie pas peur, car dans toutes tes épreuves, tu es plus que vainqueur par celui qui t’a aimé. De toutes tes épreuves, tu es déjà ressuscité, car ce n’est plus toi qui vis, mais c’est Christ qui vit en toi… Tu n’es plus mourant de ton péché, mais vivant du pardon de Dieu. » Et si tu entends cela pour la première fois, écoute-le, réjouis-toi et garde-le, car c’est la vérité, la folie que tu attendais.

La deuxième chose, c’est que cette folie-là, qui nous fait dire que par le Christ, nous sommes vivants à jamais, elle ne peut nous laisser de marbre.


Graciés, nous ne pouvons plus sortir de notre prison comme si de rien n’était !

Nous ne pouvons plus voir les autres comme avant ; nous ne pouvons plus retourner dans la société et ses systèmes qui loupent leur cible en permanence.

Ce serait refuser la vie nouvelle qui nous est offerte ici et maintenant. Ce serait comme dire : « non, non, moi je reste dans mon tombeau » !

Le monde attend que tous les graciés que nous sommes prennent la vie à pleine main, et la partagent, et partagent la joie caractéristique des graciés !


La joie, n’est-ce pas ce qui manque dans notre société ? Avec la solidarité, la compassion, l’écoute, la fraternité ?

N’oubliez pas : nous sommes des graciés; c’est Christ qui vit en nous, afin que nous vivions. Et maintenant, par la foi, quoiqu’il arrive, je ne crains ni ne convoite plus rien du monde, mais je me réjouis d’en être, par l’amour vainqueur, un bâtisseur vivant, un témoin et un ami de Jésus-Christ, ressuscité des morts pour chacun d’entre nous.


Amen !


Pr Nathalie PAQUEREAU