Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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LE LIVRE DU PROPHÈTE MALACHIE




LE LIVRE DE MALACHIE


Ce petit livre s'ouvre sur une déclaration d'amour (« Je vous aime, dit le Seigneur » 1.2) et se termine par une note d'espoir, une réconciliation possible avant la fin des temps (3.23-24). On sait peu de choses sur son auteur, la date de rédaction de cet écrit (au 5ème siècle ?), et le prophète Malachie (à traduire, peut-être par « mon messager ») plus éloquent au sujet des autres qu'au sujet de lui-même.

Le livre est bref : 55 versets suffisent pour engager quelques discussions, parfois virulentes, sur la société dans ses manquements religieux et sociaux (famille, rôle des prêtres, financement du culte) ; le thème de l'alliance avec Dieu y est omniprésent. Chacune des unités littéraires fonctionne sur le mode de la controverse : interpellation de Dieu ou du prophète, réponse des auditeurs, poursuite de la discussion. La critique religieuse s'exerce à l'égard du culte et de la prêtrise, mais elle n'exclut pas une critique sociale qui lui est souvent liée. Ainsi, le culte est au centre de plusieurs des exhortations de Malachie, et le respect des pratiques cultuelles, des sacrifices et de la Loi sont autant de moyens pour rester fidèle à Dieu, tout en favorisant le bon fonctionnement de la société.

 

Texte de Thierry Legrand, Faculté de théologie protestante de Strasbourg,

dans « Parole Pour Tous », le 20 Décembre 2021



INTRODUCTION au livre de MALACHIE


Malachie, le "messager". Dernier texte de la Bible hébraïque, comme une récapitulation des livres prophétiques. Les indices historiques du texte permettent de situer ce prophète vers 480/460 av. J.-C., un temps de découragement.

Réformateur du culte de la communauté aussi bien que de la vie personnelle de tous les fidèles, prêtres et laïcs, il rappelle à chacun sa responsabilité devant Dieu. Car, si le prophète demeure épris d'une indéfectible référence à la Parole et aux promesses qu'elle porte contre vents et marées, il n'épargne à personne la nécessaire interprétation critique de sa propre vie en lien avec autrui.

Ce texte déploie, avec des accents parfois très durs, ce souci essentiel : faire résonner l'interprétation de la promesse dans l'actualité la plus immédiate de la société et en pleine pâte humaine de la communauté.

Autre accent, celui de l'attente d'un messie, jour "grand et redoutable", attente d'une très forte densité -toujours actuelle pour le judaïsme, attente qui va colorer toute l'épaisseur de la vie d'une tonicité même dans la plus morne des existences : c'est l'espérance. Ainsi la Bible hébraïque se clôt à l'identique de son introduction : à celui qui croit, rien ne saurait ôter la "Présence de Dieu".


Texte de Jacky Argaud dans « Parole Pour Tous », le 20 Décembre 2005


LES LIVRES DE ZACHARIE ET DE MALACHIE

Les prophètes bibliques sont épris de l'actualité et de Dieu. Leurs paroles et leurs visions répondent à une double préoccupation : faire entendre à leurs contemporains, au cœur de l'actualité, la parole de Dieu, et faire résonner celle-ci comme instance critique dans les différents domaines de la vie.

Alors, avant d'ouvrir ces deux livres, voici quelques repères pour situer l'actualité qui était la leur : les deux prophètes interviennent après que Cyrus ait permis à ceux qui étaient exilés en Babylonie de rentrer chez eux. Zacharie (520-518 av. J.-C.), pour les chapitres 1 à 8, s'adresse aux Jérusalémites alors que Zorobabel, gouverneur de Juda, et le grand-prêtre Josué reprennent la construction du Temple et rétablissent le déroulement normal des sacrifices et des fêtes. Lorsque Malachie prend la parole (vers 480-460 av. J.-C.), le Temple est déjà reconstruit, et il doit faire face à de nombreux problèmes cultuels et rituels. Les chapitres 9 à 14 du livre de Zacharie datent certainement de la période hellénistique (à partir de 333 av. J.-C.) et témoignent de la réflexion messianique de ce temps.


Texte de Sophie SCHLUMBERGER dans « Parole Pour Tous »


LE LIVRE DE MALACHIE

On sait peu de choses sur la vie ou les origines de Malachie (dont le nom signifie "mon messager") mais il a exercé son ministère public bien après le retour de l'exil à Babylone, dans une période de troubles, probablement dans l'intervalle où Néhémie s'était absenté de Jérusalem (soit aux alentours de l'an 430 avant J.-C,).

Quant au livre du prophète, il comporte six controverses sous forme de dialogue entre Malachie et le peuple qui ose lui répliquer. Le discours du pauvre "messager" commence alors par rappeler la fidélité de Dieu envers son alliance avec le peuple d'Israël. Mais il se prolonge par une série de reproches, par exemple, à propos du culte profané (fraudes dans les sacrifices au Temple) ou des mariages avec des étrangères (païennes). Et pour parachever le tout, il annonce encore la venue prochaine du jugement de Dieu, synonyme d'extermination des méchants et de guérison pour les fidèles.

Lu dans le contexte des "douze petits prophètes" (surtout selon le classement retenu par la Septante), Malachie présente une excellente conclusion théologique au message prophétique dans son ensemble. La tradition juive le considère d'ailleurs comme le "sceau" des prophètes.

Texte de Claude Mourlam, Union des Églises Protestantes

d'Alsace et de Lorraine, dans « Parole Pour Tous » le 23 Novembre 2011.