Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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CANTIQUE DES CANTIQUES








LE CANTIQUE DES CANTIQUES

Comme bien d'autres textes, ce cantique est fictivement attribué à l'autorité de Salomon. Mais la langue utilisée appartient à une basse époque, probablement la fin du IVème siècle avant JC.

A première lecture, c'est un poème d'amour en chants alternés entre deux amants très épris l'un de l'autre et qui veulent parvenir à se rejoindre au nom de leur indicible amour.

Ce livre a donné lieu à bien des interprétations, et notamment les suivantes :

- allégorique : noces mystiques de Dieu avec son peuple,

- cultuelle : chants pour célébrer de nouveaux époux,

- dramatique : drame idyllique entre un berger et une bergère,

- philosophique : noces de Salomon avec la Sagesse,

- typologique : Salomon épousant une princesse égyptienne.

Aujourd'hui, même si d'aucuns veulent encore spiritualiser ce texte (1), un nombre grandissant de lecteurs acceptent d'y lire un très beau chant d'amour entre deux créatures que leur créateur a dotées merveilleusement dans leurs différences et leurs complémentarités, et qui se le disent de si belle et si délicate manière !

Texte de Jacky Argaud dans « Parole Pour Tous », le 06 Juin 2006


LE CANTIQUE DES CANTIQUES

Chef d'œuvre littéraire, dont l'unité n'est pas contestée, le "plus beau des chants" fait partie des livres bibliques les plus commentés en milieux chrétiens et juifs. Il est aussi le plus énigmatique et pour certains le plus anachronique. Dieu n'y est jamais mentionné, sa louange n'est pas évoquée, ni son culte ou le respect de la Loi. On y trouve, en revanche, une collection de chants d'amour où l'expérience amoureuse est décrite avec sensualité et naturalisme ("tes deux seins sont comme deux faons", 4.5 ; 7.4).

Entre dialogues et monologues, le jeu des acteurs (la Sulamite, un berger et le roi ?) n'est pas facile à démêler et la structure du livre est difficile à cerner. Comment comprendre ce texte ? La lecture littérale y reconnait la célébration de l'amour humain (peut-être à l'occasion de noces), tandis que l'interprétation allégorique (voire mystique) y découvre une multitude de sens cachés : Dieu (ou le Christ) est le bien-aimé, la femme représente Israël (ou l'Église) parti à sa recherche, etc. En définitive, le lecteur se retrouve seul, sans clé de lecture, face à la poésie d'un texte qui stimule pourtant son imagination et sa spiritualité.


Texte de Thierry Legrand, Faculté de Théologie Protestante de Strasbourg 

dans « Parole Pour Tous », le 09 Juin 2014


(1) C’était l’interprétation de Calvin qui en proposait une lecture allégorique : Les deux amants du poème seraient Dieu et l'âme croyante, ou le Christ et l'Église. Calvin considérait le Cantique des cantiques comme un poème érotique et « lascif ». Castellion, son principal contradicteur, en était tout autant choqué, au point de juger insoutenable, indéfendable, le maintien de ce poème « charnel » dans le canon de la Bible où, selon lui, il a été introduit par erreur. Il faut, pensait-t-il, l'en enlever et le rendre à la littérature profane, rien de moins. (d’après une note d’André GOUNELLE).