Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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dimanche 29 juillet 2018

 Culte à Gap (05000)

Lectures bibliques :

Philippiens 4.6-7 :

Jean 14. 26 à 28 : (Voir sous cette référence, méditation du 05 Mai 2013)





La paix


Je vous invite à la prière pour rendre grâces à Dieu :


Seigneur, nous te rendons grâce pour Ta parole.

Ta parole qui est une lumière sur notre chemin,

Ta Parole est lueur d’espoir en ces périodes difficiles.

Oui, Jésus, tu es un grand phare dans notre vie !

Bienfaisant et miséricordieux, le Père de notre Seigneur,

Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Jésus, Tu es là parmi nous,

Tu nous protège,

Tu nous a secourus,

Tu nous a préservés,

Tu nous ramènes à Toi chaque fois que nous « glissons » 

et nous laissons emporter par les mirages de cette société de consommation,

Tu nous épargnes et Tu nous aides.

Nous tous qui sommes ici, te rendons grâces,

Toi, notre Sauveur et notre Seigneur Dieu,

De nous garder dans une paix parfaite en ce monde fada où nous vivons, 

durant tous les jours de notre vie.

Amen.


« Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix ! ». 

Comme vous avez pu le deviner lorsque nous avons cheminé ensemble durant la liturgie de ce jour, je vous propose, comme thème de ce culte et de cette prédication, le sujet sur la paix. Thème ô combien sensible, fragile et qui nous interpelle. Aussi, c’est pourquoi j’aimerai partager avec vous mes chers frères et sœurs, en ce temple de Gap, mes réflexions sur la paix.


En cette année 2018, bientôt, nous fêterons les 100 ans du 11 novembre 1918. Oui, souvenez-vous, dans nos livres d’histoires nous avions étudié ce sujet si sensible. Mes grands parents avaient vécu cette période et nous en parlaient en nous disant : n’oubliez jamais ! Le 11 novembre 1918 : ce jour-là, dans la forêt de Compiègne, à bord d’un wagon restaurant, l’armistice fut signée mettant fin à la première guerre mondiale. Comme cela fait bientôt 100 ans, je vous invite à regarder en arrière afin d’analyser si ce dernier siècle peut nous enseigner sur nous et notre vivre-ensemble ! La signature de l’armistice marque la fin de la Grande guerre et le début officiel de la paix. Oui chers frères et sœurs, j’ai bien dit le début officiel de la paix ! Cependant, permettez-moi de vous dire que j’ai des doutes. J’en viens à me poser des questions :


Précisément, qu’est ce c’est que la paix ? Est-elle si simple à instaurer ? Un simple traité entre nations peut-il simplement apporter la paix ? Commence-t-elle vraiment avec la signature d’un document, et, de ce fait, toutes les souffrances endurées, toute la haine, seraient-elles un simple fait historique ? Ne faudrait-il pas aller plus loin pour obtenir une véritable « paix » ?


Regardons plutôt ! A maintes reprises au cours de l’histoire, les hommes et les femmes se sont interrogés sur ces mêmes questions, ont débattu sur ce sujet si sensible qu’est celui de la paix ! Ne voulant pas se contenter de réponses si simplistes, ils ont formé des mouvements, ont lancé des initiatives pour ne pas cesser de rappeler que la paix demande plus qu’une simple signature sur un simple bout de papier ! Plus qu’un constat de qui a gagné et qui a perdu la guerre ! Selon moi, Paix signifie vivre ensemble !


Cette année, au rassemblement international militaire protestant, pour la 67ème fois, quelques 500 soldats, aviateurs, gendarmes, marins et personnels civils de la défense se sont rassemblés à Méjannes le Clap, dans le Gard, pour parler de leur foi, de leur manière de vivre et de leur visions du monde. Et bien sûr rassemblés autour du thème de la paix. Pensez donc, quelques 26 pays rassemblés autour de ce thème. A Lourdes, quelques 18000 militaires de quelques 35 nations se sont rassemblés autour de ce thème, la paix ! C’est dire combien ce sujet est devenu hyper sensible.


Le RIMP a commencé, il y 67 ans, juste après la seconde guerre mondiale, sous l’impulsion de deux pasteurs, aumôniers militaires aux armées, un français (alsacien je précise) et un allemand. Et ce avec la bénédiction du président français, Charles De Gaulle et du chancelier allemand Adenauer. Quel courage à cette époque. Le premier rassemblement a eu lieu à Mialet, dans le Gard, en juin 1951. Je n’étais pas encore né. Je vous invite à fermer les yeux quelques instants ! J’essaie d’imaginer ce premier rassemblement. Je vois des hommes et des femmes portant encore le fardeau lourd de la guerre, des militaires français et allemands ! Oui, je les vois, ces militaires à la recherche d’un moment de tranquillité et de paix, et qui désirent ardemment un avenir heureux pour leurs familles, leurs enfants et pour eux-mêmes ! Imaginez ces militaires des deux pays qui se rencontrent la première fois, qui se serrent la main chaleureusement et qui finissent par se serrés l’un contre l’autre en disant : plus jamais ça !

Malheureusement, il ne nous reste guère de traces écrites de cette première rencontre et je ne peux hélas deviner quels on été les sujets abordés et discutés. Il est néanmoins fort probable que ces militaires se soient déjà posé les questions que nous nous posons aujourd’hui : comment retrouver la paix et la confiance dans l’autre après de telles horreurs, d’atrocités, de cruautés et de traumatismes engendrés par la guerre ?


Aussi, après la fin de la seconde guerre mondiale, il était difficile de parler de réconciliation. Les peuples européens se regardaient avec méfiance, il y avait peu de familles qui n’avaient pas dû, au cours des deux guerres, déplorer la perte d’un ami, d’un membre de leur famille, d’une personne qui leur était chère. Nombreux étaient ceux qui étaient disparus ou morts, ou dont le sort restait inconnu ! Nombreuses étaient les âmes chagrinées, les plaies ouvertes, les cœurs encore remplis de haine !

Oui, alors comment réussir à pardonner, à oublier, à recommencer ?

Personnellement, j’admire les hommes et les femmes qui, en dépit des expériences faites aux temps de guerre, ont tendu la main pour rapprocher l’Europe.


Oui, ils ont réussi à éveiller dans les cœurs la paix, qui jusque là n’était qu’un mot, un mot à faire fleurir.

J’ouvre une parenthèse et en profite aussi pour saluer tous ces maires de villes et de villages, qui, au lendemain de la guerre, n’ont pas hésité à jumeler leur ville avec une ville allemande ! Et ce malgré parfois les menaces dont ils étaient l’objet. Aujourd’hui, lorsque les deux comités de jumelage se rencontrent, c’est la joie des retrouvailles, la fête. Des amitiés fortes sont nées, des mariages ont eu lieu et il y en aura encore. N’est pas là-aussi un symbole de paix chers frères et sœurs ?

Certes, nous pouvons encore mieux faire, mais ensembles, nous sommes déjà allés très loin. Les relations entre la France et l’Allemagne étaient particulièrement tendues et difficiles ! Car après les conflits du XIX et XX ème siècle, cette relation était emprunte de haine ; on parlait même d’ennemis héréditaires ! Aujourd’hui, la France et l’Allemagne sont devenus ensembles les piliers de l’Europe.


Et pourtant, en mai et en juin de cette année, des militaires de toutes nations se sont retrouvés à Lourdes puis à Méjannes le Clap. De nombreux militaires des quatre coins du monde se sont rencontrés et ont débattu sur ce sujet !

Cela est possible grâce à la volonté de femmes et d’hommes de mettre fin à l’isolement, de se parler, de se rapprocher les uns des autres, de regarder dans la même direction comme l’a écrit Antoine de Saint-Exupéry.

Cela est devenu possible, car nous nous regardons les yeux dans les yeux, nous nous parlons, nous nous tendons la main, nous façonnons ensemble notre nouvelle vie, nous choisissons tous les jours de nous tourner l’un vers l’autre.

Oui, ensemble, nous chantons, nous prions, nous célébrons !

Cela est possible car nous sommes tous unis dans notre foi en Jésus Christ !


Mais les chrétiens non plus ne sont pas parfaits, et, parfois, nous aussi, nous oublions trop vite, malheureusement ! C’est pour ces raisons que je pense que nous devons sans cesse nous rappeler des conséquences de notre égoïsme.

Rappelez-vous chers frères et sœurs, l’exemple de Marie Durant, enfermée dans la tour de Constance à Aigues-Mortes durant quelques 38 longues années ! Ce sont des chrétiens qui l’ont enfermée, des chrétiens à l’époque, et des chrétiens cruels ! Marie Durant et les autres femmes enfermées à cause de leurs croyances. Marie Durant, emprisonnée dans cette tour, dès l’âge de 15 ans, pour sa fidélité à la foi protestante était sa vie en liberté ! Oui, dans cette tour, elle y a passé 38 longues années jusqu’à sa libération. Son sort me rappelle que je ne dois jamais oublier de tourner mon regard vers les autres et pas uniquement vers mes idéaux à moi !

Mais revenons-en à notre point de départ : la paix !


Il est pour nous d’importance cruciale d’ouvrir nos cœurs, d’aimer notre prochain, comme nous l’a enseigné Jésus-Christ, notre Sauveur et Seigneur.


Regardez ce qui s’est passé il y a 67 ans, sous l’impulsion de deux pasteurs. Cette année, nous n’étions pas quinze mais des centaines à Méjannes, des milliers à Lourdes et pas d’un pays, mais de trente, quarante pays différents. Regardez ces villes jumelées, n’est ce pas formidable !


Voilà ce qui arrive lorsque nous osons nous rapprocher l’un l’autre, quand nous parlons, quand nous vivons et chantons ensemble, quand nous surpassons tout ce qui nous séparait : les préjugés, les blessures, la peur et la prudence face à l’autre !


Voilà ce qui arrive lorsque notre foi nous encourage à aborder la vie ensemble. Nous sommes unis dans notre foi en Jésus-Christ, Il est vivant, là, ici, au milieu de nous, nous ses enfants.


Amen !


Pr Marc SCHMITT