Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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DIMANCHE 23 Septembre 2018

Culte à GAP (05000)


Lectures du Jour :

Jérémie 11, 18 à 20

Jacques 3, 16 à 4, 3 (Voir également sous cette référence, prédication du 26/09/2006)

Marc 9, 30-37

 




Ce (ceux) que nous ne voyons pas


En reprenant l'ensemble du texte de Marc, juste avant et juste après les versets du jour, Jésus guérit 2 aveugles. L'un, voyant les hommes comme des arbres qui marchent, à Beth Saïda, et le second étant le fils de Timée (signifiant à priori la peur) à Jéricho.

Entre ces deux étapes, Jésus va annoncer par 3 fois sa mort prochaine.


On peut facilement imaginer que Jésus par ces deux miracles veut faire passer un message, qu'il veut ouvrir les yeux de ses disciples sur les transformations radicales qui vont arriver dans leur vie.

« Notre guide va mourir, notre chef va nous laisser. »

Surpris, inquiets apeurés ils ne comprennent pas.


La crainte de ce bouleversement les aveugle, ils ne voient pas dans quel chemin Jésus veut les mener.

A cette période de leur vie, ils sont dans une situation peut être pas confortable matériellement, mais ils sont persuadés de suivre la parole de vérité en Jésus. Ils sont ensemble, se sentent forts rêvent sûrement de libérer Israël et d'en faire un état fort et stable.

Ils doivent se dire :

« Si notre guide, le fils de Dieu nous annonce sa mort proche, toutes nos certitudes vacillent. Il faut resserrer les rangs il faut désigner le plus grand d'entre nous, il nous faut un nouveau chef pour poursuivre l'œuvre commencée. »

Cette communauté est toute jeune mais elle a déjà tant à perdre, toutes ces certitudes à protéger et à propager.

Recentrés sur eux même ils ne voient plus le monde autour d'eux, ils ne regardent plus le futur avec optimisme.

On se referme, la vision se resserre.

« Replonger dans l'incertitude, le doute, ce n'est pas possible »


Et pour nous ? Est-ce que nous y voyons clair ?

Chacun a construit sa vie, ses vies : Professionnelle, familiale, associative, religieuse avec des règles, des repères qui nous rassurent.

Notre église, notre paroisse, c'est fabriqué avec une organisation, des fonctions, des rites.

Notre Etat possède une administration, une organisation que l'on respecte car elle est efficace en tout cas elle nous semble la meilleure.

Tout est de mieux en mieux cadré pour être le plus efficace possible. La loi répond à tout.

Les disciples étaient sur des chemins rassurants mais nous, nous sommes sur des autoroutes bien cloisonnés, les plus droits possibles ou l'on avance de plus en plus vite.

Ah ! Nous allons vite d'un point A à un point B, mais est que nous ne sommes pas aveugles à la beauté des petits villages qui font le charme d'un pays ?


Ne rendons nous pas invisible le vivant ?

Dans notre famille : A vouloir que notre enfant soit le meilleur en sport, qu'il réussisse à l'école, qu'il ait une jolie famille, un bon boulot, une belle maison. Est-ce que nous n’oublions pas de voir la personne qu'il est, l'être unique que Dieu nous a permis de mettre au monde ?

Dans le monde moderne qui est de plus en plus binaire : 0 ou 1, vrai/faux, bien/mal, est-ce que nous ne perdons pas de vue la subtilité, la sensibilité, les sentiments de l'être humain.

Devant la crispation de ses disciples, Jésus leur dit gentiment de ne pas se laisser aveugler pas leurs désirs de grandeur.

Il prend un enfant, il s'agit sûrement d'un pré-ado de 7/14 ans.


Contrairement à notre époque, ces jeunes hommes n'avaient pas la place donnée aujourd'hui.

Ils n'avaient pas droit à la parole, ils étaient insignifiants n'avaient pas de place dans ces sociétés anciennes.

Jésus se confond à cet enfant dénigré, il se reconnaît en lui. Et demande à ses disciples de descendre de leur nuage et d'ouvrir les yeux sur cet enfant et de voir la création de Dieu au travers de cet être vivant.


Ils savent qu'il existe, il est là, il fait du bruit, les déranger parfois. Mais l'ont-ils déjà regardé comme une créature divine, un être à aimer comme Jésus leur demande de le regarder.


Aujourd'hui, pour chacun de nous : quelle est la personne que nous ne voyons pas ? Quelle est cette création de notre Dieu, invisible à nos yeux, ce Jésus que je n'ose regarder.


Amen !


Pierre BRUNET