Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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Dimanche 14 Février 2010

Culte à Trescléoux (05700)


Lectures du jour :

Jérémie 17, 5-8

Luc 6, 17-26

1 Corinthiens 15, 12-20 (Voir également sous cette référence, culte d'actions de Grâces du 06 Février 2016)




Des Frères,  jusqu’aux derniers instants

 

Les paroles de, Jésus, que nous venons d'entendre peuvent nous apparaitre comme une sorte de provocation, allant à l’encontre du bon sens ; En effet comment être heureux quand on est pauvre, quand on a faim, quand on est dans le deuil, quand on est méprisé, et on pourrait ajouter quand on est malade.

En somme, quand on est exclu de la Vie et à l'inverse pourrait-on dire : pourquoi être malheureux quand on réussit dans la vie, quand on est reconnu, apprécié, où en bonne santé. JÉSUS, il faut le remarquer, est coutumier de ces paradoxes qui sont toujours des invitations à ne pas en rester à des réactions de courte vue, au premier degré.

Et si la Vie, dont nous parle JÉSUS, était autre chose que ce que nous en pensons spontanément, et si l'aide que nous attendons de LUI, pour vivre simplement et honnêtement, sur cette terre, dépassait l'idée que nous nous en faisons ?

Le passage de la lettre de l'Apôtre Paul aux Corinthiens, que nous venons d'entendre, apporte déjà un élément de réponse :

I.) Si c'est dans cette vie, seulement, que nous espérons en CHRIST, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes ;

II) Mais, maintenant, CHRIST est Ressuscité d'entre les morts. C’est ce que nous croyons. IL est les prémices de ceux qui sont décédés.

Voilà la Bonne Nouvelle, car en effet la Vie ne se limite pas aux quelques dizaines d'années, que nous passons sur cette terre ; Notre Espérance n'est pas d'y vivre perpétuellement, notre Espérance c'est la Vie Éternelle où le CHRIST nous invite à vivre en communion avec LUI pour toujours. Et sa Résurrection est la garantie de la nôtre ;

On peut désormais comprendre que ceux et celles qui mettent leur confiance en DIEU découvrent une Espérance qui dès aujourd'hui les engage sur le chemin du bonheur ; Un bonheur qui a sa source dans le désir de se battre pour déployer le goût de vivre ; Ils sont les insatisfaits permanents, non d'un Avoir , mais d'être toujours plus endurants, comme des lutteurs obstinés contre ceux qui les découragent, en voulant limiter leurs ambitions à des objectifs à court terme ; Tel que la possession de biens éphémères qui disparaitront avec leurs propriétaires ; Alors, oui, heureux les ambitieux de la vraie vie, les pauvres que les biens matériels n'enrichissent pas, ceux que les faux serments d'amour et d'hypocrisie flatteuse ne consolent pas, car ils veulent un monde où tout être humain est invité à construire avec les autres le Royaume de DIEU, où les affamés de la vraie Vie seront heureux, « car DIEU sera tout en tous ».

En revanche, malheureux ceux pour qui ne comptent que sur l'avoir et le paraitre pour être ; Malheureux ceux qui ne mettent leur confiance que dans les hommes qui ne promettent, en définitive, que la solitude des déserts arides, et une terre inhabitable, comme le disait déjà le prophète Jérémie.

Cette invitation au bonheur auquel le CHRIST nous invite et qui sera réalisée demain, instaure le bonheur dès aujourd'hui et croire en la vie éternelle c'est déjà mobiliser toutes les forces humaines pour préparer et réaliser avec notre corps que nous cheminons vers le Royaume.

Bien sûr, la maladie et le handicap font partie de ces liens qui portent atteinte à notre espérance ; Ils entravent notre combat pour la vraie vie, et ces liens nous isolent souvent malgré nous ; C'est pourquoi la lutte contre la maladie fait partie du combat spirituel que le Seigneur nous invite à mener Aussi s'agit-il de libérer notre capacité de cheminer avec les autres, vers le bonheur qu'IL nous promet.

Ainsi, soigner les malades, les accompagner, c'est soigner leurs corps et c'est leur rendre le service fraternel de la proximité, qui les éloigne de la désespérance et de l'enfermement dans la solitude ; Soigner et accompagner ceux qui souffrent  c'est ensemble, soignants et soignés, libérer l'espérance ; car il n'y a pas de véritable accompagnement qui ne soit un cheminement ensemble; Oui, combien de malades redonnent le goût de vivre à ceux et celles qui les visitent ? Combien de soignants qui redécouvrent le sens de la dignité humaine et spirituelle en accompagnant jusqu'à leur dernier souffle des frères dont le visage épuisé s'éclaire tout à coup d'une lumière étonnante , signe de leur passage vers la vraie vie ;

Alors on pourrait dire : Amis malades, Merci pour le témoignage que vous nous apportez dans votre lutte pour vivre ; Merci ; quand vous nous invitez à regarder au-delà de l’avoir, du pouvoir et du paraître, merci pour la fraternité, que vous nous faites partager dans une vraie rencontre où les masques tombent pour laisser place à la vérité de ce que vous êtes et de ce que nous sommes. Et amis soignants, merci pour le service fraternel que vous exercez auprès de ceux et celles qui souffrent ; Merci aussi pour vos recherches pour toujours mieux soulager et permettre aux hommes de retrouver leur liberté par la guérison de leur corps et de leur esprit.

Merci lorsque vous restez proche et jusqu'au dernier instant de celui qui achève son chemin terrestre et lui permettez de terminer cette « course » en paix avec lui-même et avec DIEU ;

Alors l’Évangile entendu tout à l’heure, surprenant au premier abord, peut se révéler très clair à présent: heureux les affamés de l'espérance qui luttent et construisent l'avenir, heureux ceux et celles qui mettent leurs compétences et leurs talents aux services des blessés de la vie, pour qu’ils reprennent la route.

En revanche, malheureux ceux qui se croient propriétaires de leur vie et ferment leur porte à l'espérance! Mais heureusement il n'est jamais trop tard pour faire ce revirement et soyons pour ceux qui s’engagent sur ce chemin, des accompagnants dans leurs recherches de la vraie vie en DIEU.

Que le CHRIST Vivant qui nous rassemble en cette annonce, qu’il raffermisse notre Foi en la Vie et nous donne le courage d'en relever le défi dans le monde d’aujourd’hui, pour la joie de tous ceux et celles qui nous entourent et ont tant besoin d'une attention toute particulière comme le CHRIST nous y invite, sur leur route quotidienne, bien sombre parfois pour certains.

 

Amen !

 

Jean-Pierre Morel ;