Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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Dimanche 22 Novembre 2015

 TRESCLEOUX (05700)

 

Lectures du Jour :

Daniel 7,13-15

Révélation (Apocalypse) 1,4-8

Jean 18,33-38


Qu’est-ce que la vérité ?

 

Frères et Sœurs,

 

Jésus devant Pilate, scène que nous connaissons tous, dernier dialogue ou plutôt confrontation entre Jésus et un représentant des autorités terrestres, mais cette fois ce n’est plus avec les autorités religieuses, les scribes, les pharisiens, le sanhédrin, mais devant l’autorité politique, l’occupant romain, en la personne de Pilate.

Ponce Pilate, obscur représentant de l’empereur de Rome dans une petite et lointaine province, la Judée.

Visiblement, devant Jésus, ce gouverneur ne fait pas le poids.


Et pourtant, Ponce Pilate, chaque fois que nous proclamons notre foi, nous prononçons son nom.

Eh oui, que disons-nous ? Il est né de la vierge Marie, il a souffert sous Ponce Pilate. Les deux seules personnes dont nous prononçons le nom sont, celle qui lui a donné la vie et celui qui lui a donné la mort, comme une façon de résumer tout l’itinéraire terrestre de Jésus.

Alors ce serait Pilate le responsable de la mort de Jésus ? Ce ne seraient pas les chefs religieux, les juifs ? Mais pourtant, j’ai lu dans le dernier verset : Pour ma part, je ne trouve contre lui aucun chef d’accusation. Belle parole, mais il ajoute, je le relâche, pour la pâque, ou plutôt, je vous le relâche, donc je vous le livre, faites-en ce que vous voulez.


Alors Pilate, innocent ou criminel ? Où est la vérité ?

S’il y en a un qui ne se fait pas d’illusion sur cette question, c’est bien lui, Pilate, lorsqu’il dit : qu’est-ce que la vérité. Ce n’est pas en forme de question qu’il prononce ces mots, même s’il y a un point d’interrogation. C’est plutôt le constat désabusé d’un homme qui ne croit plus en rien[1], consterné devant sa propre lâcheté, ne sachant pas comment se sortir d’une situation qu’il ne contrôle plus.


Car il voit bien que les griefs des chefs juifs contre Jésus ne tiennent pas la route, eux-mêmes les chefs religieux le savent aussi très bien : Hanne l’ancien grand prêtre président du Sanhedrin, ne sait finalement quoi faire de ce prisonnier encombrant et l’envoie chez son gendre, Caïphe, qui l’envoie lui-même à Pilate.

Pilate, qui n’est décidément pas à la hauteur, fait la navette entre son bureau et le balcon, cherchant comment se sortir de ce piège.


Alors il croit avoir trouvé la solution, que Matthieu précise (Matt.27/24) : Pilate, voyant qu’il ne gagnait rien, mais que le tumulte augmentait, prit de l’eau, se lava les mains en présence de la foule, et dit : Je suis innocent du sang de ce juste. Cela vous regarde.

 

Belle pirouette : Je m’en lave les mains, je suis innocent du sang qui sera versé, et hop, l’histoire retiendra que Jésus a été crucifié par les juifs, ce qui génèrera chez nombre de chrétiens un antisémitisme qui n’est pas de mise, car qui sait, si nous avions été sous le balcon de Pilate, si nous n’aurions pas nous aussi réclamé Barrabas le zélote.

 

Ces hésitations, ces volte-face, ces duplicités, comment pourraient-elles faire émerger la vérité.

Car ce n’est pas le procès de Jésus dont il s’agit, mais le procès de la Vérité, cette Vérité que Jésus, durant les 3 ans de son ministère nous a mise sous le nez et que l’on ne peut supporter que l’on ne veut pas voir car elle nous renvoie à nos petites vérités de seconde zone.


Cette vérité-là, on ne peut la modeler selon nos besoins, on ne peut pas s’arranger avec elle.


Cette vérité-là, c’est la vérité de Dieu, la vérité absolue, celle de l’alpha et de l’oméga[2], c’est la vérité et non une vérité, qui nous échappe totalement, que l’on ne peut contrôler : c’est ce qui la rend dangereuse pour certains, mais pour nous elle est le but de notre chemin.


Et si Jésus rend témoignage à la vérité, c’est que par lui seul, le fils, nous pouvons en connaître le sens et essayer d’y accéder. Voilà le plan de vie du chrétien, des disciples quelconques[3]  de Jésus, ce que nous sommes.

Cette vérité-là, n’a rien à voir avec les petites vérités terrestres dont certaines parait-il ne sont pas toujours bonnes à dire, ces petites vérités que certains croient détenir, eux seuls. On voit où cela peut mener l’Humanité :

G. Bush, le baptiste converti, croyait détenir lui-seul la vérité et il a semé le chaos au Moyen Orient,

Les fanatiques de l’EI croient détenir, eux-seuls la vérité et ils sèment l’horreur jusque dans nos villes

 

L’Humanité peut-elle trouver son salut, vivre, prospérer dans la paix et la fraternité, dans la recherche du bien commun avec ces vérités-là ?

Et Personne n’est totalement innocent. Pour nous réconcilier avec Dieu, avec La Vérité, il y a un seul chemin : non pas l’enseignement de Jésus, non pas ses recommandations, mais Jésus lui-même.

Ecoutez ce qu’il dit en Jean 14/6 : Je suis le chemin, la vérité, la Vie. Et il ajoute : personne ne va vers le Père sans passer par moi, ce qu’il dit autrement lorsqu’il dit je suis la porte[4].


L’accès à la Vérité, c’est à dire à Dieu lui-même, avec lequel Jésus nous a réconciliés ne s’obtient pas au bout d’un long chemin tortueux et escarpé que l’on aurait suivi tout au long d’une vie, pour faire court, après notre mort, mais l’accès à la Vérité s’obtient dès lors que nous mettons nos pas dans ceux de Jésus.

Cela peut se faire en quelques secondes, il suffit de se déporter un peu, de quitter  notre ancienne carcasse et en mettant nos pas dans ceux de Jésus, revêtir les habits d’un homme nouveau, d’une femme nouvelle. Mais cela ne peut se faire sans la rencontre, qui n’a rien à voir avec la théologie, la liturgie, la tradition, l’enseignement, mais qui a à voir avec le cœur. Est-ce que mon cœur est disposé à rencontrer Jésus ?


Si la réponse est oui, alors cette Bible, ces Saintes Écritures dont nous reconnaissons l’Autorité, peuvent nous aider à mieux le connaître, à l’aimer encore plus et devenir des membres actifs du Royaume de Dieu.

 

Eh oui, cette confrontation entre Pilate et Jésus pose également la question du Royaume.

Pilate demande à Jésus : Es-tu le roi des juifs ?


Comme à son habitude, Jésus ne répond pas directement à la question. Il dit simplement Mon royaume n'est pas de ce monde, maintenant mon royaume n'est point d'ici-bas.


Question dérisoire de Pilate, qui imaginait Jésus intéressé par le trône de ce micro royaume de Judée.

Le  Roi dont il est question, Daniel en parle très bien : Il aura la domination, la gloire et le règne; et tous les peuples, les nations, et les hommes de toutes langues le serviront. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera jamais détruit.


Daniel dit la même chose de ce Roi, que Jean dans son prologue[5] que je vous recommande de lire encore une fois en rentrant chez vous.


Ce Royaume est celui de l’Éternité et de l’infini, les 2 dimensions divines.

Royaume qui nous est donc totalement inaccessible, sauf que par la venue de Jésus sur terre, le royaume de Dieu s'est approché de nous,[6] selon l’expression utilisée dans les 3 Évangiles synoptiques.


Et lorsque Jésus répond à Pilate maintenant mon royaume n'est point d'ici-bas, c’est que Dieu est venu chez les siens, et (que) les siens ne l'ont point reçu[7].

 

Royaume qui nous est donc totalement inaccessible, sauf que poursuivant jusqu’au bout sa mission de réconciliation de l’Humanité avec son créateur, Jésus, le fils éternel du Dieu Vivant, Jésus Christ, le témoin fidèle, qui nous aime, nous a délivrés de nos péchés par son sang, nous l’avons lu ce matin.


Et par ce sacrifice, il a fait de nous un Royaume[8], (c’est toujours Jean qui parle). Le Royaume de Dieu n’est donc pas un lieu, situé dans un ailleurs ou un au-delà, mais le Royaume de Dieu est un périmètre, formé par ceux qui le reconnaissent comme le Seigneur de leur vie, les chercheurs de Vérité.

Et lorsque nous demandons à Dieu, dans le Notre Père que ton règne vienne, nous ne lui demandons pas qu’un Royaume extra- terrestre vienne recouvrir la terre, mais nous lui demandons que ce périmètre s’accroisse chaque jour, par un peu plus de zèle,  un peu plus de gestes, un peu plus de foi, un peu plus d’amour pour notre prochain.


Que le règne de Dieu vienne sur la terre, cela dépend uniquement de notre foi et de l’intensité de notre relation avec notre Seigneur.


D’où cette angoissante question posée par Jésus lui-même : quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?[9]

Alors, une fois rentrés chez nous nous pourrons nous demander, en Vérité, sans faux fuyant : cette croix qu’a-t-elle changé dans ma vie ?

 

 

Amen !

 

François PUJOL



[1] De nombreuses légendes courent à son sujet : son épouse, qui se serait convertie, le poursuivant de ses reproches, il se serait suicidé dans le Rhône… à Vienne, (d’où le nom du massif du Pilat !!), après un retour à Rome où l’on n’aurait pas apprécié sa façon brutale de gérer la Judée.

[2] Voir Apoc.1/8

[3] Luc 17/10

[4] Jean 10/9, voir méditation du 21/11/2014

[5] Jean 1/1-18

[6] Matt 10/16, marc 1/15, Luc 10/9

[7] Jean 1/10

[8] Apoc.1/6

[9] Luc 18/8