Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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Dimanche 28 AVRIL 2013

GAP (05000)

Lectures du Jour :

1 Corinthiens 13, versets 4 à 13

Apocalypse 21, versets 1 à 5 (Voir également sous cette référence, prédication du 24 Avril 2016)

Jean 13, versets 31 à 35




« …toutes choses nouvelles".


"Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés". Là est bien l'essentiel de notre lecture pour aujourd'hui dans l'évangile de Jean.

En effet, c'est dans ce verset qu'est résumé l'ensemble de l'enseignement que Jésus est venu apporter sur la terre des vivants voilà 2000 ans. Mais, en disant cela, Jésus ajoute aussitôt "Je vous donne un commandement nouveau". Nous retrouvons bien là en partie ce commandement dans le livre du Lévitique au chapitre 19 et au verset 18: " Tu aimeras ton Prochain comme toi-même. Je suis l’Éternel". Mais la nouveauté dans le texte de ce jour c'est que Jésus ajoute "comme Je vous ai aimés". De la façon dont je vous ai aimés et nous le savons bien de quelle manière, il le manifestera au moment de sa Passion. Ce commandement donne un éclairage nouveau et une dimension particulière à cette Nouvelle Alliance proclamée ici par Dieu lui-même en la personne de son fils.


Jésus ne pose ici aucune limite à son Amour qui ne connait aucune barrière, ni borne d'achoppement dans son expression et sa détermination. Jésus, en disant cela, veut dire aussi qu'il n'est pas venu sur la terre des vivants pour abolir la Loi ou la rendre caduque comme quelques uns l'ont cru. Il est venu plutôt pour l'accomplir comme il le confirmera dans l'évangile de Mathieu au chapitre 5 et au verset 17 "Ne croyez pas que je suis venu pour abolir la Loi et les prophètes, je suis venu non pour abolir mais pour l'accomplir". En effet la Loi et le jugement qui s'ensuivent révèlent en chacun et en chacune de nous tout le péché attaché à notre personne. Le salaire du péché c'est la mort comme il nous l'est dit dans de nombreux passages des évangiles. Or, si Jésus est venu sur la terre pour mourir sur la Croix, c'est pour aller jusqu'au bout de l'aboutissement de la Loi qui veut que le Christ soit mort à notre place comme "victime expiatoire" comme le dira le même évangéliste dans ses épîtres, pour que nous accédions à la vie éternelle.


C'est le seul chemin qui est et qui révèle à l'Homme dans cet acte, tout l'amour de Dieu pour sa créature pécheresse mais pardonnée! Du coup il redonne à ce commandement ancien auquel nous n'aurions jamais pu obéir, un sens nouveau, une dimension nouvelle, un accomplissement alors possible en Jésus-Christ "mort pour nos offenses et Ressuscité pour notre Justification". En effet, c'est à travers Jésus que désormais Dieu nous voit et nous accorde son Pardon. Ce commandement devient alors nouveau : impossible pleinement à accomplir par nous même, il devient possible par le secours du Christ Sauveur. Aimer son prochain comme Dieu nous aime à travers le Christ n'est plus du domaine de la Loi mais du domaine de la Grâce.

Car, aimer son prochain n'est plus une question d'ordre éthique, moral ou philosophique mais d'ordre spirituel. C'est un don du le Christ que nous recevons par la Foi. Laissons la agir dans nos vies propres pour qu'elle devienne ensuite manifeste autour de nous.


Mais en disant cela, il nous faut discerner en quoi l'amour n'est pas quelque chose de spontané, de naturel mais bien quelque chose qui nous est révélé à partir de l'Amour que Dieu a pour sa créature, l'Homme créé à son image. Car nous avons du prix aux yeux de Dieu et la Croix est bien là pour nous le prouver et nous le révéler. Car c'est en effet parce que je sais que Dieu attache beaucoup de valeur à ma vie, que je me sens aimé et que je peux à mon tour aimer les autres. Et en disant cela il nous faut aller plus loin et aller à l'essentiel. Je ne suis pas aimé parce que je suis un type bien ou sympathique ou raisonnable et que je pense en retour recevoir une récompense de mes actes. Non, je suis aimé parce que je suis simplement un enfant de Dieu et aimé pour ce que je suis. Et qu'importent les degrés de ma foi souvent bien vacillante et hésitante dans ma démarche personnelle. Oui, il me faut au départ faire cet acte de confiance et de disponibilité à l'égard de l'amour de Dieu qu'il m'offre gratuitement sans marchandage. Je reçois alors en retour cet amour de Dieu qui me réconcilie avec Lui, avec moi-même et avec les autres.


Ainsi désormais c'est à travers Jésus que Dieu me voit, quel que soit mon vécu, mon passé pas toujours glorieux, mon présent pas toujours parfait et mes expériences heureuses ou malheureuses dans ma vie de tous les jours. Cet amour que je reçois de Dieu m'appelle à le vivre autour de moi. Cet amour de Dieu qui m'est révélé en Jésus-Christ venu un jour sur cette terre, je l'accepte dans mon cœur , dans ma vie; il m'appelle à lui obéir, non dans la contrainte, mais dans la confiance et la sérénité. Cette obéissance librement consentie puise alors sa source dans l'appartenance à Christ qui me pousse à marcher sur les chemins de la Foi et m'appelle à le révéler à chacun et à chacune de mes semblables dans ma démarche quotidienne. Dans l'assurance de sa grâce, plus rien n'est alors en rapport avec la Loi accusatrice. Car, qui dit vivre dans la plénitude de Dieu doit vivre une vie intérieure intense et renouvelée par la prière et la méditation de sa Parole. En grandissant dans la foi, nous apprenons à distinguer le péché du pardon, la mort de la vie. Pardon et vie qui nous sont offerts une fois pour toute dans le sacrifice du Christ.


Dans quel contexte sommes-nous aujourd'hui avec ce texte de Jean pour que Jésus fasse une telle confession devant ses disciples? Nous sommes comme le présente Jésus, quelques jours avant sa Passion et ce texte est appelé pour cela, "le discours d'adieu". La tragédie de sa mort sur la Croix est sur le point de s'accomplir. Le dernier acte n'est pas encore du passé que Jésus semble considérer son sacrifice comme déjà accompli car il en parle déjà au futur "mais maintenant le Fils de l'homme a été Glorifié".

Alors, il est temps pour nous de noter que la gloire du Fils a été de manifester et de révéler le Père tout au long de sa vie et de sa mort, même en se soumettant toujours à sa Volonté. Car il est le Visage et la Main du Père et sa Gloire est toute dans son obéissance et son abaissement. N'oublions pas en cela au moment de la Cène l'exemple qu'il nous donne par le lavement es pieds de ses disciples. Il est en cela le signe de son humilité et de sa disponibilité au service de ses proches qu'il a profondément aimés. Il y a bien là en effet toute une démarche vers l'autre qui reste comme un Symbole de ce que nous sommes invités à faire à notre tour envers notre Prochain.


Quelle leçon difficile à comprendre, à saisir, à partager dans toute sa rigueur, pour nous qui recherchons trop souvent notre propre intérêt avec tout ce qui s'y rattache au lieu de rechercher comme l'évangile nous le demande "le Royaume de Dieu et sa Justice".

Alors, oui, à l'exemple du fils de Dieu, notre Sauveur et notre Maître, pénétrons-nous de ce qu'est vraiment l'Amour tel que nous le rapporte l'apôtre dans son épître aux Corinthiens. Il l'énonce avec force comme un Magister de l'Amour Véritable et Absolu que nous sommes invités à mettre en pratique autour de nous pour le Bien de notre Prochain.

C'est le vœu que nous pouvons et voulons formuler à nouveau aujourd'hui grâce à toutes les promesses contenues dans les évangiles léguées par le Christ. Lui qui est Lumière, toujours prêt à nous éclairer dans les périodes les plus sombres de notre existence, dans la plénitude de son Amour comme nous le rappelle notre texte d'aujourd'hui.

Alors, que le Seigneur ouvre nos cœurs et notre esprit à cette Réalité de l'évangile toujours actuelle et pleine de promesse pour qui sait l'entendre et la saisir par la Foi.

Et, comme le dit le texte de notre lecture de l'Apocalypse "Voici, je fais toutes choses nouvelles".


AMEN !


Jean-Pierre MOREL