Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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Dimanche 3 MARS 2013

 Culte à GAP (05000)

 

Lectures du Jour :

Exode 3, 1-15

1 Corinthiens 10, versets 1 à 12

Luc 13, versets 1 à 9



« Je suis celui qui EST »

 

Frères et sœurs,

 

Les questions posées à Jésus par ses contemporains ne sont-elles pas aussi les nôtres aujourd'hui? En effet, pourquoi toutes ces catastrophes où Dieu semble absent dans le quotidien des hommes et si Dieu existe, ne peut-il les empêcher?

Questions inquiétantes et angoissantes posées à Jésus et que nous entendons aussi souvent autour de nous, quand ce n'est pas jusqu'à dire, par certains, que tous ces malheurs viennent de Dieu!

 

Je ne sais pas s'il existe des réponses bien convaincantes et bien exactes à toutes ces questions qui font souvent partie de notre quotidien. Car il y a par ailleurs surtout des situations humaines qui sont de l'ordre du mystère à appréhender avec doigté. Des problèmes à analyser avec prudence et modestie face à tant de drames ici mentionnés par Jésus et comme bien d'autres, depuis, en notre vaste monde.

Pour approcher ces mystères posés à l'homme aux prises avec ces questions existentielles nous sommes invités aujourd'hui avec ce texte de l'Exode lu tout à l'heure, à faire le détour ou le raccourci par le Mont Horeb. Nous y retrouvons Moïse au cœur d'une expérience spirituelle qui figure parmi les plus fortes relatées dans la Parole de Dieu qui va le transformer intérieurement au point d'en faire demain un héros, un héros au service de Dieu.

 

Nous le retrouvons là au moment où il garde les troupeaux de son beau-père Jethro, scène combien quotidienne pour l'époque de la vie familiale. Qui nous raconte que c'est peut-être aussi au cœur de notre quotidien que Dieu nous parle et nous rejoint. Mais trop souvent abasourdis par les bruits de notre vie quotidienne et empêtrés dans nos soucis et nos inquiétudes pour nos lendemains, nous sommes empêchés de l'entendre, de l'écouter avec attention.

Ici avec ce récit, Moïse est attiré d'abord par un buisson qui brule sans se consumer et cela bien sûr l'a plus qu'étonné et même inquiété!

Pour nous par qui et par quoi nos regards sont-ils attirés? Alors je crois que ce Buisson Ardent est tout à la fois au-dedans et au dehors de la vie de Moïse comme l'est aussi souvent la présence de Dieu dans notre quotidien: brulure du cœur qui nous brule sans nous détruire et nous envahit sans nous consumer. Pour Moïse cette voix de Dieu va bien au-delà dans l'instant de ses préoccupations quotidiennes. Cette voix se fait appel pressant "Moïse, Moïse" et sa réponse qui se fait disponible alors à l'inattendu: "Me voici".

Aurions-nous eu en l'occurrence la même réponse? "Grave question s'il en est"!

Mais avant de parler Dieu dit à Moïse, "n'approche pas d'ici avant d'avoir retiré tes sandales car ce lieu est une terre sainte". Ainsi par ce geste, il lui demande d'abord d'enlever au figuré tous les obstacles qui l'empêchent d'entendre et de le rejoindre en son humanité profonde attachée à ses pas.  Car si Dieu lui demande d'enlever ses sandales, ce n'est pas seulement en référence envers Celui qui lui parle mais c'est pour que ses pieds nus touchent la Terre où il est appelé à vivre demain et à y consacrer la Mission qui le dépasse en l'instant et lui échappe encore.

Alors là, la rencontre avec Dieu n'est possible que s'il  accepte de le rejoindre dans son terrain de prédilection, cette Terre devenue Sainte en l'instant par la présence de Dieu. Comme elle l'a été pour Moïse, sachons la reconnaitre en notre quotidien si nous savons l'accueillir avec assez d'humilité et de disponibilité.

Mais Dieu, par contre, ne veut jamais s'imposer. Il se propose alors comme Celui qui peut entrer dans notre propre histoire et qui nous dit à nous aussi, "Je suis le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob" auxquels nous pouvons ajouter maintenant le nom de son fils Jésus-Christ apparu au début de notre Ere.

 

Avec notre texte vient alors la "grande Révélation de Dieu" qui a traversé les siècles et qui a rejoint en son temps le cœur de son Peuple de toujours et qu'il s'est choisi depuis son Annonce à Abraham "J'ai vu dit-il, oui J'ai vu la misère de mon Peuple, J'ai entendu ses cris".

Alors ici, c'est par ces paroles que nous pouvons rejoindre l'évangile de ce dimanche: Dieu a-t-il entendu les cris de ceux qui se font massacrer par Pilate ou tuer par la chute de la Tour de Siloé comme ceux atteints aujourd'hui par tant de drames entendus et aperçus sur nos écrans de télévision où se pose l'éternelle question angoissante: "où donc est Dieu?"

En fait la puissance de Dieu, n'est pas dans sa capacité à supprimer ces drames qui pour beaucoup relèvent de la responsabilité de l'homme. Il est bon de le souligner à nouveau si on l'avait quelque peu oublié! Sa puissance est celle de Son Amour et de Sa Miséricorde que j'attends si j'en suis convaincu et que je reçois par la foi. Ainsi, d'une certaine façon, il veut nous dire que le mal et la mort sont certes une réalité dans nos existences mais pas une finalité car notre destin appartient en toute liberté à Dieu si nous savons l'admettre et le reconnaitre.

Comme pour Christ, sa Mort, sa Passion, sembleraient avoir eu raison de sa vie. Mais alors, il faut sa Résurrection pour donner à sa vie toute sa dimension, sa densité et sa force de conviction. Cela nous invite alors à penser, à réfléchir, à croire qu'au-delà de la mort, il y a une vie toute autre que l'Evangile appelle "La Vie Eternelle" avec Dieu.

 

Mais pour nous y convaincre, il faut toute la pertinence que nous révèle et nous raconte la Parabole du figuier dans l'évangile de ce jour. Non pas la résignation ou la démission devant l'inéluctable, mais cette capacité d'inscrire notre vie propre dans une attente, une patience qui iront jusqu'à la Repentance et à la Conversion. Qui n'est jamais de l'ordre de l'automatisme mais d'une attitude profondément consentante et volontaire de celui et celle qui attend tout de Dieu, du Dieu de Jésus-Christ.

Sur ce chemin des lectures de Carême et de la Passion que nous vivons en ce moment en Eglise, nous voici de nouveau disponibles pour accueillir cette Révélation. Elle redit à Moïse et à nous-mêmes à travers les siècles: "Je suis qui Je suis". Cette Parole, certes mystérieuse mais profonde et vraie, met l'homme au centre de la Création comme il l'était au premier jour de la Genèse où Dieu est au centre de toute existence humaine vécue avec l'intensité d'un amour fou qui porte désormais le nom de Son fils Jésus-Christ "Mort pour nos offenses et ressuscité pour notre justification". Cette Parole devient pour tout chrétien ici-bas et malgré tout, toute sa raison de vivre et d'espérer pour un monde meilleur à devenir.

Ainsi déjà le cheminement intérieur de chacun et de chacune en ce temps de Carême, vécu en nos Communautés respectives, nous donne le goût et l'envie de faire ou de refaire ce chemin de renouvellement spirituel de nos engagements antérieurs envers nos Communautés. Elles  ont tant besoin de chrétiens engagés et solidaires pour que vive et se développe notre Eglise "Corps de Christ" sur la Terre en l'attente de Son Royaume qui vient et qu'Il nous a promis.

 

Alors, pour cela, n'oublions pas d'enlever à notre tour nos sandales pour que nos pieds soient plantés dans le Présent de Dieu pour donner une réalité à nos existences terrestres. Pour donner une histoire à notre parcours ici-bas, toute sa plénitude et un sens au contact de la brûlure du "Buisson ardent". C'est là que Dieu nous y attend, nous y rejoint, pour une Rencontre par la foi avec le Christ Ressuscité. Que nous allons à nouveau commémorer et fêter en Eglise dans quelques jours à l'Occasion de Pâques véritable Lumière et Espérance pour un monde qui a tant besoin aujourd'hui.

 

AMEN !

 

Jean-Pierre Morel