Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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DIMANCHE 09 mars 2014

Assemblée Générale à GAP (05000)

Lectures du Jour

Genèse 3, 4-5

Romains 5, 8-12 & 15-21

Matthieu 4,11-17




Carême : un second Avent ?


Frères et Sœurs,

Il ne vous aura pas échappé qu’aujourd’hui est un dimanche particulier : Jour de notre A.G., certes, mais aussi 1° Dimanche de Carême. Il se peut que cela ne soit pas un hasard.

Mais j’en entends certains, plus calvinistes que Calvin, qui se méfiait des « superstitions du calendrier », penser très fort « Mais que nous parle-t-il de carême, nous n’avons rien à faire avec ces rites, ces pratiques, ces jeûnes, qui instillent l’idée que nous participerions plus ou moins à notre salut, alors que nous sommes au seul bénéfice d’une grâce surabondante et d’un don totalement gratuit à recevoir, etc… »

Et ils ont raison, si le carême consiste en une série de petites privations, de petits sacrifices, de petites flagellations plus ou moins ostensibles, en vue de mériter, de se montrer dignes du sacrifice du Christ, alors oui, nous n’avons rien à faire avec ce carême-là, dont Christ a dit, comme en prémonition, ce qu’il en pensait : « Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, pour montrer aux hommes qu'ils jeûnent. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais ton Père qui est là et qui voit dans le secret, te le rendra. » (Matt.6, 16-18)

Alors, si Marc Boegner initia en 1928 au micro du Poste Parisien, les conférences du Carême Protestant, c’est qu’il avait compris qu’en nous focalisant sur les pratiques de la maison d’en face, et en rejetant tout en bloc, nous risquions de passer à côté de quelque chose d’important.

Car le carême peut aussi être reçu comme un second Avent :

* L’avent, ces 4 dimanches où nous nous préparons à accueillir cet évènement qui va advenir, l’avent, où nous allumons une à une ces bougies, signes de la Lumière qui va éclairer le monde, sans y voir là aucune déviance idolâtre, l’avent qui se terminera par ces chants partagés avec les bergers : « Un enfant nous est né, le Fils nous est donné ».

Mais quel sens aurait pour l’Humanité la naissance du Christ sans la conclusion programmée de son itinéraire terrestre, en ce dimanche de Pâques : Après la mort infâme sur la croix, abandonné de tous (sauf un), le retour, par sa résurrection, vers la divinité du Père, nous ouvrant ainsi le chemin de la réconciliation avec le Dieu créateur, nous ouvrant ainsi la porte de l’Eternité, dans la présence bienveillante du Dieu sauveur.

Alors cet évènement-là, fondamental pour la suite de chacune de nos vies, ne mérite-t-il pas de s’y préparer par un second avent, par une ascèse, une retraite intérieure de 40 jours où nous serons un peu plus proches de Notre Seigneur, où nous parlerons avec Lui un peu plus souvent, où, en retrait du brouhaha du monde, nous pourrons mieux entendre ce qu’il veut nous dire, pour enfin, le jour de Pâques pouvoir crier avec la multitude : Christ est ressuscité !

Et j’en viens à notre AG, car le thème du carême protestant 2014 est « quel esprit nous anime ?», avec un ?, se déclinant en 6 conférences (voir détail ci-dessous) :

9 mars : Un Esprit d’audace :

16 mars : Un Esprit d’équipe 

23 mars: Un Esprit d’écoute :

30 mars: Un Esprit de tendresse :

6 avril: Un Esprit de joie et de simplicité :

13 avril (les Rameaux) : Un Esprit d’espérance et de persévérance :

Le thème du carême 2014, ressemble à s’y méprendre au filigrane, c’est à dire à l’arrière-plan invisible, mais bien présent, de toute l’année qui s’ouvre devant nous.

C’est en conservant un esprit d’espérance et de persévérance que nous pouvons poursuivre la mission que Christ nous a confiée, indépendamment de ses résultats apparents, car nous ne sommes pas dans une théologie du résultat. Christ nous dit simplement aujourd’hui « fais seulement ce que tu as à faire, l’échec ou la réussite ne te concernent pas, je m’en occupe ».

Effectivement, si aujourd’hui nous ne sommes ni opprimés ni persécutés, nous sommes néanmoins dans la difficulté :

Après 1 siècle de séparation des Eglises et de l’Etat, où la laïcité sert souvent de faux nez à l’anticléricalisme, l’affirmation des valeurs portées par l’Evangile relève de l’incongruité et vous range illico dans le camp des ringards réactionnaires, voire pire.

Et je ne vous parle pas de la recherche du Bien Commun, remplacée par la revendication inextinguible de droits catégoriels.

Autre difficulté, nous subissons un quiproquo croissant avec nos concitoyens, qui s’adressent à nous, lorsqu’ils se rappellent que nous existons, en demandeurs de rites, comme à des prestataires, aux 2 extrémités de la vie, séparées par un vide spirituel sidéral, un beau baptême, un bel enterrement, de beaux discours, alors que notre mission est de leur proposer une rencontre, une rencontre personnelle avec Jésus Christ, le seul pouvant, jour après jour, combler le vide existentiel qui ronge leur vie.

Alors que faire, parler coûte que coûte, se taire ? Où placer le curseur entre un suivisme qui ne dit pas son nom et la radicalité du discours du Christ ? Voilà ce qui interpelle notre Église aujourd’hui.

Mais nous avons une autre difficulté, interne cette fois, et j’en terminerai par-là :

Comment vivons-nous, en Eglise, ce sacerdoce universel que nous brandissons à tout bout de champ, comme un label d’authenticité réformée ?

Ce sacerdoce universel qui se manifeste par la diversité des dons que nous avons reçus et s’exprime à travers les ministères dont Paul dans sa lettre aux Corinthiens, fait une liste heureusement non exhaustive, et qui ont tous même valeur devant Dieu.

L’organisation de notre Eglise n’est pas une démocratie représentative où pendant 4 ans l’exercice de ces dons serait délégué en exclusivité aux membres du C.P.

L’accomplissement de la mission de l’Eglise, telle qu’elle nous est assignée par Christ en Matthieu 28, est l’affaire de tous, dans toute la diversité de nos dons.

C’est pourquoi ce matin, Christ nous interpelle, en ce 1° dimanche de Carême, nous poussant à nous questionner sur le sens profond de cette phrase lue ce matin et tant de fois répétée « Christ est mort pour nous ». Que signifie cette phrase dans notre vie, jour après jour ?

Alors, en ce dimanche d’AG, faisons un instant silence, pour entendre Christ nous encourager avec cette parole du livre des Juges « Va avec la force que tu as. », (Jg 6/14), c’est-à-dire, « Va en confiance, avec la force que je te donne. ».


Amen !


François PUJOL


9 mars : Un Esprit d’audace : Ce n’est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné,  mais un esprit de force, d'amour et de sagesse. N'aie donc point honte du témoignage à rendre à notre Seigneur (2 Tim. 1/7-8)


16 mars : Un Esprit d’équipe : Accueillez-vous donc les uns les autres comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu. (Rom.15/6)


23 mars: Un Esprit d’écoute : Le premier service que l’on doit au prochain c’est de l’écouter. (D. Bonhoeffer)


30 mars: Un Esprit de tendresse : Aimez-vous réciproquement d’une affection tendre et fraternelle (Rom.12/10).


6 avril: Un Esprit de joie et de simplicité : Qu’il grandisse et que je diminue. Telle est ma joie, elle est parfaite (Jean 3/29-30).


13 avril (Les rameaux): Un Esprit d’espérance et de persévérance : Redressez-vous et relevez la tête, car votre délivrance est proche (Luc 21/28)