Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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ÉVANGILE DE MATTHIEU


INTRODUCTION A L'ÉVANGILE SELON MATTHIEU

D'après les spécialistes du Nouveau Testament, l’Évangile de Matthieu est né après la destruction du temple de Jérusalem en 70 (cf. 22, 7). Il a vu le jour dans un milieu judéo-chrétien aux confins de la Palestine, peut-être en Syrie ? En effet l'évangéliste est très au fait de la vie et des coutumes juives et présente Jésus comme l'unique maître face aux scribes et aux pharisiens (cf. 23,8).

De même que Luc, il suit l'ordre chronologique de Marc qu'il reprend souvent textuellement. C'est la raison pour laquelle les trois premiers évangiles sont nommés « synoptiques » (qui se voient ensemble).

Matthieu n'est pas une réédition de Marc, mais écrit pour une communauté différente. Son évangile utilise d'autres sources, notamment une collection de paroles de Jésus (dite Logia). C'est leur utilisation qui permet de scander son évangile par les grands discours de Jésus : 5-7 : Sermon sur la montagne, 10 : Discours aux apôtres, 13: Paraboles du Royaume des cieux, 18: Discours sur l'humilité et le pardon, 23-25: Discours sur la fin des temps.

Jésus enseigne par la parole et par la pratique la justice parfaite. Ses disciples sont engagés à Le suivre sur cette voie, afin que la miséricorde de Dieu envahisse la terre. L'important c'est l'action d'amour et non le dire hypocrite des ennemis de Jésus.

Texte de J.-L. Klein dans Parole Pour Tous

L'ÉVANGILE SELON MATTHIEU

Le premier évangile s'adresse à des juifs qui ont reconnu en Jésus le messie promis par les prophètes et qui, de ce fait, ont été exclus des synagogues après la destruction du Temple en 70 de notre ère. Pour l'évangéliste, lui-même juif, la colonne vertébrale de la foi n'est plus la Tora mais la reconnaissance du Christ comme Messie qui a autorité sur elle. Ce n'est donc plus par appartenance au peuple d'Israël que l'on peut espérer entrer et se maintenir dans l'Alliance, c'est par la foi en Jésus mort et ressuscité qu'hommes et femmes de toutes les nations - juifs compris - peuvent désormais marcher dans la justice qui plaît à Dieu. Par son récit, l'évangéliste met en scène, à travers l'histoire de Jésus et de ses disciples, ce changement radical de perspective.

Dans une première partie, Jésus est présenté comme Messie d'Israël. C'est ensuite la mission de Jésus et de ses disciples auprès du peuple qui est décrite. La question du Baptiste et l'opinion de Jésus sur ce dernier soulignent l'enjeu des chapitres qui suivent : foi ou incrédulité. La confession de Pierre à Césarée ouvre une section consacrée à l'édification de la communauté nouvelle des croyants. L'arrivée de Jésus à Jérusalem introduit la confrontation finale entre Jésus et les chefs du peuple d'Israël. Le récit de la Passion constitue l'aboutissement de ce conflit. L'évangile se conclut par une ouverture universaliste que l'ensemble de la narration avait préparée.

Texte d’Élian Cuvillier dans Paroles Pour Tous du 3 Janvier 2008


L'ÉVANGILE SELON MATTHIEU

La destruction du temple de Jérusalem en l'an 70 a redistribué les cartes de la religion. Le judaïsme est contraint de redéfinir son orthodoxie sur des bases pharisiennes. Et le christianisme naissant, parfois perçu comme une hérésie juive, sort progressivement de la synagogue. C'est alors que Matthieu écrit sa Bonne Nouvelle.

Il y présente un Jésus-Christ en grande discussion avec les Pharisiens sur des questions de bonnes fréquentations, de respect du sabbat, de pureté, de répudiation*. Il montre que si l'enseignement du Christ s'appuie sur le socle de la tradition, c'est aussi pour s'en distinguer : "Vous avez appris... mais moi je vous dis..."**. Le sermon sur la montagne***, cœur de l'Évangile, est donc placé sous le signe d'une nouveauté.

Ce message original, Matthieu le dépose dans un écrin de communion avec Dieu, le Père : il débute son Évangile par la naissance du Fils de Dieu dont il rappelle le nom donné jadis par le prophète Esaïe : Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous****.

Et il s'arrête d'écrire sur une parole d'envoi du Christ qui affirme qu'il sera toujours avec nous. Le joyau de la Bonne Nouvelle brille donc dans le registre du comment Dieu est devenu présent parmi nous pour accompagner notre humanité.

Texte de Claude Mourlam dans Paroles Pour Tous du 23 Octobre 2007

* Chapitres 9, 12, 15 et 19

** Chapitre 5, v.21 et suivants

*** Chapitres 5 à 7

**** Chapitre 1, v.23


LA SEMAINE DE PÂQUES

L'Ancien Testament nous conte comment Dieu a créé le monde en sept jours, malgré les ténèbres, les menaces et le chaos. Le Nouveau Testament nous raconte comment Jésus a recréé le monde en sept jours, malgré les trahisons, les tentations et l'abandon. Une semaine, c'est long. C'est l'achèvement de tout le travail entrepris, avant que vienne le Sabbat, qui sera désormais le dimanche, le jour du Seigneur, puisque nous vivons tous sous le signe de la recréation du monde en Jésus-Christ.

Dans l’Évangile de Matthieu le récit de la semaine commence au chapitre 20, verset 17 et s'achève au chapitre 28, à partir du verset 1. C'est un long récit dont un petit volume profane, qui vient de paraître, confirme l'exactitude historique avec l'entremêlement des autorités Juives, des autorités romaines et de la foule. Il s'agit du livre de Jean Imbert : Le Procès de Jésus. Collection « Que Sais-je ? », numéro 1896 — PUF — Paris, 1980. On y apprend pourquoi et comment historiquement Jésus est mort, accusé, condamné et crucifié, comme l'étaient les séditieux appartenant à la plus basse classe sociale. Les Évangiles font précéder ce récit très sobre, et très peu émotif, d'une série de paraboles où nous comprenons peu à peu qu'il a échoué dans son travail (la parabole des vignerons au chapitre 21, la parabole des invités au chapitre 22, les paraboles des dix vierges, des talents et du jugement dernier au chapitre 25), mais que, chaque fois Dieu n'accepte pas que cet échec soit ultime et se débrouille pour recommencer autrement. C'est pourquoi le récit de la Passion est terrible, inexorable, mais ce n'est pas un récit tragique car Dieu relève sa parole contre le destin, tout comme il relèvera son fils d'entre les morts.


Cette semaine est longue. Elle met à jour nos péchés de nature diverse : la jalousie du Sanhédrin et la versatilité de la foule, la méchanceté de Judas et la médiocrité des disciples, la flamme superficielle de Pierre et le scepticisme profond de Pilate. Tous ces péchés sont nôtres, dans des occasions diverses. Cette semaine met aussi à jour la passion patiente de Jésus et la compassion puissante de Dieu. C'est une semaine de véracité et aussi de délivrance.

Il faut suivre lentement cette semaine, sans se hâter vers son dénouement, sans non plus demeurer dans ses ténèbres. Car la mort et la résurrection de Jésus sont le miroir, promené au long de l'histoire du monde, pour nous montrer à tous jusqu'où va le pouvoir qu'a l'homme de bafouer Dieu et le pouvoir qu'a Dieu de sauver tout homme.

C'est la semaine où les ténèbres ont enseveli la lumière et où l'aube d'un nouveau jour a percé les ténèbres du monde. C'est la semaine où tout s'est accompli.

Texte d’André Dumas dans « Paroles Pour Tous ».