Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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L’ÉVANGILE DE MARC


Du baptême au Jourdain au baptême symbolique qu'est la croix, l'évangile de Marc suit le chemin de Jésus : un parcours en Galilée, avec trois traversées de la mer, qui sont passage vers les païens mais aussi affrontement des forces du chaos et ainsi traversées fondatrices ; une montée vers Jérusalem, scandée par trois annonces de la Passion et de la Résurrection, brèche ouverte par ce serviteur souffrant vers la vie; enfin le récit de la mort, comme une liturgie pascale, une confession de foi qui retourne le sens de l'histoire.

Le refus des hommes devient le lieu même où Dieu se donne. Tandis que Jésus crie à Dieu son abandon, selon le psaume 22, Dieu quitte son saint Temple dont le rideau s'est déchiré pour se laisser reconnaître par un païen, le garde romain du crucifié : "Vraiment, cet homme était Fils de Dieu".

Jésus n'a cessé de mettre en route et de dérouter ; restaurant les corps, la vie, par ses guérisons et des repas partagés sans frontière, il veut libérer, il relance la question, toujours bouleversante, de son identité.

Texte de Corina Combet, Parole Pour Tous, (28 Juillet 2012)


L'évangile de Marc entre tout de suite dans le vif du sujet : il n'a pas, comme Matthieu et Luc, un récit de l'enfance de Jésus. On commence tout de suite avec le ministère de Jean-Baptiste et avec le baptême de Jésus. Très vite (chapitre 1, verset 14), Jésus est dans le vif de son action : il annonce la proximité du Royaume et appelle les premiers disciples. Jésus est d'abord un enseignant mais très vite il rencontre des malades qu'il doit guérir. Dans les trois premiers chapitres, les choses vont vite et l'entourage de Jésus a du mal à s'y retrouver, que ce soit la foule ou les disciples. En revanche, les démons, eux, ne s'y trompent pas : ils sont les premiers à confesser que Jésus est le Fils de Dieu et savent très bien à qui ils ont affaire.

Puis du chapitre 3, verset 7 au chapitre 10, verset 31, on a l'impression d'une succession de courts récits sans lien les uns avec les autres. Cet apparent désordre cache des mouvements précis :

  • le chapitre 4 regroupe un certain nombre de paraboles, mais c'est surtout des récits de guérison que Marc raconte, récits qui montrent une progression vers la guérison spirituelle du croyant.
  • la triple répétition de l'annonce de la passion et de la résurrection du Fils de l'homme (chapitre 8, verset 31 - chapitre 9, verset 30 - chapitre 10, verset 32).
  • les déplacements de Jésus, quittant le territoire d'Israël entre les deux récits de multiplication des pains (chapitre 6, versets 30 à 44 et chapitre 8, versets 1 à 101), pour se rendre en Phénicie après une longue discussion avec les pharisiens dont il paraît vouloir se détourner.
  • Mais sa rencontre avec la femme païenne va le faire retourner vers Israël, comme si cette païenne lui avait fait comprendre qu'il ne pourrait accomplir sa mission envers toute l'humanité qu'en étant d'abord le messie d'Israël. Ce retour va mener à la confession de Pierre, puis à la Transfiguration où Jésus manifeste sa divinité.

A partir du chapitre 10, verset 32, commence le récit de la passion, récit très large puisqu'il englobe ce qui se passe dans les jours qui précèdent l'arrestation puis la condamnation du Christ. Le discours de Jésus en paraboles y prend un caractère plus dramatique.

Le chapitre 13 évoque, dans le langage apocalyptique, la fin de Jérusalem ; mais toujours Jésus s'y affirme le Seigneur.

Le récit de Marc se termine brusquement (chapitre 16, verset 8) après la résurrection mais avant les apparitions. Ce qui suit est une conclusion postérieure.

Texte d’Alain G. Martin dans Parole Pour Tous.


Chez Marc, pas de récit de l'enfance de Jésus et pas de récit d'apparition du ressuscité dans le texte court de l'évangile qui se termine en 16.8 (les v.9-20 sont une adjonction secondaire).

La première partie (jusqu'en 8.26) présente le ministère de Jésus en Galilée --: Jésus annonce le Règne de .Dieu (1.14-15) ; il a autorité et sa renommée va grandissant auprès des foules de Galilée et des régions avoisinantes (3.7-8) qui le reconnaissent comme thaumaturge !et• exorciste efficace (3.9-12). Certes, aucun geste n'échappe à l'ambiguïté.et l'écart se creuse entre ce que Jésus signifie et les multiples demandes qu'on lui adresse.

La seconde partie (8.27 - 10.52) est articulée autour des trois annonces de la Passion (8.31 ; 9.31, 10.32-34) qui balisent le» chemin de. Jésus vers Jérusalem.

Dans la troisième partie (11.1-16.8) le récit culmine dans la confession du centurion romain au pied de la croix : "Voyant qu'il avait expiré ainsi, le centurion dit : Cet homme était véritablement fils de Dieu". La croix apparaît comme le point culminant de la réflexion de Marc sur la personne et la destinée de-celui, qu'il appelle le "fils de Dieu" (cf. Mc 1.1). Pour Marc, Dieu se révèle dans la mort de Jésus.


Élian Cuvillier, Église protestante unie de France, Institut protestant de Théologie

Dans Parole pour Tous, le 02 Janvier 2016