Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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Le Livre de JOB


INTRODUCTION AU LIVRE DE JOB

Le livre de Job est le premier roman métaphysique de la littérature universelle. Ses rythmes nous transportent aux sources d'une connaissance nouvelle de l'homme et de son mystère (Chouraqui).

L'interprétation de René Girard envisage la dissidence de Job comme la protestation d'une victime au milieu de ses persécuteurs... L'intolérable c'est ce que les humains ajoutent au mal dont il peut être atteint. Les plaintes de Job nous décentrent du problème du mal en général. Elles nous orientent vers l'unanimité violente dont est victime la victime : le malheureux est quelque part coupable de son malheur... C'est le processus du bouc émissaire ; Job et l'Evangile nous invitent à en sortir et à « penser » du point de vue de la victime. (D'après Marc Faessler, C.P.E. Genève, novembre 1983).

Texte de Francis Grob dans « Parole Pour Tous »

LE LIVRE DE JOB

Job est un livre dont la composition est complexe.. Conte folklorique, sagesse populaire, théologie de la justice divine différente de la justice des hommes, histoire d'un homme, tout cela est adroitement construit par un poète judéen, un juif qui se démarque par rapport à la tradition juive classique du peuple élu, 587 ayant marqué l'histoire juive.

Ce livre contient cinq parties distinctes (selon l'introduction de la TOB) :

  • Un prologue en prose, où le héros, Job, homme pieux et riche, est soudain frappé de calamités inexplicables et cependant garde toute sa confiance dans le Seigneur 1/1-2/13) ;
  • Un dialogue en vers, qui met aux prises Job, homme fier et révolté, et trois de ses amis — Elifaz de Temân, Bildad de Shouah, et Cofar de Naama — sages typiques de l'Orient antique. Ce dialogue est entouré de deux monologues du héros (3/1 - 31/40) ;
  • Une série de discours en vers qui représentent l'intervention imprévue d'un quatrième ami Elihou, fils de Barakéel, le Bouzite (32/1 - 37/24);
  • Un dialogue en vers entre le Seigneur et Job (38/1 - 42/6) ;
  • Un épilogue en prose, où le héros retrouve sa santé, sa richesse, et sa réputation ainsi que de nouveaux enfants. Comme les patriarches, il meurt rassasié de jours (42/7 - 17).

En cheminant avec Job, on approfondit ce qu'est notre existence et en particulier cette difficulté, en tant qu'être humain à nous situer devant Dieu. Est-ce pour rien que nous craignons Dieu ?

Texte d’Evelyne Jouve dans « Parole Pour Tous ».


LE LIVRE DE JOB

Le livre de Job a été composé en plusieurs étapes :

  • D'abord, une ancienne « histoire édifiante » (ch. 1 et 2; 42, 10-17) ; elle raconte l'histoire de Job, homme à la piété exemplaire qui continue à bénir Dieu malgré tout ce qui lui arrive.
  • Puis, après le retour d'exil, le narrateur a ajouté ce qui constitue le « corps » du livre. Il y a des monologues pathétiques de Job, où il crie sa douleur (ch.3; ch. 29-31). Il y a des dialogues avec ses amis (ch. 4 à 27) où il proteste de son innocence, alors que ses amis essayent de lui expliquer ce qui lui arrive (« si tu souffres, c'est que tu as péché, il faut donc te repentir et tout ira mieux »). Et il y a la fameuse théophanie (ch. 38-42), où Dieu intervient pour faire taire Job (cf. 42, 3) et donner tort aux amis, qui croyaient pourtant parler en son nom.
  • Deux séries de textes semblent encore plus récentes : le poème d'Elihu (ch. 32 à 37) et le beau discours sur la sagesse.

Le thème du livre de Job est très riche ; le problème principal est celui du mal et de la souffrance de l'innocent. Le livre de Job ne donne aucune réponse. Il lutte même contre la réponse toute faite des amis, contre la théologie de la rétribution, où la souffrance est expliquée comme conséquence du péché. Il invite plutôt à vivre une relation avec Dieu « pour rien » (1.6), relation de deux libertés qui se font face. Il ne reste que le silence devant le mystère (cf. 42, 2 à 6) comme conclusion du livre. Il faut attendre le Nouveau Testament et la croix pour découvrir un Dieu qui se solidarise totalement avec l'innocent persécuté et la souffrance de l'homme.

Texte de Michel Cornuz dans « Parole Pour Tous ».

LE LIVRE DE JOB

"Pourquoi se fait-il que le juste doive souffrir ?" Voilà LA question posée par tous ces étrangers au peuple juif dans ce texte de sagesse de la tradition juive ! La rédaction pourrait dater du temps de l'exil à Babylone (587-538 av. JC).

Cinq parties structurent l'ensemble :

  • Un prologue en prose (1-2) qui expose la ruine soudaine de toute la maison du riche étranger, nommé Job. Est-ce une situation comparable à celle de l'exil ?
  • La partie centrale (3-31), faite de dialogues en vers entre Job en pleine épreuve et trois amis fidèles ;
  • Le discours en vers (32-37) d'un nouvel ami, Elihou, qui vient compléter les précédents arguments (passage, de style et de vocabulaire différents, qui pourrait être ultérieur) ;
  • Un dialogue en vers (38-42) entre Job et Dieu qui va lui mettre les points sur les "i" mais aussi lui accorder un face-à-face avec Dieu ;
  • Une conclusion en forme d'épilogue (42) où Job retrouve richesse et sérénité pour... la plus grande sérénité du lecteur.

La grandeur de ce texte de sagesse est de refuser de lire le mal comme punition de Dieu, tout autant que le bonheur comme sa récompense. Il ose ne pas apporter de réponse à la question et garder pourtant une attitude de confiance, envers et malgré tout.

Texte de Jacky Argaud dans « Parole Pour Tous », le 15 Octobre 2007


LE LIVRE DE JOB

Unique spécimen de ce genre de littérature, la tradition juive le classe comme texte de sagesse. Certains passages de l'hébreu sont difficiles à traduire ; la traduction en grec n'apporte guère d'éclaircissement. La rédaction pourrait dater du temps de l'exil à Babylone (587-538 av. JC).

Cinq parties structurent le texte :

  • un prologue en prose (chapitres 1 et 2) expose la ruine soudaine de toute la maison d'un homme riche et pieux, nommé Job (situation comparable à celle de l'exil ?) ;
  • des dialogues en vers (chapitres 3 à 31) entre ce même Job en pleine épreuve et trois amis qui lui veulent du bien ;
  • un discours en vers (chapitres 32 à 37), intervention d'un nouvel ami venu compléter les précédents arguments (de style et de vocabulaires différents ce pourrait être un ajout ultérieur) ;
  • un dialogue en vers (chapitres 38 à 42) entre Job et Dieu qui va lui mettre les points sur les i
  • une conclusion en forme d'épilogue (chapitre 42) où Job retrouve richesse et sérénité pour la plus grande sérénité du lecteur.

Le problème de Job demeure bien de se situer par rapport à Dieu lorsque, terrassé par l'épreuve, il ne comprend plus. La situation du peuple exilé ressemble assez à cela : non, Dieu ne mise pas sur une rétribution... L'important ne serait donc pas dans une (impossible) réponse, mais dans une attitude de confiance, envers et malgré tout.

Texte de Jacky Argaud dans « Parole Pour Tous », le 11 Octobre 1999


EST-CE POUR RIEN QUE JOB CRAINT DIEU ?

Job est un homme protégé dans un enclos de bénédictions. Comment, alors, ne pas rendre grâce au Seigneur en toute simplicité ? Or, s'il suffisait d'une vie de famille épanouie et de bonnes conditions de vie pour louer Dieu, les murs de nos temples vibreraient sous les décibels des chants, des prières et des louanges que tous les heureux feraient monter vers Dieu au jour le jour.

Mais voilà... l'excès de bonheur ne rapproche pas forcément de Dieu, pas plus que l'excès de malheur n'entraîne à coup sûr l'éloignement. On dit bien que la souffrance sépare de Dieu, n'est-ce pas d'ailleurs ce qu'insinue l'Adversaire ?

Est-ce pour rien que Job craint Dieu ?

Ne l'as-tu pas protégé d'un enclos, lui, sa maison et tout ce qu'il possède ? Lorsque l'enclos de protection s'effondre, Job entre dans un parcours douloureux.

Pourtant, bien qu'enfermé dans sa souffrance, incompris, révolté, désespéré, Job s'adressera toujours à son Dieu en quête d'un nouveau chemin.


Texte d’Annie Chapon dans « Parole Pour Tous », le 24 Octobre 2003