Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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ÉPÎTRE DE JACQUES


L'ÉPÎTRE DE JACQUES


L'épître de Jacques se présente comme une encyclique adressée par le frère du Seigneur à l'ensemble des églises. L'expression des douze tribus juives dispersées dans l'Empire est employée pour désigner les chrétiens disséminés.

L'auteur, un homme d'origine modeste, mais d'une vaste culture, écrit d'une métropole de langue grecque, Antioche ou Alexandrie. Il observe le vide existentiel qu'accompagne la richesse des spéculateurs et des possédants, mais aussi la fascination qu'ils exercent jusque dans les communautés chrétiennes.

Dans le style des moralistes juifs, grecs et romains, il enjoint aux membres de celles-ci, de petits entrepreneurs en situation toujours précaire et des enseignants mal payés, de rester fidèles à l'appel qui leur a été adressé : ne pas sacrifier leur vie spirituelle aux mirages de la spéculation et de l'ascension sociale, mais développer entre eux une solidarité réelle. La foi vit en effet de ses engagements (Chapitre 2, v.14 à 26) et l'accompagnement des malades en est la pierre de touche.

Texte de François Vouga, Parole Pour Tous, 12 Octobre 2010


L'ÉPÎTRE DE JACQUES

Souvent considérée - depuis Luther - comme une épître contraire à l'enseignement de l'apôtre Paul, l'épître de Jacques en est certainement l'utile complément.

Écrite à la fin du premier siècle par un anonyme qui se place sous l'autorité de Jacques, frère du Seigneur, l'épître lutte contre une évolution sensible dans certaines églises : sur la base d'une lecture abusive du "salut par la foi", on glisse vers un christianisme "spirituel" qui, dans le concret des jours se conforme de plus en plus à la société dans laquelle il se trouve et dont il respecte les valeurs : sagesse, richesse, pouvoir...

Jacques ne revient pas à un "salut par les œuvres." Il dénonce la dérive qui, pour échapper à d'inévitables épreuves, neutralise la foi en Jésus-Christ et lui ôte tout impact sur les réalités vécues. Car la vocation du chrétien est d'être en dissidence dans le monde.

La nécessaire traduction pratique de la parole de Dieu est mise en œuvre de la justice et de l'amour de Dieu. Et résistance aux séductions et pouvoirs de ce monde. Jacques rappelle avec des exemples parfois pris sur le vif comment ceux-ci peuvent s'insinuer dans la vie des communautés chrétiennes.

Texte de Jean Hadey, Parole Pour Tous, 8 Novembre 2007


L’ÉPÎTRE DE JACQUES

C'est une lettre circulaire destinée à tous les croyants désignés comme les douze tribus vivant dans la dispersion. Elle est faite d'une série de thèmes et d'exhortations mis les uns à côté des autres, sans plan véritable.

Le vocabulaire y est précis, parfois rare. L'auteur joue sur les mots et sur les sons, avec des répétitions et des procédés oratoires. Pour mieux toucher ses lecteurs, il les personnifie et les prend à partie.

Dans cet écrit, on trouve un ton proche des écrits de sagesse du genre proverbes ou ecclésiaste ou règle de discipline. Le genre se rapproche du sermon sur la montagne dans l'évangile de Matthieu en particulier 5 à 7.

C'est un traité de morale qui veut inspirer la vie quotidienne dans la foi. Les pauvres doivent pouvoir vivre avec dignité, les actes doivent témoigner de la foi et la prière accompagner la vie, en particulier lorsque l'on est malade. Un signe, une onction d'huile, peut leur être donné pour marquer leur appartenance au Seigneur.

L'auteur est sans nul doute l'origine juive, converti au christianisme et conscient de la responsabilité dans l'Eglise que lui confère sa fonction de docteur. Mais qui est-il ? Est-il Jacques fils d'Alphée, l'un des douze ? Ce serait une possibilité ? Est-il le frère de Jésus, palestinien, de morale rigoureuse et qui avait les genoux comme de la calle de chameau à force de prier. Mais il ne parle guère du ressuscité dont il aurait eu une apparition (1 Co 15,7) et qui serait intervenu au concile de Jérusalem ! Il y a peu de référence à la loi et à la vie de Jésus ! Or il aurait dû le bien connaître. Par ailleurs il écrit un grec très aisé et a des qualités littéraires certaines. Est-ce un judéo-chrétien de langue grecque s'adressant à d'autres judéo-chrétiens parlant le grec eux aussi ? Peut-être ! Écoutons son message!

Texte de Maurice Carrez, dans Parole Pour Tous.


L'ÉPÎTRE DE JACQUES

On connaît la formule de Luther évaluant la lettre de Jacques au poids d'une "épître de paille" car il n'y trouvait pas clairement proclamé l'évangile de Jésus-Christ. Il ne faut pourtant pas lire la lettre de Jacques comme une exhortation morale, mais comme une prédication. Elle opère -une relecture des traditions héritées du judaïsme à la lumière de la foi messianique. A la différence de Paul cependant, elle -fait le choix d'une continuité assumée. L'épître subvertit aussi les codes et les logiques de la - morale traditionnelle pour faire éprouver la force provocatrice de la foi d'Abraham l'Infanticide, et de Rahab, la prostituée.

L'épître aborde en trois temps la question de l'existence sous des angles différents et complémentaires, tous fondés dans la bénédiction initiale (1.1).

Le premier (1:2 - 2.26) envisage l'existence au miroir de la Parole. L'ensemble se déploie en deux moments articulés l'un à l'autre : l'existence envisagée sous ses deux dimensions; individuelle et communautaire.

Le deuxième-(3.1 - 5.6) décrit l'existence face à la puissance du péché; sous trois aspects : la force du péché dans la capacité de nuisance de la langue, le règne du désir mal orienté et de l'orgueil, le règne de la suffisance des hommes d'affaire et de l'injustice des riches.

Le troisième (5.7-20) insiste sur la dynamique de la foi par un éloge de la patience (5.7-12) et de la prière.

Élian Cuvillier, Église protestante unie de France

Dans Parole Pour tous, le 05 Novembre 2015