Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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L'ÉPÎTRE AUX HÉBREUX


L'EPITRE AUX HEBREUX

Voici une épître exigeante, en raison de la difficulté de certains passages et des nombreuses références à l'Ancien Testament, mais riche en enseignements. Elle est entourée d'un certain mystère car l'auteur reste inconnu (l'origine paulinienne, conviction ancienne, est généralement abandonnée), l'identité des destinataires reste floue (qui sont "les Hébreux" ?), et sur la nature même de l'écrit, on hésite entre un sermon et une vraie lettre. Il est probable que c'est une vraie lettre (un sermon utilisé ensuite comme lettre ?) adressée à une communauté ou à un groupe de communautés comptant au moins une section judéo-chrétienne. Aucune date de rédaction ne s'impose absolument, mais le fait que le service du Temple de Jérusalem soit considéré comme une réalité toujours actuelle favorise nettement la période qui précède, de peu sans doute, la destruction du temple en 70.

L'auteur se donne pour tâche d'exhorter des chrétiens parfois découragés, voire tentés de s'éloigner de l'Évangile reçu. Pour cela, il montre l'excellence de cet Évangile. Il développe une christologie puissante et originale : le Christ, unique Médiateur, est le grand prêtre nouveau qui a offert le sacrifice pleinement suffisant. Il est encore le Fils, parfaite image du Père*, qui a accepté de devenir frère des croyants**. De précieux développements sont également consacrés à la Parole de Dieu et à la foi.

* Chapitre 1, v.3

** Chapitre 2, v.11

Texte de Samuel Bénétreau, Parole Pour Tous, 22 Septembre 2013


L’ÉPÎTRE AUX HÉBREUX

L'auteur reste anonyme, et les destinataires inconnus. Les circonstances dans lesquelles fut rédigée l'épître aux Hébreux restent insaisissables. Le lecteur d'aujourd'hui a le sentiment d'être plongé dans un monde de pensée étrange. Il lui faut une certaine familiarité avec l'Ancien Testament, le culte sacrificiel du temple et la fonction sacerdotale. Mais surtout, il lui faut s'habituer au mode de raisonnement de l'auteur. Celui-ci nous propose de comprendre la personne et l'œuvre du Christ à partir de la fonction rituelle du grand prêtre.

Le temple n'est qu'une représentation réduite du monde divin. C'est dans ce monde divin, éternel et impérissable que le Christ accomplit le sacrifice unique et parfait qui rend caduques les rituels sacrificiels du temple.

Cette présentation grandiose du Christ est au service d'une exhortation à la fidélité et à la fermeté dans la foi en Jésus-Christ. Les destinataires ont un passé de foi*, mais celle-ci reste fragile, en proie à la lassitude**. En soulignant la grandeur absolue du Christ et sa proximité attentive envers ses fidèles***, l'épître appelle à s'inscrire fermement dans la lignée des hommes de foi.

Ch.6, v.9 et 10; ch.10, v.32 et 33

** Ch.3, v.12 à 14; ch.5, v.11 à 14; ch.12, v.14 et 15

*** Ch.4, v.15 et 16; ch.12, v.22 et 23

Texte de Jean Hadey dans Parole Pour Tous, 31 Mars 2005


UN BEAU SERMON :

L'épître aux Hébreux est plutôt un sermon. L'auteur parle (2/5 ; 5/11 ; 6/9 ; 8/1, etc.). Il y mêle poésie et prose et trouve parfois une formulation extraordinaire « Par la souffrance, il a appris l'obéissance » (5/8). Sa grande question est celle-ci : comment le Fils de Dieu a-t-il appris l'humanité ? Sa question est à l'opposé de celle de Marc : Marc demandait quel est cet homme, l'auteur d'Hébreux demande quel est ce Fils ?

Une première grande fresque historique (1, 1-5, 11) se déroule en quatre sections : Le Fils supérieur aux anges (1, 1-14), sa solidarité avec l'homme (2, 1-18); sa spiritualité qui invite les chrétiens à vivre un exode où ils entrent dans le repos, mieux qu'avec Moïse (3, 1-4, 5) plus que Josué, plus que David, mieux que Melchisédech il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent cause de salut éternel (4, 6-5, 10).

Une seconde fresque : les chrétiens ne sont pas mûrs (5, 12-6, 20), mais Jésus-Christ grand prêtre (7, 1-28) fait passer de l'Ancienne à la nouvelle Alliance (8, 1-9, 10). Au centre de tout le Christ (9, 11-28) qui une fois pour toutes par l'offrande de sa personne sanctifie (10,1-18). Sûrs d'accéder au sanctuaire véritable, les chrétiens espèrent et croient dans l'attente de celui qui vient (10, 19-39).

La troisième fresque (11, 1-13, 21) illustre la marche par la foi (11, 1-31) et place le combat de Jésus contre le péché au temps des israélites en Palestine (Juges, David, prophètes) au temps de l'existence de Jésus et dans celui de l'église (11, 32-12, 13). Poursuivre la paix et se sanctifier (12,14-29) ouvre la suite des gestes et des actes quotidiens (13, 1-21). Tout se termine par une doxologie au Dieu de la paix, au grand pasteur des brebis.

Deux habitudes de l'auteur : il commence par la fin pour expliquer le commencement ; il manie le bâton avant de réconforter. De plus c'est un merveilleux poète et un piètre prosateur.

Texte de Maurice Carrez dans Parole Pour Tous.


L’ÉPÎTRE AUX HÉBREUX

Il y a un mystère de l'épître aux Hébreux : incertitude sur l'identité de l'auteur et celle des destinataires (les Hébreux ?), sur les circonstances et la date de la rédaction

(Très probablement avant la destruction du temple en 70) et même sur le statut (lettre ou traité-sermon). Son enracinement dans l'Ancien Testament met le lecteur à l'épreuve. Mais le message, très précieux, s'impose : devant les croyants éprouvés, tentés par le découragement, est dressé un remarquable tableau de la personne et de l'œuvre du Christ. Il est le Fils, porteur de la parole divine, « empreinte » du Père, exalté à sa droite, au-dessus de tous les pouvoirs, après avoir partagé la condition humaine et accompli la purification des péchés (chapitre 1, versets 1 à 4).

La puissante originalité de l'épître réside dans sa christologie sacerdotale. Pour exprimer la nouveauté et la perfection de ce sacerdoce exceptionnel, Aaron est délaissé au profit d'un étrange modèle, Melchisédech (Genèse 14, versets 17 à 20). On découvre ce bouleversant paradoxe : le grand prêtre unique est en même temps la victime consentante et le sacrifice est offert « une fois pour toutes ». Les croyants-pèlerins qui s'avancent sur les traces des hommes de foi de l'ancienne alliance (chapitre 11) peuvent donc connaître le lieu de leur pardon, de leur « assurance » et la solidité de leur espérance, véritable « ancre » de l'âme.

Texte de Samuel Bénétreau, dans Parole Pour Tous