Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

Cliquez ici pour modifier le sous-titre

Le Livre du Prophète ESAÏE


On s'accorde à diviser en trois livrets les textes des 66 chapitres que nos Bibles ont reçus sous le générique « Esaïe ». Ces livrets correspondent à trois périodes de l'histoire d'Israël, séparé en deux royaumes après la mort de Salomon : Israël au Nord, Juda au Sud.

Trois livrets séparés par deux siècles d'histoire (en gros de 740 à 538 avant Jésus-Christ).

Chapitres 1 à 39

Ces chapitres proposent à notre lecture la première période (740-700), contemporaine d‘Esaïe, prophète en Juda: Il appartient à une famille connue à Jérusalem, on parlerait aujourd'hui de «notables», ce qui lui aura donné une liberté certaine pour interpeller les grands.

Son ministère se déroule pendant le règne des rois Yotan, Achaz et Ezéchias, rois du petit royaume de Juda, coincé entre les deux «grands» de l'époque: l'Egypte au Sud, qui connaît un certain déclin et l'Assyrie au Nord dont la puissance se développe.

Esaïe va constamment protester, non pour démolir, mais pour attester l'honneur de Dieu. Face aux «combines» politiques de la royauté en recherche d'alliances douteuses, il se révélera diplomate avisé. Face aux entorses imposées au droit, face au mépris de la justice sociale, le prophète criera pour les plus pauvres.

Face aux cultes idolâtres, il dressera le visage du Dieu unique. Quand il le faudra, il secouera les courages abattus. Pour Esaïe, Dieu travaille en pleine histoire. Le prophète n'est que son serviteur porte-parole, préfiguration du Messie attendu. Déjà, la voix qui crie dans le désert proclame une promesse de consolation et celle, plus grande encore, de « l'Emmanuel » (Dieu avec nous).

Cette parole prophétique rejoint celle des autres prophètes en Israël, pour nous atteindre dans le plus habituel de nos vies et nous faire entendre qu'il ne suffit pas de dire que « le Seigneur est grand », mais qu'il faut faire de cette proclamation une réalité de vie.


LE SECOND LIVRE D'ESAÏE

Depuis deux siècles environ, on sépare Esaïe 40 à 55 d'Esaïe 1 à 39. Ces chapitres 40-55 ont été écrits durant la période de fin d'exil (entre 550 et 538 av. J.C.) à Babylone. Par commodité, on parle du Second-Esaïe ou du Deutéro-Esaïe, bien qu'en réalité ce prophète soit anonyme. Deux grandes parties structurent ce texte :

Chapitres : 40 à 48 :

C'est l'attente patiente. Le prophète veut vaincre découragement et critique pour convaincre les exilés à Babylone que le Dieu unique et véritable demeure le seul capable de FAIRE l'avenir, de lui donner sens.

Chapitres : 49 à 55 :

Le salut enfin réalisé. Il va consister en un spectaculaire changement : LE RETOUR, avec la consolation des persécutés et le salut des opprimés.

Jérusalem, l'oubliée, en retrouvant ses enfants fidèles, va être restaurée dans son statut de «mère», et va à nouveau enfanter.

Les nations étrangères, abandonnant leur regard hautain et méprisant, admireront ce salut, cette restauration, et reconnaîtront la force du Dieu unique.

N'oublions jamais, en lisant ces textes, que la situation d'exil dure depuis près de 50 ans et que l'existence même d'un « peuple d'Israël » (c'est-à-dire la non assimilation) passe par un ESPOIR.

Esaïe 40-55, est une prédication de l'Espoir...


LE TROISIEME LIVRE D'ESAÏE

Chapitres 56 à 66

Cette fin du livre d'Esaïe a été écrite entre 537 et 520 av. JC par un disciple de l'école d'Esaïe chargé de panser les cœurs meurtris (chapitre 61, verset 1). De graves problèmes bousculent en effet les exilés de retour de Babylone. Leur foi vacille. Ils s'interrogent :

- « le bras de Dieu est-il trop court ? » : les Juifs restés au pays supportent mal le zèle religieux et revendicateur de ces « donneurs de leçon » fraîchement débarqués.

- « la promesse divine est-elle restée en souffrance ? » : des étrangers, « palestiniens » avant le terme, se sont établis, ou sont revenus avec les exilés. Comment les intégrer sans les laminer ni les mépriser ?

Et les Juifs de la dispersion n'ont pas tous envie de revenir, loin s'en faut. Comment accepter cela ? Désillusion, souffrance...

Le prophète établit une coupure nécessaire, insistant sur le jeûne, le sabbat, l'interdiction des idoles, la gloire de Jérusalem, mais aussi le souci de l'autre, fût-il étranger. Il exhorte chacun à «ouvrir» un chemin de fête vers Sion, but et fin d'un immense pèlerinage de toutes les nations vers le Dieu d'Israël. Alors comment les contretemps, les difficultés, pourraient-ils entamer ou tordre l'espérance en regard d'un tel bouleversement universel envisagé ?

D’après des textes de Jacky Argaud, parus dans Parole Pour Tous le 27/11/2006 (1°Esaïe), le 03/12/2007 (2° Esaïe), le 29/11/2004 (3° Esaïe).