Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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LA LETTRE DE PAUL

AUX ÉPHÉSIENS


L'ÉPÎTRE AUX ÉPHÉSIENS

Aujourd'hui, en Turquie, le site d'Éphèse se trouve à plusieurs kilomètres de la mer Égée. Mais dans l'Antiquité, l'économie de cette cité grecque d'Asie mineure était tributaire de son port, encombré depuis par les alluvions charriés par le fleuve Caystre. Autre surprise pour un voyageur contemporain, en quittant ce riche lieu archéologique (bibliothèque de Celse, rue piétonne jonchée de mosaïques, théâtre...), on passe par de petites échoppes qui proposent encore au XXI° siècle des répliques de la statue de la déesse Artémis (voir Actes 19, v.26 à 40) !

La Lettre aux Éphésiens, elle, offre un discours théologique habillé de quelques éléments biographiques de Paul. Mais ces références ne suffisent pas à en authentifier l'auteur. Tychique (voir Éphésiens 6, v.21 et 22) a probablement participé à sa rédaction. Le contenu laisse en tous cas apparaître différents courants de pensée du christianisme primitif. Cela explique aussi sans doute que le ton du discours n'est pas celui de la polémique autour de divergences secondaires. Il est au contraire celui de l'apologétique qui présente la foi chrétienne de façon positive et dans un vocabulaire nouveau. Et cette réactualisation met volontiers en lumière l'universalité (Éphésiens 2, v.17) et la gratuité (Éphésiens 2, v.8) du salut.

Claude Mourlam, Union des églises protestantes d'Alsace et de Lorraine

dans « Parole Pour Tous », le 26 Février 2012


INTRODUCTION A L’ÉPÎTRE AUX ÉPHÉSIENS

Éphèse, cité commerciale, est l'écrin d'une des Sept Merveilles du monde antique : le célèbre temple d'Artémis. L'apôtre Paul, venu apporter l'Évangile, va rapidement s'en rendre compte : l'économie locale repose sur la vente de statuettes de la déesse. Toutefois dans l'épître, il n'est plus question de la prédication faite à Éphèse*. Le discours a évolué.

Certains pensent que Tychique aurait participé à cette rédaction qui incorpore à l'héritage paulinien les apports d'autres courants du christianisme primitif. Le thème de la réconciliation pourrait bien indiquer justement le contexte de rapprochement entre les communautés chrétiennes d'origines diverses**. Mais l'épître pose surtout une autre question : comment vivre en chrétien/ne dans un monde qui ne l'est pas ?

*Actes 19, versets 8 à 10
** Éphésiens 2, versets 11 à 22

Texte de Claude Mourlam dans « Parole Pour Tous », le 19 Mai 2006


L'ÉPÎTRE AUX ÉPHÉSIENS

L'épître aux Ephésiens est l'une des quatre (avec Phlippiens, Colossiens et Philémon) que l'on appelle « épîtres de captivité » parce que Paul les a manifestement écrites alors qu'il se trouvait en prison. Ce qui frappe à première vue, c'est la ressemblance avec l'épître aux Colossiens : le contenu de celle-ci se retrouve presque tout entier dans l'épître aux Ephésiens, aussi bien quant au fond (par exemple la définition de la personne et de l'œuvre du Christ) que pour des indications de détail (par exemple le rôle de Tychique).

Il est possible qu'il s'agisse d'une lettre circulaire adressée à telle ou telle communauté et reprise pour telle autre (peut-être même par un secrétaire ou un disciple de Paul). On a pu regarder l'épître aux Ephésiens comme « la couronne du paulinisme » (C.H. Dodd). En particulier on y voit bien décrits les rapports entre le Christ et son Eglise, celle-ci étant considérée non plus seulement comme une poussière de communautés locales mais comme une réalité universelle et personnifiée.

On discerne assez nettement (comme dans l'épître aux Romains) deux parties :

1. une partie dogmatique et doctrinale (chap. 1 à 3);

2. Une partie pratique et exhortative (chap. 4 à 6). Les exposés successifs se présentent à la fois comme un enseignement et comme une sorte de récit lyrique et liturgique.

Texte de René Voeltzel dans « Parole Pour Tous »


L'ÉPÎTRE AUX ÉPHÉSIENS

Qu'on la lise d'affilée ou par petits morceaux, l'Epître aux Ephésiens se prête à la méditation. Dans son style lent et liturgique, elle déroule le grand secret de Dieu, le « mystère», tenu caché pendant longtemps, mais dévoilé depuis Jésus-Christ et déployé par le message de Paul.

Il ne s'agit pas d'autre chose que de l'Evangile de l'apôtre, mais d'un Evangile qui se noue autour d'insistances nouvelles : en Christ, Dieu propose à tous le salut par grâce, mais ce salut prend le visage nouveau d'une réconciliation du monde visible et invisible, et de cette réconciliation œcuménique, dont l'Eglise, composée de Juifs et de Païens, est la promesse et le germe. Dans un monde écartelé, l'offre de la grâce et la présence de l'Eglise sont là pour que le chemin donné par Dieu inscrive sa trace dans une histoire des hommes et du monde, neuve et ouverte.

L'Epître aux Ephésiens parle de manière tonifiante aux lecteurs chrétiens du 20e siècle qui vivent durement les déchirements de l'humanité (désagrégation du tissu social, résurgence des nationalismes, division des églises...). Elle nous rappelle à la reconnaissance pour le don de l'Evangile et à l'énergie lucide et joyeuse des témoins et acteurs du monde nouveau.

Texte de Michel CAMBE dans « Parole Pour Tous »