Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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LA LETTRE DE PAUL AUX COLOSSIENS



L'ÉPÎTRE AUX COLOSSIENS

L'épître aux Colossiens a été écrite par Paul en captivité. Au centre de l'Asie Mineure, la communauté a été fondée par un disciple de Paul, Épaphras, qui, débordé par les questions d'autres prédicateurs, demande à l'apôtre d'intervenir. Quelle place donner aux êtres intermédiaires qui régissent le cours du monde ? Faut-il observer les rites juifs de pureté ?

Dans sa réponse, Paul met en valeur la place centrale du Christ. Selon l'hymne de Col 1, 15-20, le Christ a exercé le rôle de la Sagesse pour la création et l'ordonnance du monde. Par son sacrifice, il a obtenu la réconciliation de tout l'univers. Le culte des anges est donc sans fondement. À cette exaltation du Christ correspond une spiritualité baptismale. La véritable circoncision rend participant à la mort et à la résurrection du Christ, dans l'attente de sa venue. Les baptisés doivent renoncer au paganisme et mener une vie nouvelle, dans l'humilité, la douceur, le support mutuel. Le code des rapports sociaux, qui se ressent de l'état de la société d'alors, est à lire en fonction de l'amour, lien de toutes les vertus, pour que règne la paix du Christ. Célébrant la victoire du Christ sur le péché, l'épître invite à l'action de grâces, comme Paul pour la foi des Colossiens. La communauté chantera psaumes et cantiques inspirés.

Texte d’Édouard Cothenet, Institut catholique de Paris, 

dans « Parole Pour Tous », le 20 Avril 2017

L'ÉPÎTRE AUX COLOSSIENS

Les ruines de Colosses, antique cité grecque de la Phrygie, sont partiellement visibles aujourd'hui dans les environs de Denizli (Turquie). Pour se rendre dans cette étape perdue, le voyageur empruntait jadis la route d'Ephèse, puis longeait les rives paresseuses d'un fleuve dont le nom est devenu commun : Méandre ! Ensuite il remontait les bords d'un affluent, le Lycos, vers les hauts plateaux. Arrivé dans la bourgade, il pouvait enfin admirer une falaise rocheuse au pied de laquelle les gens vivaient au rythme lent des moutons. Epaphras, notable de Colosses, y fonda une communauté chrétienne. L'apôtre Paul qui ne s'y est jamais rendu, loue Epaphras comme son bien-aimé compagnon de ministère et fidèle serviteur du Christ Jésus.

La lettre présente quelques nouveautés : Christ revêt des traits universalistes, Paul devient ministre de l'Église universelle, la dimension du déjà accompli prend toute sa place dans la compréhension du salut. En résumé : plus besoin de se fier à des intermédiaires comme les astres ou les anges.

La plénitude est en Christ, il est inutile de chercher à y accéder par des cultes à mystères, des initiations, des formes de piété, juive ou grecque. C'est Christ qui vient vers nous et non nous vers lui !

Texte de Claude Mourlam dans « Parole Pour Tous », le 28 Octobre 2005


L'ÉPÎTRE AUX COLOSSIENS

Colosses était une petite ville qui vivait de l'élevage de moutons. Un nommé Epaphras, dont Paul fait l'éloge, y avait fondé une église. Voilà que surviennent des gens qui déclarent enseigner une sagesse supérieure, en fait incompatible avec l'évangile. Ils troublent cette église. D'où cette lettre qui invite les chrétiens de Colosses à ne pas se laisser séduire et détourner par eux.

Qu'enseignaient-ils ? Probablement que Christ est un être surnaturel parmi d'autres, et que certains rites sont nécessaires au salut. L'épître fait face en soulignant le caractère unique du Christ, image du Dieu invisible, créateur et sauveur, et en affirmant que la vie chrétienne consiste en un comportement éthique et non dans des pratiques rituelles.

Paul a-t-il vraiment écrit cette épître ? On se l'est demandé. Elle diffère beaucoup, par son style, de ses autres écrits. Il se pourrait bien qu'elle ait été rédigée par un secrétaire à qui Paul avait donné des indications. L'apôtre (alors « dans les chaînes », c'est-à-dire en prison) aurait ajouté de sa main le dernier verset. De plus, il paraît probable que la lettre reprend les idées et les argumentations de ceux qu'elle entend combattre pour mieux les réfuter.

Texte d’André Gounelle dans « Parole Pour Tous »