Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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Dimanche 14 MAI 2017

Orpierre (05700)

Lectures du Jour:

Jean 14, 1-12

Nombres 16, 1-24

Actes 6, 1-7




C’était mieux avant !


Bonne nouvelle !

En ce moment même, à Paris, le nouveau chef de l'État, élu dimanche dernier, est officiellement installé dans sa fonction, au palais de l’Elysée.

Dimanche dernier, les Français ont choisi entre deux personnes, deux programmes, deux visions.

Nonobstant, le peuple français a ouvert un nouveau chapitre de son histoire.

De peuple, il en a été beaucoup question durant toute la campagne électorale. On n’a même parlé que de lui : le Peuple. Au risque de faire du « peuple » un mot valise, un mot fourre-tout, auquel tout le monde est censé s'identifier alors que nous sommes des individus singuliers, uniques. C'est ce qu'on appelle le « populisme », qui réduit toutes les individualités à une masse uniforme qui parlerait d'une seule voix, qui aurait les mêmes (centres d’) intérêts, qui penserait d'une seule manière, qui marcherait d'un même pas.

Le Peuple, c’est comme le français moyen : une fiction bien commode pour ceux qui aiment les raccourcis.

Qui peut adhérer à de tels concepts ?

Et c'est bien de cela qu'il s'agit dans ce texte, où le peuple marche derrière Moïse et Aaron, en plein désert, au nom d'une promesse de liberté, d'autonomie, de souveraineté et d'abondance.

Mais à un moment, trop c'est trop ! C'est la révolte !


Éreintés, exténués, désespérés, des voix s'élèvent : « Merde, ça suffit ! Pour qui se prennent-ils Moïse et Aaron ? Ne sont-ils pas des nôtres ? Pourquoi eux et pas nous ? Les suivre ? Pour quoi, pour qui, vers où ?

Coré veut changer ça. « Machine arrière toute ! ». Direction l'Egypte !

Parce qu'y être esclave est plus supportable que d'être libre au milieu du désert.


Coré a raison ! C'est quoi la suite ? Crever la bouche ouverte au milieu du désert ? C'est quoi le programme ? Obéir à des incompétents qui nous mènent droit à la catastrophe ? »


Qui d'entre nous n'a pas vécu cela ?

Qui d'entre vous ne voit pas que la France et l'Europe errent en plein désert ? Et que le danger est de prendre les mirages pour des oasis. !

Et il est souvent difficile de distinguer un mirage d'un miracle. Qui peut dire si les nouvelles technologies, les nouvelles façons de travailler et de communiquer sont des mirages ou des miracles qui sauveront nos sociétés?

Qui de Marine Le Pen ou Emmanuel Macron est un mirage ou un miracle ?

Et tout au long de cette longue campagne électorale, on a bien vu combien le peuple est partagé, contrarié, divisé, voire même opposé. Et c'est bien normal car il y a bien deux visions radicalement contraires. Deux voies bien légitimes dans cette crise, économique, écologique, politique, médiatique, qui dure depuis quarante ans – Je n’étais pas encore né ! - . Mais il y a un détail qui fait toute la différence pourtant. Coré, en effet, a oublié que c'est Dieu qui a choisi Moïse et Aaron et pas lui. Vouloir le bien du peuple ou de quelqu'un ne suffit pas à faire la volonté de Dieu.

Un mieux peut parfois cacher un pire. La nostalgie est une maladie tenace qui nous fait croire que revenir en arrière est le chemin du salut.

Or Dieu est vie, joie, liberté. Et il choisit un homme, Moïse, qui a pour seule boussole une audace, une espérance, une trace.

La trace d'une parole qui dit : " N'aie pas peur !"

Il y a des épreuves qui grandissent et des preuves qui diminuent. Il y a des doutes qui construisent et des certitudes qui détruisent.

Il y a des déserts qui nourrissent et des oasis qui pourrissent.

Quand tu traverses un désert, Dieu ne te déserte pas, Dieu ne déshérite pas. Et dis-toi bien que toutes les colères ne sont pas du courage.

Toutes les révoltes ne sont pas des révolutions, et il y a des indignations, pour des motifs souvent légitimes, qui peuvent n’être que des postures.

Une révolution, c'est d'abord une résolution. Celle d'aller vers un meilleur, vers un ailleurs, même si le chemin est inconnu, incertain, inconfortable.Ce peuple qui marche dans le désert, c'est toute l'histoire de l'humanité. Et cette histoire n'a encore jamais donné raison à ceux qui rebroussent chemin, à ceux qui n'écoutent que leurs peurs, que leur colère, que leur nostalgie.

Au milieu du gué, au milieu du vide, au milieu du désert, Moïse a peur. Le Christ a peur. Tout le monde à peur.

Mais une voix intérieure ouvre une voie extérieure.

Une voix ténue et têtue est là : « Suis le chemin que je te montre. Quitte la peur. Quitte le passé. Marche et crois.

Alors, quel que soit le bulletin que vous avez mis dans l'urne dimanche dernier, que le président intronisé (terme assez monarchique !) en ce moment même ait été votre candidat ou non, nous avons en commun un roi qui règne sur le royaume de notre cœur, le royaume de Dieu.

Il marche devant toi et te conduit vers cette paix qu'on appelle l'éternité.

N'aie pas peur.

Et nous pouvons rendre grâce à Dieu qu'il en soit ainsi.


Amen !


Pr Arnaud Vandenwiele