Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

Cliquez ici pour modifier le sous-titre

DIMANCHE 12 Janvier 2014

Culte à Trescléoux (05700)

 

Lectures du Jour :

 Matthieu 3 13-17

Esaïe 42,1-7

Actes 10,34-38


                                     

Le baptême de Jésus

 

Le passage que nous venons de lire porte en titre dans la TOB « le baptême de Jésus ». Il n’y a dans l’ancien testament  aucune indication laissant supposer que le baptême existait comme rite avant l'époque où Jean-Baptiste le pratiqua au Jourdain. Mais le judaïsme ordonnait des ablutions et leur donnait non seulement une valeur d'ordre hygiénique, mais aussi un sens religieux : La secte des Esséniens, dont Jean-Baptiste avait sans doute fait partie, observait la purification par l'eau et il y avait une cérémonie analogue imposée aux non-juifs qui se convertissaient, au moment de leur entrée dans le judaïsme.

 

Les prophètes ont souvent employé l'image de l'eau quand ils parlaient du changement de vie et du renouvellement du cœur qu'ils espéraient voir se réaliser chez les Israélites; ils avaient l'habitude d'appuyer leurs prédications par une démonstration concrète et accompagnaient les images et paraboles dont ils se servaient de gestes et d'actes symboliques.

 

Jean-Baptiste est bien à cet égard de la lignée des prophètes quand il ajoute à sa prédication le baptême. Mais le fait que son habitude de baptiser ait  fait ajouter à son nom de Jean le surnom de Baptiste,  semble prouver qu'il y avait cette fois dans cet acte symbolique quelque chose de caractéristique et de nouveau

En effet, le baptême de Jean n’est pas seulement un rite de purification. C’est, pour le baptisé, un témoignage de sa confiance en Dieu et en la venue d’un Messie. Il implique une prise de conscience de ses péchés et sa repentance, mais ne procure pas le pardon des péchés, ni une force de vie nouvelle.

Jean-Baptiste n’est pas « l'Agneau qui ôte les péchés du monde » mais il annonce sa venue. Et il annonce aussi un autre baptême : « Moi, je vous baptise dans l’eau en vue de la conversion, mais celui qui vient après moi est plus fort que moi ; lui, il vous baptisera dans l’Esprit saint et le feu ».

 

Et Jésus parut, venu de Galilée jusqu’au Jourdain pour se faire baptiser. Pourquoi ? Qu’était Jésus à ce moment là ? Trente ans s’étaient écoulés depuis sa naissance. Il s’était instruit auprès des maîtres du Judaïsme, à Jérusalem. Il était lui-même devenu Rabbi, enseignant. C’est tout ce que nous croyons savoir sur sa vie depuis sa naissance.

 

Matthieu nous raconte, comme s’il y avait assisté, la conception de Marie, les assurances données par l’ « Ange du Seigneur » à Joseph, la venue des Mages qui ont appris par les astres la naissance du roi des juifs et viennent lui rendre hommage. Ensuite la fuite en Egypte et le retour, deux ans après, à la mort d’Hérode. Puis plus rien jusqu’au baptême ; Et il nous dit simplement :« Alors parait Jésus… ».

Luc est plus prolixe, bien qu’il n’ait pas connu Jésus, et raconte la naissance de Jésus et la venue des Bergers, puis, à 12 ans ses interventions au Temple. Ensuite de nouveau plus rien jusqu’au baptême.

Quand à Marc et Jean, ils ne parlent pas de cette période.

Par contre, ils parlent tous du baptême, ce qui est un signe de son importance et de son authenticité.

 

Qu’y a-t-il d’authentique dans tout cela ?

Quels témoins ont-ils pu s’intéresser à conserver et à transmettre les faits concernant la naissance et l’enfance d’un homme dont personne ne savait alors qui il était et quel serait son avenir ?

Que penser de l’hypothèse comme quoi l’essentiel de ces faits ont été imaginés plus tard par les évangélistes :

Parce qu’il était nécessaire que la prophétie d’Esaïe (9 1,5) soit accomplie : « Le peuple qui marche dans les ténèbres a vu une grande lumière ; sur ceux qui habitent le pays de l’ombre de la mort une lumière a brillé…..car un enfant nous est né, un fils nous a été donné. Il a la souveraineté sur son épaule ; on l’appelle du nom de Prince de paix »


Parce qu’il fallait également que cet enfant qui deviendrait le Christ, pour être de nature divine, soit né d’une vierge mère comme les Dieux antiques.

Parce qu’il fallait aussi qu’il soit reconnu par tous les hommes, quel que soit leur statut social, d’où la visite des bergers, et quelle que soit leur nationalité, d’où celle des Mages…

Et pour expliquer tout cela, quoi de mieux qu’une belle histoire, suivant la coutume orientale du pays et de l’époque…

 

Alors, évidemment, l’on est en droit de se demander qui était Jésus au moment de son baptême. Etait-il déjà choisi par Dieu comme son Fils ? Si oui, en état-il réellement conscient ?

 

Il était Juif, pharisien, docteur de la loi, connaissant parfaitement la Loi et les Prophètes. Comme beaucoup, est il est venu se convertir, c'est-à-dire affirmer sa fidélité au Dieu de l’Alliance, reconnaître ses pêchés et se repentir ? Ou savait-il quelle serait sa mission, mais alors quelle nécessité y avait-il à ce qu’il soit baptisé ?

Jean-Baptiste, lui, en tout cas, en bon prophète, sait à qui il avait affaire. Et sa réaction immédiate est de dire que c’est lui qui a besoin d’être baptisé par Jésus, car Jésus  ne baptise pas dans l’eau mais dans l’Esprit Saint. C’est l’Esprit Saint, c’est Dieu qui purifie, d’une toute autre manière que l’eau, et Jean Baptiste est demandeur de cette purification.

 

Jésus refuse. Veut-il être baptisé comme tout homme, apparaître et agir comme tout un chacun, comme il le fera souvent par la suite ? Ou simplement, ce faisant, sait-il agir suivant la volonté de Dieu ? Quoi qu’il en soit, Jean-Baptiste accepte et le baptise dans le Jourdain.

Et dès que Jésus sort de l’eau, une voix vient des cieux : « Celui-ci est mon Fils bien aimé, celui qu’il m’a plu de choisir ».C’est fait, c’est public, Jésus a reçu sa mission, il est le Fils de Dieu, l’envoyé de Dieu sur terre. Et c’est maintenant, et maintenant seulement autant que nous le sachions que son action commence.

Et nous écoutons de nouveau Esaïe (42 1-4) : « Voici mon serviteur, que je soutiens, celui que j’ai choisi et que j’agrée. J’ai mis sur lui mon souffle ; Il imposera l’équité aux nations. Il ne criera pas, il n’élèvera pas la voix, il ne se fera pas entendre dans les rues. Il ne brisera pas le roseau qui ploie, il n’éteindra pas la mèche qui vacille ; il imposera loyalement l’équité. Il ne vacillera pas, il ne ploiera pas, jusqu’à ce qu’il ait installé l’équité sur terre ;…  Ainsi parle le SEIGNEUR »

 

Jésus avait-il été choisi dès sa conception, l’histoire de Marie et Joseph, des bergers et des mages est-elle autre chose qu’un conte oriental ? Qu’importe en fait.

Sa mission a commencé ce jour, le jour de son baptême ou Dieu a choisi de la lui confier publiquement. Il est le Fils de Dieu et il va repartir en Galilée pour y appeler des disciples et commencer son service de prédication de l’Evangile. Jusqu’à la montée à Jérusalem et la crucifixion.

 

Le baptême a été pour Jésus un passage fondamental, plus par la coïncidence avec l’envoi en mission par Dieu que par sa signification elle–même. Quelle importance lui a-t-il accordé pendant son ministère ?

Aucun texte n'attribue à Jésus l'institution du baptême pendant son ministère. Dans ses instructions aux douze apôtres et aux soixante-dix disciples envoyés en mission, il n'en est pas question. Plus tard saint Paul dira que Jésus-Christ, ne l'a pas fait apôtre pour baptiser, mais pour prêcher l'Évangile. Il n'est pas possible de trouver dans les évangiles, ni même dans le Nouveau Testament tout entier, une doctrine systématique du baptême.

Jésus, qui a réclamé pour Dieu des adorateurs en esprit et en vérité, qui voulait une religion du cœur et de la conscience, qui a mis l'accent sur la pureté intérieure, ne pouvait pas attribuer au baptême qu'il ordonnait une vertu spéciale et magique.

C'est pour lui un symbole. Il déclare ses disciples purs non pas à cause du baptême, que peut-être d'ailleurs ils n'ont pas reçu, mais «à cause de la Parole», c’est-à-dire de l'Évangile qu'ils ont reçu et accepté.

 

Nous en resterons là : Le baptême que nous pratiquons aujourd’hui est un témoignage et un engagement, du baptisé ou de ses parents, devant l’Eglise et devant Dieu. La Parole reste et restera le fondement de notre foi.

 

Amen !

 

Jean Jacques Veillet