Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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Dimanche 1er octobre 2017

GAP (05000)

Lectures du jour :

Ézéchiel 18, 25-28  (voir également sous cette référence, méditation du 1er Juillet 2012)

Matthieu 21, 28-32

Philippiens 2,1-11  (voir également sous cette référence, méditation du 25 Septembre 2011)





Repentir, se repentir


« Un homme avait deux fils; et, s'adressant au premier, il dit: Mon enfant, va travailler aujourd'hui dans ma vigne. 29 Il répondit: Je ne veux pas. Ensuite, il se repentit, et il alla. 30 S'adressant à l'autre, il dit la même chose. Et ce fils répondit: Je veux bien, seigneur. Et il n'alla pas. 31 Lequel des deux a fait la volonté du père ? Ils répondirent: Le premier. Et Jésus leur dit: Je vous le dis en vérité, les publicains et les prostituées vous devanceront dans le royaume de Dieu. 32 Car Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n'avez pas cru en lui. Mais les publicains et les prostituées ont cru en lui; et vous, qui avez vu cela, vous ne vous êtes pas ensuite repentis pour croire en lui. »


En Lui, pour Lui….

On le critiquait : il annonçait Qu’est-ce que faire la volonté de Dieu ? Est- ce dire oui ou faire oui ?

Pour Jésus, comme pour nous, la réponse exprimée a aussi son importance, mais une réaction appropriée est encore plus importante aux hommes la volonté de Dieu avec une telle autorité que beaucoup de personnes le considéraient comme le Messie, l’envoyé de Dieu ; pourtant son style de vie semblait contredire cette opinion ; car, au lieu de rechercher la compagnie des gens pieux, de parler avec eux de Dieu et du monde en se tenant à l’écart de la populace, il parlait et même mangeait avec des gens louches, patibulaires et indignes. Matthieu n’en cite que deux groupes pour l’exemple quand il fait dire à Jésus : « les Publicains et les prostituées vous précèderont dans le Royaume des cieux »


Il serait trop simple de séparer, d’opposer la parole et l’action ; une parole aussi est une action, et le non du premier fils est et reste blessant ; il est donc d’autant plus surprenant que le premier fils n’en reste pas à cette parole et sa repentance, le fait qu’il rentre en lui-même est une bénédiction. Le fils qui dit oui et qui ne va pas dans la vigne est l’image d’un homme actif, toujours prêt à dire oui, à s’impliquer, il entend la prédication du Christ et il s’enthousiasme, mais rien ne se passe ; on ne remarque aucun effet, il n’émane rien de lui.


L’autre reste sceptique, il s’oppose d’abord, mais ça le travaille de l’intérieur et cela agit. Il en va de la question toujours actuelle et moderne de l’authenticité dans ma vie ; qui suis- je vraiment ?

Nous connaissons la rhétorique des béni-oui- oui : le chemin de l’enfer est pavé de bonnes intentions. Parfois nous sommes confrontés à ceux qui disent non ; ils peuvent nous frustrer, nous abattre ; ils râlent, ils boudent et finalement comme les grognards de Napoléon qui grognent mais qui marchent, ils font quand même ce qu’il faut.

«Les publicains et les prostituées vous devanceront dans le royaume de Dieu» c’est là, la pointe de la parabole ; cette phrase ne proclame pas des privilèges exclusifs, mais qui annonce un renversement des rapports dans l’ordre qu’on ressent comme juste ou logique.


Il n’est pas question ici de canoniser ou de proclamer heureux de manière abrupte et soudain ceux qui sont en marge de l’église ou de la société. Il en va pour nous de nous laisser surprendre par ce qui se passe en fait et que nous puissions compter sur le fait que bien des choses seront différentes de ce qu’elles nous paraissent. Il faut sans doute encore que nous apprenons que le jugement que Dieu prononcera n’est pas prévisible, ni calculable.


Des constructions de pensées seules ne rendent pas encore bonne une chose ; mais les actions seules, sans les bonnes pensées, les bons sentiments non plus ; il faut que les deux soient justes !

C’est pourquoi Jésus ne vise pas à donner une image idéale ; il faut que vous soyez comme ceci ou cela ; il s’agit tout d’abord d’une image d’ennemi ce qu’il ne faut pas être : l’homme ou la femme qui sait tout, qui croit tout, mais dont les actes contredisent et ridiculisent sa foi. A cette personne Jésus oppose celui ou celle qui, certes, dit tout d’abord non à tout, mais qui ensuite rentre en lui(elle)- même et qui fait ce qui est juste. Il ne le dit pas en première ligne pour rassurer ceux qui agissent ainsi, mais pour secouer les croyants qui lui font des reproches ; ce sont eux qu’il veut amener à mettre leur foi à l’épreuve : qu’en est- il de ta foi dans la pratique ? Comment vis- tu ta foi concrètement au quotidien ? En outre, Jésus veut nous encourager : nous donner le courage de faire confiance à l’autre, parce que Dieu a un plan aussi pour lui ; et le courage d’avouer et de nous avouer que je ne fais pas toujours la volonté du Père céleste, même si je le prétends.


La dure parole de Matthieu 7/ 21 trouve ici son explication : « Ce ne sont pas tous ceux qui me disent Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le royaume des cieux, mais ceux qui font la volonté de mon Père qui est dans les cieux »*

La foi n’est donc pas une affaire de théories qui ne se passeraient que dans la tête, mais elle veut prendre possession de nous et nous impliquer entièrement dans nos paroles, nos pensées et nos actions ! Dans la foi, comme dans l’amour : qui n’a pas tout donné n’a rien donné !


Amen !


Pr Marc SCHMITT