Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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Dimanche 07 janvier 2007

Epiphanie * Culte à St Laurent du Cros (05500)

Lectures du Jour :

- Esaïe 60, v. 1 à 6 (voir également sous cette référence méditation du 08 Janvier 2017)
- Matthieu 2, v. 1 à 12

- Ephésiens 3, v. 2 à 6


 Avec la venue de Jésus-Christ, passer de la crainte à la joie !!!"


Aujourd’hui, c’est l’épiphanie !

Les plus gourmands pensent déjà galette, couronne des rois !!

Tous les enfants apprécient beaucoup l’histoire des mages qui arrivent à dos de chameau , chargés de paquets multicolores, guidés par une super-étoile brillante, avec une magnifique couronne sur la tête et de belles capes.

Souvent d’ailleurs, on parle de nos mages comme étant les rois mages ;

Mais la Bible ne dit rien de tout ça : ni qu’ils étaient rois, ni qu’ils étaient trois, ni même leur nom !!! C’est la tradition qui, tardivement, va rajouter tous ça sans aucune source précise.


Nous voici donc avec nos mages… Avez-vous déjà remarqué que seul Matthieu parle de ces mages ? Et avez-vous aussi remarqué que Luc, lui, est le seul à parler des bergers ?!!! Alors, c’était des mages ou des bergers qui sont venus voir Jésus le petit enfant-roi ? Et si ce sont les deux, pourquoi Matthieu ne parle que de mages et Luc que de bergers ?!!!!

Et quelle énorme différence entre de pauvres bergers, sans rien sinon leur petit troupeau, sans abri, sans amis, et ces mages dont on dit qu’ils apportèrent en cadeau de l’or, de l’encens et de la myrrhe, somptueux cadeaux !!

Alors, c’étaient des riches qui ont vu Jésus en premier, ou c’était des pauvres ?!!!!

Je vous propose une petite explication : Matthieu, nous le savons, était un juif.

Et Luc était un grec. Donc, deux origines différentes…


Matthieu le juif, Luc le païen. Matthieu le juif, avec les mages, va rapporter que le salut s’est offert aux païens ; que le salut s’est fait homme pour les débordant de richesse. Et Luc le païen, avec les bergers, va rapporter que le salut s’est offert aux juifs, que le salut s’est fait homme pour les débordant de misère !!!

Le clair message est un renversement des valeurs, de nos valeurs, en annonçant le salut pour tous : riche, pauvre, païen ou juif !!!

Et ces deux facettes d’un même salut montre que nous n’avons pas à nous gargariser de notre propre salut en doutant du salut des autres : le juif se réjouit du salut des païens ; le païen se réjouit du salut des juifs !!!!

Voilà clairement annoncé le salut universel ; toutes les nations vont pouvoir entendre la bonne nouvelle, une grande nouvelle !!

Oui, mais comment l’entendre ? Comment Dieu la fait-il entendre, cette bonne nouvelle ? Nous l’a-t-il fait entendre en faisant tomber du ciel le Nouveau Testament ? Non. Le Dieu de proximité n’a pas fait ça.


Avec l’histoire de ces mages, il nous faut comprendre que Dieu veut nous toucher avec ce qui nous parle, ou nous touche.

Ces mages, qui étaient-ils ? non pas des magiciens, comme on le croit souvent, mais plutôt le genre ( en moins élaboré) d’astronomes. Etudiant la position des astres. Des scientifiques. Vous savez, de ceux qui croient tout expliquer par la science et pensent qu’être cartésien ( mais là je fais un anachronisme !) ça ne peut pas faire bon ménage avec la foi en Dieu !!!

Alors nos mages, les voilà en train de faire leur travail, en Orient, tranquilles, et hop ! ils se mettent en route pour un long, très long chemin, pour venir adorer un roi d’une religion qui n’est même pas la leur !!!


Dieu leur offre un signe qui leur parle, à eux !!! Moi, il n’aurait pas fallu que Dieu se révèle à moi avec les étoiles, parce que je trouve ça très joli ; mais franchement, qu’une étoile brille plus ou moins, ça ne me parle pas !!!

Pour les bergers, contrairement à ce que l’on dit en parlant de l’étoile du berger, Dieu va se révéler à eux avec des anges. Ces bergers juifs, ces rejetés de la société de l’époque, savaient parfaitement ce que la présence d’anges signifiait : même illettrés, ils avaient entendu parler de ces anges annonciateurs de la parole de Dieu.


Voilà donc le premier point : Dieu ne commence pas son rapport avec les hommes en disant, par exemple aux mages : « oh les gros vilains qui veulent tout savoir en étudiant les étoiles ! Ne savez-vous donc pas que c’est moi, Dieu, qui suis le maître de l’univers ? » ; ou encore par exemple aux bergers : « Oh les gros vilains avec une réputation de voleurs, repentez-vous et peut-être que vous verrez quelque chose après »…


Les uns sont mages ? Dieu va révéler au monde païen la naissance de son fils par …les étoiles !!!

Les autres sont bergers, vivant dehors ? Dieu va révéler au monde juif la naissance de son fils par des chérubins qui vont voler à cœur joie dehors autour des bergers !!!

Comment mieux traduire « Emmanuel », Dieu avec nous !!!!


Et nous pourtant, nous avons un petit cerveau bien limité quand nous commençons d’abord par la critique des actes ou des paroles des autres en leur disant : « ouh ! Ce que tu fais n’est pas en conformité avec la parole de Dieu ».

Croyez-vous vraiment que les mages auraient fait le voyage si Dieu avait commencé en leur disant : « eh bé, ce n’est pas beau ce que vous faites avec votre trafic d’étoiles ; changez vite de métier et après on en reparlera ». Croyez-vous que les bergers auraient eu envie d’aller adorer le petit enfant si Dieu leur avait d’abord dit : « eh, les rejetés de la société, vous l’avez bien cherché non ? Vous êtes des bandits, des voleurs ; devenez honnêtes, changez de métier, et après on verra »…


Le voilà, l’amour fou de Dieu : La forme lui importe peu dans un premier temps ; au contraire même, Il l’utilise si besoin est pour nous parler, pour nous toucher. Ce qui importe à Dieu, c’est le fonds ; c’est notre âme, notre cœur.

Voilà donc un renversement de valeurs : ceux qui se croient les plus forts, les meilleurs ( comme notre fameux roi Hérode) ; ceux qui ont soif de pouvoir personnel ne sont pas ceux à qui la bonne nouvelle va être tout d’abord confiée. Ceux qui se croient purs devant Dieu, avec une vie bien conforme , comme les scribes et les pharisiens qu’Hérode va convoquer et qui vont « vendre la mèche » ne seront pas non plus ceux par qui le message de salut va arriver.

Tous ceux qui se croient irréprochables devant Dieu n’auront pas besoin de Dieu, venu en personne pour les malades, et non pour les bien-portants.


La Bonne Nouvelle va être confiée pour être annoncée à des orientaux savants la tête dans les étoiles, et à des pauvres hères rejetés par la société à cause de leur super-réputation de voleurs !!!

Voilà un double message : à ceux qui se croient trop dignes et purs devant Dieu, et risquent de se prendre pour une référence, l’autosatisfaction risque de leur faire perdre de vue ce pourquoi Christ est venu : pour nous sauver parce que nous ne pouvons pas par nous-mêmes nous sauver !!!


A ceux qui ne se croient pas dignes d’être en face du Seigneur, pour quelque raison que ce soit, qui ne vont pas à sa table de peur d’un jugement, qui ne se croient pas à la hauteur, il faut ne jamais oublier que le message de la naissance du salut fait chair a été annoncé à des gens vraiment pas dans la lignée irréprochable !!

Alors, vous me direz : « oui, mais quand même, le péché, tout ça, il faut se repentir, faire profil bas… ».

Non…moi, je dis qu’il nous faut d’abord accepter le salut ; ce n’est pas un Dieu de peur qui s’approche de nous ; ce n’est pas un Dieu de jugement qui se fait nourrisson ; c’est d’abord un Dieu d’amour.

La preuve ? Quand les bergers voient les anges, avant d’aller voir le petit enfant, le texte de Luc nous dit : « ils furent saisis de crainte ».

Et savez-vous ce que le texte de Matthieu nous dit quand les mages voient, oui voient de leurs propres yeux Dieu fait chair ? « Ils furent saisis…de joie ».


La voilà la grande nouvelle : Avec la venue de Jésus-Christ, Dieu nous invite à passer de la crainte à la joie !!!

Alors, la crainte, c’est quoi ? La crainte, c’est ne jamais se croire à la hauteur ; toujours se chercher la petite bête dans sa vie pour tenter d’être parfait ; la crainte, c’est avoir peur d’un châtiment de Dieu ; la crainte, c’est ne pas pouvoir trouver le repos de son âme en tombant sans cesse dans la mortification, la flagellation morale, l’emprisonnement permanent.

Passer de cette crainte-là… à la joie. Pourquoi ? Mais parce que le Dieu d’amour vient en personne pour prendre sur lui le poids de nos péchés !!!


Si nous sommes sans cesse perturbés pour savoir si notre vie nos actes nos paroles du jour ont été exactement ce que Dieu attendait de nous…dans ce cas-là, nous n’avons plus besoin d’un sauveur !!!! Nous nous sauvons nous-mêmes !!!

Cette joie-là, elle est merveilleuse ! C’est un sentiment merveilleux qui peut envahir chacun de nous, avec nos vies pleines de soucis ou plutôt calmes, avec nos passés plutôt sombres ou nos histoires mornes.

Dieu nous parle avec ce qui nous touche dans le seul but de nous apporter la joie !

Et c’est alors à nous de passer de la crainte, d’un Dieu lointain et punissant, à la joie d’un Dieu de proximité qui sauve l’humanité entière !!


Enfin, dans ces deux rencontres, celle des mages, et celle des bergers avec Jésus, ceux qui ont des richesses vont les apporter au nouveau-né, nous dit le texte ; tandis qu’il n’est rien dit sur les bergers : ils voient mais n’apportent rien.

En cela, Dieu ne nous demande pas ce que nous n’avons pas. Mais que ce soit les mages ou les bergers, ils prennent de leur temps ; de leur temps pour l’adoration ; de leur temps pour être avec le sauveur de l’humanité.

Je crois réellement que si chacun de nous prend conscience de ce Dieu d’amour qui est venu pour que nous passions de la crainte à la joie, et de la mort à la vie ; oui, si nous prenons conscience que c’est le même qui veut une rencontre personnelle avec nous, je crois pouvoir dire qu’avec ce que nous sommes, avec nos erreurs et nos manquements, avec nos lâchetés et nos mauvais chemins, c’est une grande joie qui nous attend, pour les bons moments de notre vie, comme pour les moins bons.


AMEN !!

Pr Nathalie Paquereau.