Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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Dimanche 29 octobre 2006 
Culte de la Réformation-Gap (05000)

Lectures du Jour :

- Esaïe 55 vers.1 à 11
- Marc 11, vers. 15 à 18

- 1 Cor. 3 vers.11 à 23


Nettoyage d'automne


Pour un nettoyage de printemps, c’est un vrai nettoyage de printemps !

La pâque juive approche, puisque Jésus vient d’arriver à Jérusalem…Pâque juive qui imposait à chaque famille un nettoyage en profondeur de chaque maison, ainsi que de jeter tout ferment hors de chez soi ; symboliquement, de jeter le vieux, l’ancien, pour partir du des bases saines.

En ce dimanche de la réformation, où nous nous souvenons que Martin Luther a affiché ses 95 thèses à Wittenberg, nous n’allons pas nous tourner vers le passé et soupirer avec nostalgie…

Ce texte rapporté par Marc, tout comme l’attitude et les convictions du réformateur Luther, nous invitent à un véritable nettoyage (d’automne !) dans notre vie.

Pour cela, je vous propose un cheminement ce matin avec cinq verbes :


Les verbes CHOISIR ; NETTOYER ; puis CROIRE, DEMANDER et enfin PARDONNER.


CHOISIR :

Nous pouvons tous vivre sans faire de choix. J’entends des choix fondamentaux. Pas des choix de moindre importance comme ce qu’on mangera à midi ou encore quel prochain vêtement on va s’acheter.

Nous pouvons tous vivre ( et bien de nos contemporains le font) au jour le jour, en laissant les événements, les autres, l’habitude, la résignation nous guider. Un peu le « Inch’allah », sorte de fatalisme. Ce n’est certainement pas dans la vision de Dieu, du Dieu de Jésus-Christ, de faire de nous des moutons de Panurge ( ou des moutons de notre société occidentale qui suit bêtement le « Dieu consommation »).

Si nous ne faisons pas de choix, il arrivera forcément un moment de notre vie où nous ferons le point, et où nous serons frustrés, ou aigris, ou emplis de regrets.

OUI, Dieu nous appelle à des choix ; des choix de vie ; des choix relationnels ; des choix quant à nos engagements ; des choix quant à la manière dont nous voulons orienter nos vies.

Dieu nous invite à nous arrêter, et à nous demander, qui que nous soyons, quel que soit notre âge : « est-ce que j’ai la conviction, profonde, véritable, que ma vie a du sens ? ».

Là, forcément, si l’on se pose véritablement, profondément, intensément, honnêtement la question, des choix, parfois douloureux, vont s’imposer comme essentiels.

Nous ne sommes pas appelés à remplir juste notre estomac trois fois par jour.

Le sens de notre vie n’est pas « juste » de rapporter une paie à la maison.

Les Proverbes l’annonçaient déjà : « Mieux vaut une maison sans pain , avec la paix, qu’une maison triste pleine de viande ».

Nos choix ne sont pas à faire avec le seul critère économique. Certes, nous avons besoin de manger, de faire manger nos familles. Mais le travail, et son fruit, ne sont que des moyens, pas des fins.

Des choix sont donc à faire dans nos vies pour devenir de véritables acteurs, actifs de nos vies.


NETTOYER

Vient alors le deuxième verbe : « NETTOYER ».

Jésus se met en colère… pas beau, n’est-ce pas ?!!

Pourtant, cette colère est porteuse de vie. Ce temple de Jérusalem n’était pas destiné au commerce ; ce n’était pas le marché du samedi ou la halle au grain !!

Le temple, c’était le lieu de la relation à Dieu ; le lieu où l’Homme venait se ressourcer ; le lieu où la créature venait remercier le Créateur et prendre sa nourriture spirituelle…

Ce temple-là était devenu un mélange de tout et de rien… peut-être un peu comme nos vies…

Paul, l’apôtre, nous dit que maintenant, c’est nous le Temple de Dieu, de son Esprit.

Alors, oui, il y a un nettoyage à faire dans nos vies. Oh ! Absolument pas à la manière culpabilisante du style « Il y a des choses dans votre vie qui ne sont pas « conformes »…bla bla bla »…

Quand on fait le ménage dans sa maison, c’est parfois difficile ; il faut trier, jeter ce qui encombre, ce qui est devenu trop vieux, trop poussiéreux… mais à la fin, quel bonheur de mieux circuler, mieux respirer, mieux vivre tout simplement !

Là, ce nettoyage de nos vies est pareil : il consiste à faire le tri dans nos activités, dans nos choix personnels, dans nos manières de vivre, dans notre façon d’envisager nos relations aux autres ; dans ce que nous avons parfois dans les tripes mais qui se laisse envahir par tout autre chose ( la peur ; le raisonnable ; le quotidien…)

Nettoyer, et orienter nos vies vers nos priorités, c’est vraiment mettre le cap sur un sens à notre vie.

Alors viennent les deux verbes suivants, ceux qui sont capables de nous mettre en marche, et de nous dire : oui, mes choix de vie, le sens de ma vie, il est réalisable.


CROIRE et DEMANDER.

Mais n’est-ce pas retomber en enfance ? Je vous ai dit juste auparavant qu’il nous faut faire nos choix, nos choix responsables de vie, pour un sens, pour un monde meilleur, pour un monde de sens, et on a alors l’impression de retomber dans le spirituel, celui qui n’agit pas, celui qui demeure statique et nous maintient dans un état puéril…

C’est mal comprendre.

L’affaire du figuier que Jésus a maudit, et qui est rapporté juste avant les deux verbes « croire » et « demander », est bien là pour nous secouer, nous remuer :

Ce qui ne porte pas de fruit est mort, sec. Lève-toi, choisis de porter du sens, choisis de sortir de ton train-train protecteur et suffisant, debout pour porter du fruit, même si ce n’est pas la saison.

…Et pourquoi pas la saison ? Vous trouvez, vous, que c’est la saison, dans notre société, de faire vraiment ce qu’on a au plus profond de notre cœur ? Vous trouvez que c’est dans l’air du temps de vouloir laisser une belle planète à nos enfants ? Vous trouvez que c’est à la mode de vouloir apporter aux autres, que ce soit au travers des arts, au travers d’une main tendue, au travers d’un sourire ou d’un pain partagé… ?

CROIRE et DEMANDER, c’est avoir la folie de penser qu’un changement est possible ; et que ce sens profondément inscrit dans nos tripes est envisageable…parce qu’il y a un Dieu, un Dieu de vie, un Dieu de sens, un Dieu qui aime l’homme et veut des hommes, des femmes qui aiment ce monde et arrêtent d’être frileux, renfermés et concentrés sur leur liste des courses…

Alors, oui, je peux vous certifier que si on fait un tant soit peu confiance à Dieu ( confiance ayant même racine que croire), en se disant qu’Il a voulu un monde beau, solidaire, agréable à vivre, alors, je pense vraiment qu’on peut compter sur Lui, sur sa présence quand on baisse les bras ; sur son action quand on se met debout ; sur sa force quand on se décide à aimer les autres et non plus son seul nombril. Et là, on peut DEMANDER.

Alors, certains vont dire : « mais moi, j’ai demandé et j’ai rien reçu ! ».

Mais on demande quoi à Dieu ?!!! Est-ce qu’on ne Le prend pas pour la tirette à bonbons, ou le dispensateur de nos quatre volontés ?. Nos demandes, elles sont pour les autres, pour un sens, pour nous donner la force de nos choix, ou bien pour un frigo rempli, pour gagner au loto, et pour avoir une vie bien tranquille ?!!!


PARDONNER

Alors, vient le dernier verbe, qui peut sembler curieux au milieu des autres : le verbe « PARDONNER ».

Le pardon, étymologiquement, c’est le don au-dessus de tous les dons.

Je crois que c’est le verbe de la relation à l’autre par excellence.

Pardonner, c’est accepter que l’autre, comme moi, se trompe. C’est lui redonner sa chance.

Mais que vient faire ce verbe dans l’histoire ?

Je crois qu’on ne peut trouver le, LE sens de sa vie, qu’on ne peut se mettre debout pour mettre en œuvre ce qu’on a dans le cœur, si on a ce même cœur rempli d’amertume, de rancœur et de vieilles histoires qui nous pourrissent la vie. On ne peut en même temps vouloir aimer les autres, aimer la terre, aimer le monde, aimer « en grand » et en même temps en vouloir à son voisin, à son conjoint – ou ex-conjoint-, à ses parents, à ses enfants…


On doit certainement là aussi faire du ménage dans nos sentiments, dans nos envies de vengeance, dans nos regrets et nos échecs. Donner un grand coup de balai dans ce qui nous enchaîne pour être libre. Enfin, libre ; et arrêter de tout calculer. L’amour ne se calcule pas.


Alors, c’est parti pour nous : à nous de choisir ; à nous de nettoyer ; à nous d’y croire ; à nous de demander ; à nous de pardonner. Et je vous le dis, si vous le faites, vous connaîtrez le bonheur. Le vrai.


Amen !!


Nathalie PAQUEREAU