Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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Dimanche 17 juin 2007

Culte à Gap(05)

Lectures du Jour :

2 Samuel 12, 1-14

Luc 7, 36 à 8, 3

Galates 2, 16-21



Fête de Paroisse


Maman, à quoi ça sert, la guerre ? Thomas, huit ans, vient de demander ça à sa maman. Sa maman, en train de cuisiner, lui répond : « ben, à rien ! ». « Mais alors, maman, pourquoi ça existe ? »« Bon, Thomas, va demander ça à papa » dit la maman plongée dans la surveillance de sa quiche au four. « Papa, relance Thomas. A quoi ça sert la guerre ? ». Le papa aurait bien voulu lire son journal tranquillement. Il vient de lire l’article sur les quarante cinq ans de cessez-le-feu de la guerre d’Algérie ; il a déjà lu les détails du dernier raid israélien sur le Liban; il est rapidement passé sur le nombre de morts en Iraq parce que c’est quotidien, et il s’apprête à lire les attaques à la machette des rebelles soudanais au Darfour.


« Pourquoi tu me parles de la guerre, Thomas ? Y a plus de guerre ! C’est encore papy qui t’a raconté des histoires de sa jeunesse ? Chaque fois qu’on se rapproche du 6 juin, c’est pareil ! Allez, va jouer avec ton action-man…à la guerre !! ».Thomas repart un peu déçu. Il va voir son frère Quentin ; « Quentin, à quoi ça sert la guerre ? ».Quentin, lui, a des choses à dire. « La guerre, ça sert à tuer les autres quand t’es pas d’accord avec eux ! ».Ah ! C’est donc ça !! Quand tu n’es pas d’accord, poum, tu tires, et tu tues ! C’est vrai qu’il a entendu à la télévision l’histoire d’un jeune qui s’était disputé avec un autre et qui l’a attendu à la sortie du lycée pour le tuer…Et avant-hier, il a aussi entendu qu’un juge s’était fait poignarder par une femme qui n’était pas d’accord avec la décision rendue…


Thomas continue : « dis Quentin, quand même, y a pas d’autre solution que de tuer si on n’est pas d’accord ? ». « Ben…non ! si tu veux garder la face, t’as pas le choix ; sinon, tu perds ton temps et en plus tu te fais écraser ».

Thomas, ça l’embête un peu qu’il n’y ait pas d’autre solution. Il va alors dans sa chambre ; et à vrai dire, il n’a pas très envie de jouer avec ses action man ; parce qu’au bout du compte, c’est toujours action man qui gagne, c’est vrai ; mais action man, quand tout le monde a été tué, il se retrouve tout seul. Et c’est triste d’être tout seul si on a tué tout le monde !!! Alors, Thomas prend un livre que lui a offert sa marraine ; c’est une Bible illustrée. Alors, Thomas se plonge dans le récit.


Franchement, le coup de l’autre joue qu’on doit tendre, c’est un peu fort non ? Une fois, ça lui est arrivé de se battre dans la cour ; il n’était pas fier après parce qu’il a eu une punition et qu’il a du faire signer son cahier de liaison… Il avait peur d’être grondé…On lui avait piqué son goûter, il n’allait pas se laisser faire quand même !! Mais son père ne l’avait pas grondé ; T’as raison mon fils, te laisse pas faire.

Thomas, il a un gentil cœur. Il n’aime ni les disputes, ni la bagarre. Il aime…la douceur. Pour un garçon, c’est nul. Son frère Quentin n’arrête pas de le lui dire. Il lui dit : « t’es trop nul toi ; quand les autres verront que tu ne te défends pas, tu vas devenir leur souffre-douleur. »Thomas, il n’aime aucune forme de violence. Quand son papa est au volant, Thomas n’apprécie pas toutes les insultes que son père profère systématiquement. Il n’est pas ravi non plus de ne plus voir ses cousins, parce qu’il y a eu une grosse dispute entre les parents et que depuis, ils ne se parlent plus. C’est sûr, chacun dit avoir raison…


Quentin son frère lui dit aussi qu’il faut se défendre…Si tu ne te défends pas, si tu laisses faire, tiens, tu finis…tu finis…Et bien justement, tu finis comme Jésus ! Tu vois, il était tout gentil ; rappelle-toi à l’école biblique le coup des rameaux : Jésus sur son petit âne. Les gens aussi ils étaient contents ; ils lançaient des branchages et des vêtements pour que la route soit plus douce pour les pattes du petit âne. Mais le vent a tourné. « Jésus, il était trop gentil, lui dit parfois son frère Quentin. Moi, j’aurais été lui, j’aurais pris tous mes disciples, je leur aurais donné une épée à chacun, et ouaouh, j’aurais pas fini comme lui ! ».


Thomas tourne la page de son livre ; l’illustration montre Jésus sur une croix. Son grand-père lui a appris un jour que le mot « crétin », c’est un dérivé de « chrétien ». Parce que les chrétiens du début, ils se laissaient faire… Alors, forcément, il leur arrivait malheur. Quel monde cruel tout de même, pensait Thomas… Il avait lu un livre qui racontait l’histoire de grands personnages qui avaient marqué l’histoire : il y avait un certain Martin Luther King, un pasteur noir des Etats-Unis, qui voulait l’égalité de tous les hommes et parlait de non-violence…Il avait même noté dans son cahier une phrase de lui qu’il aimait bien et qui disait : « rendre coup pour coup, c’est propager la violence, rendre plus sombre encore une nuit déjà sans étoiles. Or, les ténèbres ne peuvent se dissiper par elles-mêmes. C’est la lumière qui les chasse. De même la haine ne supprime pas la haine. Seul l’amour y parviendra. C’est là la beauté de la non-violence : libre d’entraves, elle brise les réactions en chaîne du mal. » Oui, Thomas trouvait beau ce texte. Martin Luther King, non violent…mort assassiné. Et puis un autre, appelé Gandhi, en Inde. Qui parlait de non-violence, qui disait que la paix est le seul combat qui vaille d’être mené… mort assassiné. 


Thomas se dit que vraiment, vouloir la paix, c’est prendre des risques de mal finir !! Notre monde entier est en proie à la violence, et au droit du plus fort. Ca s’appelle la loi de la jungle. Ca s’appelle hurler avec les loups. Gandhi disait : « œil pour œil rendra le monde aveugle ».Thomas ressentait quelque chose en lui-même. Il sentait que Jésus, acclamé le jour des rameaux, roi de la fête pour un jour, serait comme ce M. Carnaval qu’on brûle en lui mettant sur le dos toutes nos bêtises. Et il se demandait pourquoi, après cette fête des rameaux où il avait toute la foule avec lui, il ne s’était pas rebellé à son procès ; pourquoi il s’était laissé faire, laissé cracher dessus, fouetter… Roi d’un jour, et mis à mort cinq jours après. Oui, mais comment faire passer un message d’amour si on cherche soi-même vengeance ? si on se rebelle pour sauver sa peau ? Dommage, se dit Thomas, qu’il y ait si peu de gens qui croient en la paix ; si peu qui essaient de la vivre chaque jour en ne répondant pas aux agressions… Ça changerait sûrement le monde si chacun y mettait du sien…


Alors, là, Thomas comprit… Si Jésus s’était laissé faire, à la croix, c’était certainement pour témoigner au monde que la violence ne sert à rien, et qu’elle n’empêche pas les messages de paix de circuler… 2000 ans après Jésus acclamé aux rameaux, c’est une part en nous qui recherche cette paix, qui y croit, qui espère en un monde de douceur et d’amour où tous les hommes vivraient en bonne entente en se respectant. 


Mais la croix cinq jours après, c’est tout ce qu’il y a de mauvais en nous qui a rattrapé l’humanité : la soif de pouvoir ; l’envie de faire taire celui qui parlait d’amour et de paix. Alors, Thomas, du haut de son âge, il a pris une grande décision : il a décidé de croire à la paix possible dans le monde. Il a décidé que ça commencerait par lui ; non, il ne répondra plus aux insultes dans la cour ; non, il ne cherchera plus à avoir toujours raison à la maison ; non, il ne cherchera plus toujours en premier son intérêt. Au moins, se dit Thomas, Jésus ne sera pas venu pour rien si je vis comme ça, en voulant la paix. 


Alors là, Thomas, il a entendu au fonds de son cœur une petite voix, légère comme le souffle, douce comme la brise, mais en même temps forte comme le vent, qui lui disait : « dans ta décision de vivre en paix avec les autres, Thomas, tu ne seras pas seul ; je serai avec toi, je te le promets ».Vivre en paix avec les autres…Thomas avait le cœur joyeux ; il venait de comprendre que vouloir écouter Jésus, vouloir le suivre , ce ne serait peut-être pas facile tous les jours, mais que ce même Jésus l’accompagnerait tous les jours de sa vie pour changer le monde .Et si nous aussi, nous devenions des hommes, des femmes et des enfants de bonne volonté, ayant envie aujourd’hui de crier à Jésus sa joie, et de lui dire chaque jour : « Seigneur, aide-moi à ne pas rendre les coups ; aide-moi à ne pas insulter les gens ; aide-moi à ne pas me venger ; aide-moi à ne pas avoir de rancune, de rancœur, de haine » ?. A coup sûr, le monde changerait.


Amen !


Nathalie PAQUEREAU