Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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Dimanche 13 décembre 2015

Trescléoux (05700)

Textes bibliques:

Sophonie 3,14-19

Luc 3, 10-18

Philippiens 4,4-7


« Nous sommes dans le Royaume de Dieu »

L’histoire de Jean le Baptiste commence au début du chapitre 3 de l'Evangile de Luc :

La parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie dans le désert. Il vint dans toute la région du Jourdain, proclamant un baptême de conversion en vue du pardon des péchés comme il est écrit au livre des oracles du prophète Esaïe : « Une voix crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; Les passages tortueux seront redressés, les chemins rocailleux aplanis ; et tous verront le salut de Dieu. » Et c’est Jean le baptiste qui fut cette voix, dernier prophète avant le ministère de Jésus .

L’on venait de Jérusalem, de la région du Jourdain et de toute la Judée pour se faire baptiser par lui dans le Jourdain en confessant publiquement ses péchés. Et Jean leur disait: « Engeance de vipères, qui vous a montré le moyen d’échapper à la colère de Dieu qui vient ? Produisez donc des fruits qui témoignent de votre conversion. » 

Et, comme nous l’avons lu plus loin, à partir du verset 10, les foules demandaient à Jean : «  Que nous faut-il donc faire ? ». La réponse de Jean était étonnamment calme et en fait très générale. : « Si quelqu’un a deux tuniques, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; si quelqu’un a de quoi manger, qu’il fasse de même. ». Il disait aux collecteurs d’impôts de ne pas exiger plus que prévu, aux militaires de ne pas tirer avantage de leur force. En fait, c’est simplement, quelque peu détaillé, le second commandement : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». L’on est très loin de ce qu’était devenue la loi de Moïse à cette époque, une suite de préceptes pour la vie quotidienne, modulée par les jours de l’année, dont la justification et la signification étaient souvent ignorées.

Par ce baptême de purification, par ces préceptes simplistes par rapport à la loi, il était déjà différent et attirait les foules qui se demandaient s’il n’était pas le Messie, au sens national et politique, c’est-à-dire le futur roi d’Israël tant attendu. Mais il les détrompait. : « Moi, je vous baptise d’eau mais il vient celui qui est plus fort que moi et je ne suis pas digne de délier la lanière de ses sandales. Lui il vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. »

Et il ajoutait cette phrase : « Il a sa pelle à vanner à la main pour nettoyer son aire et pour recueillir le blé dans son grenier ; mais la bale il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas ». C’est une manière de parler du jugement dernier et je pourrais traduire ainsi : il séparera les bons des méchants et ces derniers seront jetés dans le feu de l’enfer.

Est-ce vraiment la bonne description du Jésus qui est venu, du Jésus dont les évangélistes nous racontent la mission sur terre ? Par certains aspects, quand nous parlons du Jésus que nous aimons, nous en parlons comme Jean Bap­tiste en parle: plus puissant, baptisant dans l’Esprit saint et dans le feu alors que nous nous contentons d’eau…

Jésus est venu et n’a pas frontalement contredit Jean. Comme lui, il a dit « partage avec celui qui n’a pas ». Comme lui il a dit de faire aux autres ce qu’on aimerait recevoir. Comme lui, il a appelé à se tenir droit et juste, sans chercher à traficoter de ci de là. Comme lui, il a rappelé qu’on ne pouvait servir deux maîtres. Comme lui, il a rappelé que la confiance en Dieu nous donnait ce qui est le plus précieux, le don suprême que nous recevons, un amour sans limites.

Mais alors qu’y a-t-il de changé entre l’un et l’autre ?

Eh bien Jésus n’a pas répondu à tous les désirs exprimés par Jean. Il n’a baptisé ni d’Esprit saint ni par le feu et, en fait, il n’a apparemment pas baptisé. Il a comme Jean été courroucé de certaines pratiques infamantes pour Dieu, mais il s’en est pris au système du temple et des sa­crifices sans s’en prendre aux marchands eux-mêmes. Il a mangé aux tables des publicains. Il aurait pu imposer une nouvelle Loi, rendant caduques les prescriptions de Moïse, mais répondant à la logique humaine. Il a préféré laisser l’homme libre de sa conduite, sous le regard de Dieu.

Jean va disparaître pour laisser la place à Jésus. Le Messie qui arrive en la personne de Jésus ne se met pas à trier le bon grain de la bale, avec sa pelle à vanner, comme le promettait Jean. C’est le péché qu’il se propose de détruire et non pas les pécheurs et c’est une opération permanente, qui n’exige ni outil ni feu qui ne s’éteint pas, et peut être effectuée en tout temps, sans attendre un hypothétique Jugement dernier.

Je fais partie d’un groupe étrange qui ne pense pas que le Royaume de Dieu arrivera comme s’il y avait eu un avant -sombre- et un après -lumineux-. Pour moi, ce qu’on appelle « Royaume de Dieu » est de l’ordre d’un état d’esprit. C’est la situation dans laquelle on entre quand on a compris que Dieu nous connait et nous garde, que nos péchés sont pardonnés et que le Christ, ressuscité, est revenu parmi nous. Cela ne change rien au fait que le monde se comporte mal, qu’il y a des drames, des attentats, des guerres et des massacres. Mais dans tous ces épisodes, il y a toujours eu aussi des Justes.

C’est le péché de l’homme qui est haïssable et non pas lui-même. Et notre regard est tourné vers la compassion et non plus vers le jugement. Notre regard est tourné vers le monde et non contre le monde.

Aujourd’hui encore, beaucoup de chrétiens se tiennent en retrait par rapport à cette audace de l’évangile. Il en est encore qui croient que le péché colle tellement à la nature de l’homme qu’on ne peut détruire l’un sans l’autre. C’était sans doute la position de Jean Bap­tiste esquissée dans ce baptême de repentance. Mais la Bonne Nouvelle annoncée par Jésus est bien que Dieu nous aime et que nos péchés sont pardonnés. Et les suiveurs de Jean le baptiste se demanderont toujours s’il était vraiment Celui qui était attendu .Oui, Jean a disparu, il était l’homme du passé. Jésus était le futur et est donc toujours le présent.

Pour quiconque cherche Dieu, la seule porte à ouvrir est celle de son cœur et aucun humain n’a le pouvoir de la fermer. La seule chose nécessaire est de mettre sa bonne volonté au service de Dieu et  de s’ouvrir aux autres, Dieu fera le reste ! C’est apparemment bien simple à faire, mais beaucoup de croyants ne l’ont pas encore compris et amassent sur la conscience des autres des obligations que Dieu n’exige pas. Beaucoup n’ont pas encore  compris  que c’est Dieu qui ouvre les portes en venant vers les hommes et qu’il ne les ferme jamais. Il n’est donc pas besoin de dire des choses compliquées pour deviner  que la suite du chemin avec Dieu n’est pas difficile à trouver.

Et ma conclusion sera dans l’épitre de Paul aux Corinthiens, chapitre 4, versets 4 à 7 :

« Réjouissez-vous dans le Seigneur en tout temps ; je le répète, réjouissez-vous. Que votre bonté soit reconnue par tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne soyez inquiets de rien, mais en toute occasion, par la prière et la supplication accompagnées d’actions de grâces, faites connaître vos demandes à Dieu. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ »

Nous sommes dans le Royaume de Dieu !

Amen !


Jean Jacques Veillet