Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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DIMANCHE 11 JUILLET 2010 
 Culte avec Baptême à Gap (05000) 
Lectures du Jour :

Luc 12, 23-34

Matthieu 18,10-14





Histoire d’un troupeau


Ce matin, nous sommes dans le domaine pastoral; dans les moutons; avec le berger; alors, je vais vous raconter ce matin l'histoire d'un troupeau.

Une histoire de troupeau; surtout, plusieurs histoires de moutons.

Les moutons, c'est nous tous, et chacun d'entre nous. Toute ressemblance avec des personnages existants n'est que pure coïncidence! .Dans chaque troupeau, c'est exactement la même chose!Et le berger, c'est Jésus-Christ, le BON BERGER.

Je précise, comme dans les récits télé, que toute ressemblance avec des moutons de ce troupeau ci gapençais est fortuite et issue de votre imagination!!!!

Il était une fois, mais une fois vraie, pas comme une histoire de contes de fées!, une fois donc, un troupeau de moutons. Un bon petit troupeau, composé de moutons de toutes sortes: il y avait là de vieux moutons, depuis longtemps dans le troupeau. Il y avait quelques agneaux, joyeux et plein de vie. Il y avait des moutons rapportés

D’autres troupeaux, qui avaient su faire leur place dans le troupeau de base. On trouvait aussi des brebis de passage, heureuses de venir brouter une herbe à la saveur différente de leur pâture habituelle; revenant pour certaines chaque été, parce que le climat et les soins prodigués sur le territoire de ce troupeau-là étaient réputés dans tous les coins de la France.

Un troupeau sympathique donc, varié, avec surtout, et c'était capital, un berger vraiment compétent...Un...Un bon berger. Et ça, c'est tout de même crucial, un bon berger qui prend soin de ses brebis.

Et voici l'histoire de quelques unes de ces brebis, quelques uns de ces moutons.

Il est vrai qu'ils se ressemblaient à peu près tous; ils venaient presque tous du même milieu: une bonne race de moutons bien nés. Mais à les regarder de près, ils étaient tout de même bien différents. Je vous raconterai l'histoire de quelques uns d'entre eux.

Tout d'abord, dans ce troupeau, il y a les moutons plutôt dociles. Les moutons dociles, ce sont ceux qui écoutent toujours la voix du berger; quoi qu'il en soit, quelles que soient les difficultés, une seule et même assurance, le berger est là qui montre la route, il faut la suivre. Point. Des vrais moutons. Remarquables!!

Et puis, il y a quelques moutons qui suivent le berger, mais sans vraiment savoir ce qu'ils suivent. Vous savez, ils suivent les autres. La vie est une sorte de fatalité. Et au fonds, ils suivent le berger surtout parce qu'ils ont envie de ne pas être tout seuls; pour être avec d'autres moutons; manger un peu de prairie ensemble; passer le temps un peu morne et triste. Oui, passer le temps.

Et puis, il y a quelques moutons qui veulent imposer leur vision au troupeau: de notre temps, ce n'était pas comme ça; ah, pôvre église — heu non- pâturage ! Vous êtes dans l'erreur. Et ces moutons de menacer:" si vous ne changez pas, petits amis, je quitterai le troupeau qui n'est pas digne de ma présence."

On y trouve également le mouton " traîne patte"; c'est celui qui a toujours mal partout et attend de tout le troupeau qu'il prenne bien soin de lui en permanence, écoutant toutes ses exigences; au besoin, il fera un peu de chantage en disant que pour être un peu soulagé, il faudrait qu'on l'écoute un peu plus, qu'on prenne plus de temps pour lui, pour venir dans son petit coin de bergerie.

Il y a aussi le mouton-papillon: lui, il n'a pas décidé réellement quelle prairie lui semblait être la meilleure. En fait, il n'a pas compris que le berger est le même pour tous les troupeaux, et que ce n'est pas du tout la nourriture qui change, mais juste le goût de l'herbe!!

Nous y trouvons aussi le mouton passif. Lui, il est bien content d'être là, parce qu'il trouve la prairie conviviale. Mais quand on lui demande son avis, il n'a aucune idée; n'a rien à dire; se contente de ce qu'il a ; et ne cherche pas à améliorer les choses: on peut dire que c'est le mouton consommateur, qui broute, qui broute, qui broute, mais ne veut pas admettre que le troupeau a besoin de lui. N'a pas compris qu'un troupeau, ce n'est pas un supermarché, mais une vraie vie...communautaire.

Ah! Et puis, il y a le mouton qui a tout vu, tout entendu, tout essayé; et qu'il faut obligatoirement écouter parce qu'il a LA vérité ....I1 en arriverait même à donner des conseils de gestion au berger, et à lui dire ce qu'il faut dire ou faire!!

Il y a la brebis "presque" modèle: on la voit partout dans le pâturage; tout le temps; elle est fidèle à tous les rendez-vous pour parler du berger; un vrai pilier de troupeau; elle est là; elle est là. Mais elle n'a pas tout à fait compris, cette brebis-là, elle a un problème: elle digère trop vite! A peine partie du pâturage, elle n'a plus rien dans l'estomac de son âme; plus aucune nourriture pour nourrir sa vie et lui donner un sens. Elle n'a pas intégré qu'il lui faut garder de cette précieuse nourriture pour chaque instant de sa vie. Alors, quand vient le temps de la sécheresse, ou de l'orage, ou le loup qui rôde et en veut à sa vie; bref, quand elle rencontre une difficulté, une vraie, elle ne puise pas dans ses réserves qu'elle n'a pas;, mais qui lui auraient donné des forces, des ressources au sein même de la difficulté. Et un jour, pof, elle disparaît du troupeau...

Il y a aussi le mouton qui prend du recul, critique sur l'attitude des autres moutons ou préoccupé par bien trop d'autres choses tout simplement Et qui prend tellement de recul qu'il perd la trace du troupeau, et ne sait plus, ou n'ose plus le rattraper quand tant de distance l'a mis au large...

Et aussi le mouton un peu loup; celui-là, il a la langue bien pendue et il se lèche les babines des méchancetés ou des bêtises qu'il peut dire sur les autres moutons, en tentant même parfois de monter les moutons les uns contre les autres. Il est dans le pâturage par habitude; ou par peur de la solitude. En fait, il est peut-être bien avec les autres; mais dire du mal des moutons qui l'entourent est devenue une tellement grande habitude qu'il ne s'en rend même plus compte!! Et après, ce pauvre mouton, qui en fait est à plaindre, s'étonne d'être laissé tout seul, dans son coin.

Il y a aussi la brebis exigeante; celle-là, elle a l'impression d'être la seule, et elle veut que tout le troupeau prenne du temps pour elle; elle a ses exigences vis-à-vis du troupeau, dans ses activités; mais elle ne vient même pas quand le troupeau a tout fait pour la satisfaire.

Il y a aussi le mouton fatigué de sa semaine; alors le jour où le berger conduit le troupeau brouter une belle, bonne herbe verte , lui préfère dormir, fatigué qu'il est; et il ne se rend pas compte que ce n'est pas son estomac qui risque de se dessécher, mais son âme.

Et aussi le mouton très, très timide; tellement timide cette brebis qu'elle n'ose pas se mêler au troupeau; pourtant, l'herbe verte lui ferait tellement de bien...

Et puis voici le mouton qui conteste sans cesse l'autorité du berger: "est-il vraiment berger? ou bien est-ce un quelconque envoyé de son père? et est-ce qu'il est bien prêt à donner sa vie pour ses brebis? Et au fonds, est-ce que ce n'était pas un imposteur? Et est-ce qu'il fait vraiment un avec son père...etc. etc.»

Il y a la brebis-convivialité: elle, ce qui compte, ce n'est pas tant ce que le berger veut comme projet de vie pour ses moutons; elle entend tranquille les bons conseils de vie " tu aimeras les autres brebis comme toi même, etc.", mais elle attend du troupeau juste un partage de casse-croûte. Et elle ne se rend pas compte que le message du berger, c'est ça qui donne du sens à sa vie!

Il y a aussi la petite brebis, le petit agneau, mais hélas tellement de papa et maman moutons ont tellement d'autres priorités pour leur progéniture qu'ils ne pensent pas qu'il est bon qu'ils fassent partie du troupeau... et l'agneau grandit sans connaître ni troupeau ni surtout la voix du bon berger...

Et puis le jeune broutard au milieu des moutons d'un autre âge; qui ne se sent pas exactement à sa place dans cette bergerie, mais pourtant sent que la parole du bon berger, c'est fort ! Et qui ne se rend pas compte que sans sa présence, l'église, non, le troupeau ne pourra pas changer!

Parmi tant d'autres moutons, il y a les moutons "double vie": ceux-là sont merveilleux au sein du troupeau; sympathiques; agréables; on leur donnerait le bon Dieu...enfin, le berger sans confession!! Mais en dehors du troupeau, ils sont exécrables; grognons; intransigeants; insupportables; aigris; mauvais témoignage!

Enfin, le mouton "bonne volonté", qui a envie de suivre le berger; oh ça, il l'aime son berger; mais sa devise, c'est un peu la chanson "aujourd'hui peut-être...ou bien demain", parce qu'il se laisse déborder par le quotidien et bien d'autres choses encore!

Tous différents, ces moutons! C'est incroyable! Et c'est tant mieux! Chacun a son caractère; chacun vit différemment des autres, avec des vies plus ou moins faciles; avec des charges plus ou moins lourdes...

Pas de jugement pour tous ces moutons qui composent le troupeau; mais juste un mot d'ordre que je relis dans Matthieu (18/11) : " le fils de l'homme est venu chercher ceux qui étaient perdus".

Alors, brebis que nous sommes, avec nos bons et mauvais caractères, avec nos paroles rudes ou nos gestes fraternels, avec nos vies sans soucis ou nos quotidiens tourmentés par la maladie ou la mort, doutons-nous? Doutons-nous encore qu'il puisse avoir le dernier mot, même sur les situations les plus difficiles, les plus douloureuses? Alors, petites brebis que nous sommes, doutons-nous que le message du Christ puisse bouleverser nos vies? Doutons-nous encore que la conversion, le changement total pour une confiance véritable soit la clé de la vraie vie? Douterons-nous encore que l'Eglise soit d'abord là pour annoncer et partager cette bonne nouvelle?

"Votre Père qui est dans les cieux ne veut pas qu'un seul de ses petits se perdent" (Matth.18/14)

Alors, nous tous petits moutons, notre foi serait-elle encore mollassonne? Nos doutes nous mangeraient-ils notre espérance? Douterions-nous que même dans la mort, Dieu est le puissant vainqueur?

"Mon Père me les a donnés, et mon Père est plus puissant que tout". (Jean 10/29)

Si nous tous, ensemble, nous laissons enfin aux vestiaires nos flemmes ou nos réticences, ou encore nos envies de posséder la vérité; ou bien nos espoirs de voir les églises se transformer en gentils petits clubs. Oui, si ensemble, nous nous mettons à croire que même dans la douleur, même dans l'épreuve, même au cœur de la souffrance, DIEU EST LA, VAINQUEUR; oui, si ensemble nous nous mettons à prier pour que Dieu touche les coeurs; si nous nous mettons à prier pour que nos projets pour la gloire de Dieu aboutissent; alors, avec nos défauts et nos qualités, avec nos personnalités diverses, nous ferons non seulement ensemble la volonté de Dieu; mais encore chacune de nos vies changera, parce que chargée d'une assurance: Dieu est là, qui veut guider nos vies. Dieu est là, dans nos vies. « Ne crains pas petit troupeau, car je t'ai racheté » (Luc 12/32). Aujourd'hui.


AMEN !


Nathalie PAQUEREAU