Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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Dimanche 18 Juillet 2010

Culte à Gap (05)

Lectures du Jour :

Genèse 18, 1-10

Luc 10, 38-42

Jacques 5, 1-6


Ecouter la Parole du Seigneur


Ah ! Cette histoire, elle paraît tellement injuste à celles qui font tout pour bien recevoir leurs hôtes ! Ah ! Marthe et Marie. Deux femmes qui ont reçu Jésus dans leur maison. Qui ont eu une attitude différente. Les deux ont voulu bien faire, elles n'avaient pas de mauvaise volonté, elles voulaient faire ce qui leur semblait juste.


Et à l'une, il s'agit de Marthe, Jésus dit qu'elle s'inquiète de beaucoup de choses, et à l'autre, Marie, il dit qu'elle a choisi la bonne part. Quel est donc le message que nous pouvons recevoir ce soir ?

En général, les gens veulent faire le bien. Bien faire les choses, pour leur famille, leurs enfants, leur métier, leur religion, et Dieu. Et même ceux qui ne croient pas en Dieu, ils désirent faire le bien.


Les gens essaient de bien faire. Et c'est bien de reconnaître cela, leur dire cela, même s'ils se trompent. Nous avons la fâcheuse habitude de tout de suite condamner, critiquer ou juger ceux qui ne font pas juste à nos yeux, ou qui ne croient pas comme nous.

Regardez donc ce que fait Jésus dans ce récit. Est-ce qu'il dit à Marthe : C'est tout faux ce que tu fais. Part-il en claquant la porte pour critiquer ? Non, il lui dit simplement ce qu'elle fait: Tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses.

Un deuxième point que l'on voit dans le texte, c'est qu'il ne suffit pas de vouloir faire le bien pour effectivement choisir la bonne part aux yeux de Dieu ou de Jésus. Jésus dit : » une seule chose est nécessaire », et il continue, Marie a choisi la bonne part. Autrement dit, Marthe n'a pas choisi la bonne part.

On peut vouloir faire le bien, servir Dieu, et choisir la mauvaise part ; et ne pas agir avec la sagesse de Dieu. Vous connaissez l'histoire des églises, les atrocités commises au nom de Dieu, beaucoup de gens pensaient faire ce qui est juste, mais ils agissaient juste à l'encontre de l'amour de Dieu. Mais sans aller jusque là, à ces extrêmes, aujourd'hui aussi, nous pouvons penser faire ce qui est la meilleure part, et nous tromper au sujet des plans de Dieu.

On peut penser faire et croire juste, et avoir choisi la mauvaise part. Mais alors me direz-vous, comment savoir que nous sommes dans le juste dans notre compréhension?


Comment savoir, reconnaître nos pensées et nos chemins ? C'est le danger dans la vie et dans la vie de foi. Penser que tout ce que l'on pense est vrai, et que ce sont les autres qui se trompent lorsqu'ils pensent différemment. Mais Que faire pour découvrir si nous avons choisi la bonne part ?

. Eh bien comme Marie dans ce récit, nous mettre aux pieds du Seigneur et écouter sa parole. Nous mettre aux pieds du Seigneur. C'est le premier élément. Est-ce que je suis prêt à me mettre aux pieds du Seigneur, reconnaître que c'est lui le Seigneur, celui qui règne, aussi dans ma vie, mes pensées, mes conceptions, ou est-ce que je veux imposer mes vues même à Jésus? Est-ce que je reconnais l'autorité des paroles du Seigneur pour ma vie ? Ou est-ce que je pense que mon cerveau est si bien développé que je sais mieux que la bible ce qui est juste et sage ? C'est vrai que Dieu nous a donné la capacité de réfléchir, et c'est bien de réfléchir, aussi au sujet des textes bibliques, mais la question qui reste est celle de l'autorité. Autorité de la parole de Jésus, ou autorité de ma capacité de raisonnement. Être aux pieds de Jésus, avoir une attitude où je suis prêt à apprendre, ou être au-dessus de lui. C'est bien de raisonner, mais parfois on raisonne pour essayer de trouver une justification à un acte que nous avons fait, pour lequel nous n'avons pas la conscience tranquille, où la parole de Dieu remue notre chair, et nous essayons par de savants raisonnements, même en utilisant des versets bibliques, de justifier notre attitude.


Se mettre aux pieds de Jésus, et la 2e chose, écouter sa parole. Pas seulement nos arguments, nos raisonnements, mais écouter. Pas seulement entendre, mais écouter. En écoutant sa parole dans une attitude de réception, sa parole nous transforme, nous façonne. Si j'ai de la peine à pardonner, ou que je pense qu'il y a certaines choses que je ne dois pas pardonner, si j'écoute les paroles de Jésus qui répète tant de fois que je dois pardonner, rendre le bien pour le mal, pardonner 70 fois 7 fois par jour, alors je ne pourrai pas rester dans cette attitude, à moins que je ferme mes oreilles, que je ne veuille pas entendre sa parole.


Mais au fait, Marthe, qu'est-ce qu'elle fait mal, pour que Jésus ne lui dise pas qu'elle a choisi la bonne part?

Elle s'énerve, se met en colère à propos de l'attitude de Marie. Cela ne vous est jamais arrivé, vous voyez ce qu'une autre personne fait, vous trouvez que c'est faux, et puis ça bout en vous, vous aimeriez qu'elle arrête, change son comportement, mais elle continue, et puis au bout d'un moment, vous explosez.


Marthe n'en peut plus, elle s'adresse à Jésus : « cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour servir? Dis-lui donc de m'aider ».

Marthe pense que ce qu'elle fait, servir Jésus, c'est bien, c'est l'essentiel, et elle désire que Jésus fasse faire la même chose à Marie. Marthe n'a pas tort de parler de ses émotions à Jésus, c'est bien d'exprimer sa colère à Jésus, mais elle le fait simplement en attendant de Jésus qu'il confirme sa pensée, elle n'est pas prête à remettre en cause son attitude. Elle aurait pu dire à Jésus, tu vois, cela me met en colère, je travaille et Marie ne fait rien, mais je n'aimerais pas me mettre en colère, aide-moi.


C'est sa colère qui la domine, et elle agit en fonction de cette colère, au lieu de vouloir dominer sa colère avec l'aide de Jésus. Elle n'est justement pas aux pieds de Jésus, au contraire, elle lui dit même ce qu'il doit dire à Marie, elle met Jésus à ses pieds. Marthe s'appuie sur elle-même, elle veut faire quelque chose pour Jésus, c'est bien, mais elle ne voit que cela, tout ce que l'on peut faire pour lui, et elle oublie l'essentiel, recevoir de Jésus ce dont nous avons besoin pour vivre, l'essentiel, l'amour. Marthe s'appuie sur ce qu'elle peut et pense devoir faire, elle se sent obligée de bien accueillir Jésus, c'est un devoir pour elle. Et par cette attitude, elle montre qu'elle n'a pas encore découvert l'amour que Jésus offre en premier. Elle veut peut-être comme mériter l'attention et la reconnaissance de Jésus pour ce qu'elle fait. Et en demandant à Jésus de dire à Marie de faire comme elle, c'est comme si elle voulait dire à Jésus, tu vois tout ce que je fais pour toi, comme si elle voulait mettre l'accent sur ce qu'elle fait. C'est ce qui compte pour elle, et cela compte tellement, qu'elle donne même des ordres à Jésus pour pousser Marie dans le même chemin. Mais Jésus n'entre pas dans cette logique-là, parce qu’on ne peut mériter l'amour de Dieu. Et Jésus répond à Marthe, mais avec amour.


Il ne dit pas: Marthe, c'est tout faux ce que tu fais, complètement à côté de la plaque. Il lui dit ce qui se passe en elle: Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses. Jésus désire qu'elle comprenne elle-même ce qu'elle fait: Marthe, qui pense bien faire, en réalité ,est dans l'inquiétude et les soucis. Elle n'a pas compris qu'elle peut choisir la bonne part, recevoir l'amour de Jésus, alors elle s'inquiète et est en soucis. Jésus désire qu'elle comprenne cela, ce qui se passe, ce qui la domine : pas la paix, la joie, la sérénité, mais l'inquiétude et les soucis. Il désire qu'elle s'en rende compte elle même, il lui dit ce qu'elle fait, et à côté de cela, il dit ce qu'a fait Marie, qu'elle a choisi la bonne part. Regarde ce que tu as fait, et regarde ce qu'a fait Marie, et il dit, « il y a une seule chose qui est nécessaire ». Voyez tout l'amour de Jésus, qui ne dit pas simplement, ce que tu fais, c'est faux, ce que fait Marie, c'est juste, il essaie de lui faire comprendre ce qui se passe en elle, ses soucis, ses inquiétudes, et il demande si cela est nécessaire.

Ou s'il y a autre chose qui est la seule chose nécessaire. Et en parlant, il permet à Marthe d'entrer dans le même chemin que Marie, d'être à son écoute. Jésus parle, et Marthe écoute maintenant. Le texte ne dit pas ce qui s'est passé avec Marthe ensuite, si elle a compris cela ou non. Mais ce texte nous interpelle je pense, parce que nous avons ce côté de Marthe en nous, de vouloir mériter l'attention de Jésus, et d'imposer aux autres ce qu'ils doivent faire, au lieu de nous mettre à ses pieds et recevoir la bonne part, et en avoir un renouvellement de notre compréhension. Une seule chose est nécessaire, c'est recevoir l'amour de Dieu. Et ensuite je peux agir à partir de cet amour. 


Je ne dois pas d'abord mériter cet amour, agir et ensuite recevoir l'amour, je peux recevoir l'amour, et agir ensuite. Nous avons aussi parfois tant d'occupations, que nous ne prenons pas le temps d'aller aux pieds de Jésus, pour écouter ce qu'il a à nous dire et recevoir ce qu'il veut nous donner. En ce temps de Pâques, où la sagesse de Dieu devient folie pour les hommes, allons à lui, mettons-nous un peu à ses pieds, pour recevoir ce qu'il a préparé.


Amen !


Pr Nathalie Paquereau.