Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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Dimanche 16 MAI 2010

Trescléoux (05700)

Lectures du Jour :

Jean 17/20-26

Actes 7/55-60

Apocalypse 22/12-20




Qu'ils soient un, comme nous sommes un !


Frères et sœurs, ce dimanche est un peu particulier, car il est placé entre l’ascension et la pentecôte. Mais pourquoi alors, proposer à notre lecture cette prière sacerdotale, dernières paroles de Jésus juste avant son sacrifice ultime ?.

Faisons tout d’abord un bref rappel de l’ascension de Jésus, racontée dans le 1° chapitre des actes des apôtres, c’est donc facile à trouver, c’est court, une page, mais quelle page !

  • - Jésus s’était montré aux disciples pendant une quarantaine de jours, et il leur avait demandé de ne pas s’éloigner de Jérusalem afin qu’ils puissent recevoir, tous ensemble, le Saint Esprit et il leur explique ce que ce sera : « une puissance qui surviendra sur vous et qui fera de vous mes témoins à Jérusalem et sur toute la terre. »
  • - Imaginez ce qu’ils ont dû comprendre, eux qui continuaient à lui demander s’il reviendrait pour restaurer le royaume d’Israël, car ils en étaient toujours à leur libération de l’occupation romaine.
  • - Jésus les conduit à Béthanie (le village de Marthe, Marie et Lazare) et sous leurs yeux ahuris, il est enlevé au ciel et son image disparaît dans une nuée. Soudain deux hommes vêtus de blanc apparaissent (comme dans la transfiguration) et leur disent :
  • « Hommes galiléens, ce Jésus que vous avez vu s'en aller au ciel reviendra de la même manière que vous l'avez vu partir... »
  • Et là c’est le coup de grâce car justement, le prophète Zacharie situe (500 ans plus tôt) les événements du retour du Seigneur (Zach 14.4) au Mont des Oliviers (Béthanie).

Fin de la scène.


Puis les disciples retournent à Jérusalem et montent dans la chambre haute où ils se tenaient d'ordinaire et après avoir prié, ils tirent au sort pour remplacer Judas qui s'était pendu. C'est Matthias qui est désigné et qui se joint au groupe des onze.

Voilà l’ascension de Jésus.


Quelques jours plus tard, ce sera la pentecôte, avec les scènes que vous connaissez bien, les langues de feu, les prédications des apôtres en langues étrangères, les conversions, 3000 le premier jour, puis 4000.

En effet, il y avait des juifs venus de tout le bassin méditerranéen (le monde entier) car la Pentecôte eut lieu le jour de la fête juive de Chavouot (fête qui commémore le don de la Torah au peuple libéré) et qui tombe cette année du 18 au 20 mai.

Cette conjonction de dates n’est pas un hasard : Elle manifeste cette volonté de Jésus d’ancrer son message dans la tradition juive, ce qu’il dira à chaque occasion : je ne suis pas venu pour abolir la Loi, mais pour l’accomplir.


La Pentecôte crée le lien avec la loi de Moïse : De quelle façon ?

Pendant 1800 ans l’histoire d’Israël a prouvé que l’homme seul ne peut se conformer à la Loi de Dieu. Le peuple juif vit donc en permanence dans la culpabilité.

La venue de Jésus, sa résurrection, son ascension nous donnent deux nouvelles clés pour comprendre la Loi de Dieu dans un sens nouveau :

- C’est par son sacrifice, par son seul intermédiaire que nous sommes blanchis au regard de la Loi, ce qui nous permet de dire :

1. Que nous ne pouvons pas nous sauver nous-mêmes

2. Que Dieu nous a aimés le premier, et que ce sacrifice est un don, un cadeau,

3. Qu’il n’y a pas d’autre nom que celui de Jésus, qui nous ait été donné par lequel nous puissions être sauvés, de quoi ? Nous sauver de nous-mêmes.

- C’est par le Saint Esprit qu’il nous a laissé en cette pentecôte, que nous pouvons poursuivre notre route à son côté, sous sa protection bienveillante :

* Sans le Saint-Esprit, la Loi est un juge implacable.

* Avec le Saint-Esprit, elle devient un guide, une référence que nous gardons en nous.

- Et en point d’orgue à ce rattachement du ministère de Jésus avec la .Loi de Moïse, Jésus nous donne un commandement nouveau :

Voilà ce qu’il dit : « On vous a enseigné Tu aimeras l'Éternel ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tous tes moyens, mais moi, Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres, c’est à ceci que tous connaîtront que vous êtes mes disciples »


Quand il dit cela, (en Jean, XIII, 35/36), il se réfère à ce qui touche les juifs au plus profond de leur croyance, le Chémâ Israël, qui est l’équivalent pour eux de notre confession de foi :

(Voir la Traduction française du Chémâ Israël en Deutéronome 6/4-9)


Ce qui fait que nous sommes nous aussi les héritiers de cette tradition juive, avec laquelle nous sommes très proches, et nous pouvons tout aussi bien puiser dans l’ancien testament matière à rencontrer Jésus Christ.

Cette pentecôte, donc, nous la célébrons chaque année par un culte unique à Gap, pour être ensemble, pour revivre cette communion que les premiers disciples ont vécu.


Alors vous me direz que nous, on n’a pas vu de langues de feu descendre vers nous, mais n’empêche, le Saint-Esprit, il est là avec nous. D’abord, nous l’avons reçu par notre baptême, toutes confessions confondues, que l’on soit Catho, protestant, orthodoxe, nous sommes tous baptisés au nom du père du fils et du Saint-Esprit, par un même baptême,


Mais nous recevons aussi le Saint-Esprit chaque fois que nous partageons le repas du Seigneur, car lorsque nous nous rassemblons autour de la table sainte, Jésus est au milieu de nous, non pas dans le pain, ou dans le vin, mais dans le cercle que nous formons. C’est pourquoi, même lorsque nous sommes dans le doute, l’interrogation, ou quand nous avons un coup de blues, il est important de partager ce repas avec nos frères et avec Jésus, comme pour recharger notre stock d’une bonne dose de Saint-Esprit et reprendre la main du Seigneur d’une poigne ferme.

Après nous être imprégnés de ces quelques rappels, on peut relire le passage de Jean 17 qui nous était proposé ce matin, avec un autre éclairage :

Quelques versets, les dernières paroles, la dernière prière de Jésus, juste avant d’être arrêté, qui clôture ce que l’on appelle la prière sacerdotale, prière qui fixe le cadre de ce qui sera la mission des apôtres, leur sacerdoce.


Dans ce dernier passage, Jésus prie pour ses disciples mais aussi pour nous car il utilise le futur, en 2 occasions :

Ce n'est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole,

Jésus emploie le futur également dans le dernier verset :

« Mes disciples ont connu que tu m’as envoyé, je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître »


Et depuis les premiers disciples, des gens ont cru en cette prière de Jésus, se sont levés, ont reçu Jésus comme leur Seigneur et ont transmis leur foi, malgré toutes les persécutions, ici comme ailleurs, de génération en génération, jusqu’à nous, grâce à l’œuvre du Saint-Esprit.

Puis Jésus aborde la question de l’unité :

Tout d’abord l’unité qui le lie au Père : Dieu le Père, Jésus le fils sont une même personne, divine, (vous pouvez relire le prologue de Jean) et le Saint-Esprit, la manifestation de cette divinité parmi nous

« Père, je veux qu'ils voient la gloire que tu m'as donnée, parce que tu m'as aimé avant la fondation du monde ».

Mais Jésus parle d’une autre unité, c’est l’unité des chrétiens avec Jésus et son père : En reconnaissant Jésus comme Notre Seigneur, Jésus nous donne accès au père et à la dimension divine.

Cette dimension divine, que l’on ne peut même pas imaginer, Jésus nous permet d’entrer dans une relation confiante avec elle.

« Je te prie afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous »


ET en troisième lieu, Jésus parle d’une autre unité, celles des chrétiens entre eux :

« Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un, afin qu'ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. »


Alors, ce verset a été au cœur de nombreuses controverses, notamment à l’encontre des réformés, accusés de rompre cette unité, d’être des schismatiques. Mais Jésus ne se soucie pas des églises en tant qu’organisations, c’est l’homme, l’individu, la brebis perdue ou égarée, qui l’intéresse. C’est notre unité, de frères et sœurs, réunis autour de la table sainte, accueillant Jésus et le Saint-Esprit, voilà ce qui l’intéresse. Le reste, ce ne sont que des affaires humaines.


Et de petit groupe en petite communauté, nous formons L’église invisible et non pas une quelconque organisation, car c’est paradoxalement, par cette église invisible que le monde pourra connaître que Jésus, l’envoyé de Dieu est vraiment ressuscité et que Dieu nous a aimés le premier.

« Seigneur, nous avons besoin que tu nous remplisses de ton Esprit pour qu’a travers nous se manifeste ta puissance, ton amour, ta miséricorde et ta compassion pour les hommes. »


Amen !


François PUJOL