Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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SAMEDI 10 MARS 2018

Culte d'actions de Grâces * Obsèques de G.C.

Orpierre (05700)

Lectures du Jour :

Psaume 121

Jean 14, 1-7





Ne soyez pas troublés...


« Que votre cœur ne se trouble pas » ; comment, confrontés aujourd’hui à la mort, ne pas être troublé, interpellé par ces questions qui reviennent, toujours les mêmes, sur le sens de la vie, et la mort d’un proche aimé, dans des circonstances dont chacune est singulière, mais qui nous font toutes butter contre ce mur, le mur de l’au-delà.


Pourtant, aujourd’hui, ce n’est pas un sentiment d’inquiétude qui doit nous rassembler : "Que votre cœur ne se trouble pas".

Lorsque Jésus prononce cette phrase pourtant, Judas vient tout juste de le trahir. Par trois fois déjà il leur a annoncé pourquoi ils devaient monter à Jérusalem, pour qu’il soit jugé, qu’il souffre, qu’il soit mis à mort et que 3 jours après il ressuscite.

Alors comment ne pas être troublés ? Et les disciples sentent bien un danger, une angoisse monter en eux, ne comprenant pas ce qui se passe, ne sachant pas exactement ce qui va arriver à leur maître et à eux-mêmes.


Nous sommes cet après-midi dans cette situation, rassemblés pour un dernier au-revoir à G..


Nous sommes troublés, traversés par des questions, pour lesquelles nous n’avons que des réponses imparfaites, travaillés par cette page qui se tourne…Interrogés par cette vie qui s’achève, par cette absence avec laquelle il va nous falloir vivre, comme les disciples vont devoir vivre avec l’absence de Jésus après lui avoir consacré 3 années de leur vie.


La mort, c'est vrai, on y pense tous; mais on fait souvent un peu l'autruche. Pourtant la Bible est claire sur cette question. La mort, on ne l’apprivoise pas, on doit la vaincre. Dans ce perpétuel combat, c’est la vie qui doit triompher, pas la mort, ce qui permet à Paul ce cri « Mort où est ta victoire ? ».


C'est alors que Jésus ne laisse pas comme seul message: "Que votre cœur ne se trouble pas", ce qui serait un peu court. Il ajoute : Là où je vais, Je vais vous préparer une place.


Et il ajoutera un peu plus tard, je ne vous laisse pas seuls, je vous laisse un compagnon, c’est le Saint Esprit qui descendra sur les disciples à la 1° pentecôte, ce Saint Esprit qui est avec nous cet après-midi, soyez en convaincus.

Voilà pourquoi notre cœur ne doit pas se troubler; ce qui n’exclut ni la peine ni les larmes, qui sont faites pour couler et exprimer le manque, l'absence, de cet être qui nous quitte.


C’est alors que notre texte nous livre un dialogue singulier entre Thomas « Seigneur nous ne savons pas où tu vas », et Jésus qui répond « si, vous savez où je vais, vous en connaissez le chemin, car c’est moi le chemin » et il ajoute, je suis le chemin, la vérité, la vie ». La Vie !


Mais dans leur compréhension, les disciples voient dans ce chemin un itinéraire qui conduirait à un ailleurs, plus tard, par exemple après notre mort, tout comme le « retour » de Jésus qui se ferait dans des temps ultimes, dans une apocalypse finale.

Jean fait éclater ces notions, géographique (de la terre au ciel) chronologique (Jésus est là, il n’est plus là, il reviendra), car Jésus emploie le présent, partout : « je suis », «Dès maintenant, vous le connaissez », "et puis « Celui qui croit en moi a la vie éternelle[1]".


Car Jésus n’est pas simplement un sage qui indiquerait un but à atteindre et le chemin à suivre pour y arriver : c'est par sa personne même, c’est par notre rencontre personnelle, intime, avec Lui, que nous pouvons approcher du Père, et pas seulement après notre mort, dans un hypothétique Royaume céleste, mais dès à présent, ici et maintenant.

C’est pourquoi nous pouvons dire que pour nous l’au-delà n’existe pas, puisque nous y sommes déjà. Ce que Jésus confirme lorsqu’il dit : Je suis la porte : Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et il sortira, et il trouvera de verts pâturages[2].


Et comme nous sommes des hommes et des femmes ordinaires, notre vie reste jalonnée par nos ’infidélités, nos faiblesses, nos égoïsmes, mais ce que nous croyons, c'est que Dieu tient ses promesses Mon amour pour toi ne faiblira pas, je t’aime d’un amour éternel.[3] Et aujourd'hui, c'est à nous de prendre le pari que malgré le cercueil devant lequel nous sommes et qui contient son enveloppe mortelle, G. est vivant, à jamais avec Christ vainqueur de la mort. C’est ce qui a permis à Jésus de proclamer devant ses contradicteurs : Dieu est le Dieu des vivants.[4]


Et vous, ses enfants, petits-enfants, G. ne vous laisse pas sans rien. Il vous laisse sa foi qu’il a gardée chevillée au corps, avec laquelle il a traversé cette vie qui ne lui pas épargné les épreuves et les deuils.

Et cet héritage qu’il vous laisse en vaut beaucoup d’autres, croyez-moi.


Votre vie, si ce n’est déjà fait, peut maintenant se nourrir de cette foi qu’il veut vous transmettre aujourd’hui, comme une graine semée en vous, qui ne demande qu’à germer.


"Que votre cœur ne se trouble pas, dit Jésus; croyez en Dieu; croyez aussi en moi, Celui qui croit en moi, il a la vie éternelle ".


Amen !


François PUJOL


[1] Jean 6, 47 8,51

[2] Jean 10,9

[3] Esaïe 54,10

[4] Luc 20,38 Marc 12, 18-27 Matthieu 22,23-32