Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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Dimanche 01 octobre 2006

à Gap-Romette (Journée de rentrée)

Textes bibliques:

- Romains 15, verset 13 à 16
- Matthieu 5, verset 1 à 16
- Jérémie 1, verset 1 à 12


Notre appel, notre vocation...


Jérémie!! Voilà le prophète au surnom terrible: "prophète de malheur"!! On comprend que le tome 2 du livre de Jérémie se nomme "lamentations de Jérémie"!!

Annoncer des bonnes nouvelles, vous me direz que c'est facile…plus facile que d'annoncer des mauvaises nouvelles, des catastrophes et autres paroles qui provoquent des larmes, ou de la colère!!

Voilà Jérémie, qui tente tout devant l'Eternel pour sauver sa peau; plus exactement pour ne pas faire ce que nous appellerons le sale boulot… Après tout, le Seigneur, si c'est pour tout dévaster, il n'a qu'à en faire lui-même l'annonce!

Quelques mots tout de même de Jérémie et son fameux ministère avant d'en arriver à notre propre appel, notre vocation.

Jérémie, dont le nom signifie probablement "celui que l'Eternel a établi", fut appelé à son ministère environ après le ministère d'Esaïe. Et il fut appelé au moment où le roi Josias venait de déclarer la guerre à l'idolâtrie régnante et de mettre la main au rétablissement du culte de l'Eternel.

L'Assyrie, cet antique ennemi de Juda, était alors sur son déclin,: sous les belles apparences de la réforme opérée par Josias, Jérémie voyait certainement l'état d'impiété et d'immoralité qui s'était installé.

On peut dire que pendant les 22 années qui suivirent sa vocation, son ministère ne fut marqué par aucun grand événement. On voit bien, en général, qu'il subit partout l'inimitié de son peuple, des gens de son village et des membres de sa famille, d'où un rapprochement du texte de Luc où Jésus annonce que "nul n'est prophète en son pays"…

Jérémie n'eut pas une vocation facile: il était seul; seul pour supporter ces haines, ces paroles violentes, d'autant que le chapitre 16 nous apprend qu'il avait renoncé à se marier pour être plus libre dans le service de Dieu…!

Seul. Et pourtant, il est difficile de trouver dans l'histoire d'Israël une figure aussi attachante et en même temps un plus grand caractère que cet homme-là. Jérémie, on peut dire que c'est la foi debout au milieu des ruines. Il désespère de tout ( Ah! Jérémie, comme nous te comprenons!!) et en même temps il agit comme espérant tout!! Il ne domine pas son temps, comme Esaïe; il le subit et le porte, un peu comme son fardeau assigné.

Accepter tout pour Dieu, pour sa tâche, pour ses concitoyens ingrats et aveugles, voilà sa vie. Non qu'il soit insensible aux douleurs, aux difficultés de cette situation; non; Jérémie a aussi eu des moments de doute; des moments où son âme était submergée de cette douleur; des moments de défaillance et d'angoisse; mais jamais d'amertume ou de colère. Et Jérémie était un homme vrai, au langage fier et hardi, parce qu'il sentait que sa mission n'était pas de se défausser; parce qu'il sentait qu'il était l'homme de Dieu, l'instrument d'une vérité supérieure à lui-même, capable de l'abattre comme de le relever…

D'autre sont surpassé en puissance l'action de Jérémie. En éclat de parole aussi, comme Elie ou Esaïe…Mais je dirais qu'une gloire lui appartient: celle d'avoir offert au monde l'admirable exemple…de l'amour qui sert…


Souvenez-vous, le texte de Paul aux Corinthiens: l'amour est patient, l'amour croît tout, l'amour supporte tout…


Jérémie…C'est surement ici que se révèle le secret de la force nécessaire pour traverser les crises d'un temps de dissolution et de transformation universelles; c'est peut-être aussi un peu avec lui que l'homme apprend à croire sans voir…


Que peut aujourd'hui nous apporter ce récit de vocation de Jérémie?


Tout d'abord, que l'Homme est appelé par Dieu.


Tout homme reçoit vocation, mission de la part de Dieu. Aucune vie n’est inutile. Aucune. Et chacun est appelé, différemment de son voisin, parce que nous ne sommes pas tous appelés aux mêmes tâches, mais complémentairement.


Nous sommes appelés à devenir acteurs, au sens inverse du mot "passif", actifs, acteurs de notre vie, la menant vers un but; et acteurs de notre communauté d'église; pas passif; actif. Non pas pour servir l'église; c'est l'église qui est servante: elle n'a pas en tant que structure à être servie. L'Eglise, c'est nous tous, serviteurs de Christ!!


Mais nous avons, que ce soit pour nos vies ou pour la vie d'église, nos réticences. Nous avons nos bonnes excuses pour être plutôt des victimes de nos vies, subissant les événements et ne vivant que pour notre subsistance souvent; nous avons de bonnes excuses pour ne pas nous engager, non pas au service de l'église, mais au service de Dieu qui pourtant nous appelle.


Jérémie aussi a eu de bonnes excuses: je suis un enfant… Appelé certainement vers 22 ou 23 ans, Jérémie n'avait plus rien d'un enfant si ce n'est qu'il n'avait pas la sagesse des anciens, ceux qui parfois savent tout, ont tout vu, et font mieux que tous!!


Je ne sais pas parler, dit aussi Jérémie. Ah! Moïse aussi a eu cette argumentation…Mais à chaque fois, les arguments tombent : "Attends, tu crois que ce que tu prends pour des faiblesses, ou des obstacles pour vivre ce pourquoi je t'ai appelé vont avoir le dernier mot?" pourrait dire Dieu.


Ces obstacles aussi sont multiples pour nous…Et très convaincants: je n'ai pas le temps de mener tout de front; je ne me sens pas capable "pour l'instant" de prendre une "charge " quelconque…; je n'ai plus le temps de faire le point dans ma vie; j'ai plutôt l'impression que ma vie doit se vivre au jour le jour, sans projet, juste en gérant le quotidien…C'est vrai, à chaque jour suffit sa peine!!


Et puis, …il y a le doute.


Jérémie aussi à des moments de sa vie a douté. Non pas de Dieu réellement, mais de sa mission.
Nous, nos doutes sont parfois trop forts pour penser à un quelconque projet: projet de vie, projet d'église. Et si Dieu dans tout cela n'était que vaste filet sur lequel l'humanité se raccrochait comme à une bouée de sauvetage, pour ne pas désespérer? Et si Dieu n'existe pas, quel sens cela aura si je bâtis ma vie, ma vie personnelle et son sens comme s'Il était là, pour me guider, me soutenir, m'éclairer?


Et si Dieu n'existe pas, comment donner du temps, de mon temps, pour faire que l'Evangile, la soi-disant bonne nouvelle soit annoncée?


Tout cela sans Dieu devient ridicule, folie, perte de temps.


Nous avons tous nos excuses, et nos peurs. Nos peurs aussi de ne pas être à la hauteur. A la hauteur, dans la vie; à la hauteur, dans les engagements que je peux prendre.


Croire en Dieu est un pari!! Un pari sans preuve scientifique. Mais l'amour doit-il toujours se prouver, ou doit-il se vivre?


Dieu nous appelle à vivre avec son impulsion de vie, d'amour, dans notre monde difficile et plein de souffrances, d'échecs, comme l'était aussi le temps de Jérémie. Et Dieu, comme pour Jérémie, nous dit: "Ne crains point, car je suis avec toi pour te délivrer, dit l'Eternel".
Te délivrer de la peur; te délivrer de tes doutes quant au sens de ta vie; de délivrer de ton manque de confiance.


"Vois-tu une branche d'amandier, dit le seigneur?" à Jérémie. Et pourquoi donc une branche d'amandier? Parce que l'amandier est couvert, en sa saison, de fleurs blanches…Comme les cheveux blancs sur la tête d'une personne mûre…donc sage!!


Ce n'est ni l'âge, ni le manque de temps, ni le manque de confiance en soi, ni les blessures de la vie qui doivent nous détourner de ce à quoi Dieu nous appelle.


L’Eternel dit à Jérémie: "Ceins-toi"; c'est-à-dire "prépare-toi pour partir, pour partir en mission". Dieu nous dit, à nous tous, et à chacun d'entre nous: "prépare-toi; prépare-toi, j'ai gravé dans ton cœur un plan pour ta vie, un chemin de vie! Avec mon aide, suis-le , et ta paix et ta joie seront grandes!"


Avec Jésus-Christ, voilà une parole certaine: Dieu dit aussi à Jérémie: "Lève-toi"; lève-toi qui donnera la résurrection. "Ressuscite!"


Nous sommes appelés à ressusciter; pas seulement dans la vie éternelle, après notre mort; mais aujourd'hui, pour une vie nouvelle en compagnie de Dieu, avec plus de confiance, en dieu, en nous-mêmes!


Et Dieu dit à Jérémie: "Vas, car je suis avec toi".


Va, je suis avec toi, veut peut-être nous dire aujourd'hui le Dieu de Jésus-Christ. Va, écoute ton cœur, et ne mets jamais de frein à l'amour. Va, écoute ma parole en méditant la Bible, et prends confiance dans la vie. Va, en comprenant que la relation avec moi est vivante, et si je te dis que je suis avec toi: Je suis avec toi.


A chacun d'entre nous de prendre ce temps, malgré nos réticences, nos peurs, nos manques de temps, nos doutes, de prendre ce temps pour dire aussi , comme le prophète Samuel: "Parle Seigneur, ton serviteur écoute". Et enfin, il nous faudra entrer en action!


Amen!


Nathalie PAQUEREAU