Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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DIMANCHE 31 mai 2009 
Culte de Pentecôte à St Laurent du Cros (05500)


Lectures du Jour :

Genèse 11, 1-9 (Voir aussi sous cette référence, prédication du 08 Juin 2014)

Jean 15,26-27/16,12-15

Actes 2,1-13

Galates 5,16-25



L’effet Papillon…


Ah ils sont chouettes, les sympathisants de Jésus ! Eux qui, quelques temps auparavant, clamaient qu’ils seraient prêts à donner leur vie pour leur maître, comme on dit : «  grande bouche, mais suivi de bien peu d’effet » !

Ils sont enfermés, planqués dans une maison…oh ! On pourrait leur trouver toutes sortes d’excuses ; qu’ils méditaient ; qu’ils avaient peur d’être persécutés ; qu’ils n’avaient pas compris qu’il fallait qu’ils sortent de cette maison pour aller annoncer un message particulier…


On peut se demander quel était à ce moment-là leur état d’esprit… et peut-être en parallèle nous demander quel est notre état d’esprit.

Ces hommes, ces femmes qui ont suivi Jésus, ont donné pour certains d’entre eux trois années de leur vie pour le suivre (plus long qu’un service militaire ou encore qu’une année diaconale, c’est clair !!).

Ils y ont cru, tous ; ils ont eu un idéal ; ils ont cru des paroles que leur maître leur enseignait, mais ils ont aussi certainement eu d’autres espérances, notamment surement celle d’être enfin libérés de l’envahisseur romain.

C’est beau, n’est-ce pas d’avoir des idéaux, de belles idées, de grandes idées…

Ah ! Sancho Pança se battant contre des moulins, il en faut bien, n’est-ce pas ? Souvent, ils nous font un peu ricaner….

Les disciples, eux, ont été confrontés à un problème de taille, une crise sans précédent pour leur vie : l’idéal en lequel ils ont cru s’est arrêté net en étant crucifié.


Qui d’entre nous n’a pas été confronté à cela : une espérance, un idéal, et puis, pour une raison ou l’autre, tout s’effondre…

Hélas, dans ces cas-là, on a plutôt tendance à se renfermer sur soi, à mâcher et remâcher ce qu’on considère comme un échec, à s’aigrir même parfois, à s’isoler, à surtout à jurer qu’on ne nous y prendra plus et à devenir plutôt indifférent aux autres…Après tout, dans ce monde, chacun sa mouise et on n’est pas sauveur du monde…

On en revient à nos disciples…Je pense qu’ils sont un peu dans cet état d’esprit ; même si le Christ leur est apparu, même si plus de cinq cent personnes, nous dit Paul, l’ont vu de leurs propres yeux et que le tombeau était vide, je crois que pour ces disciples, il y a une impression de vide, de manque, et surtout un sentiment d’être seuls pour une charge qui leur paraît bien lourde : annoncer une bonne nouvelle, celle de Dieu qui aime l’humanité et veut du bon et du beau pour elle, jusque dans la vie éternelle.

Changer le monde…allez, à d’autres ! aux utopistes et autres fous. Alors, ces amis, ils s’enferment dans leur maison ; ils ressassent peut-être leurs souvenirs ; ils ont peut-être une pointe d’amertume ; ils pensent certainement à la dissolution du groupe et à ce qu’ils vont bien pouvoir raconter à leurs familles : «  ouah alors, j’ai disparu pendant trois ans, j’ai marché avec des potes dans la Galilée, et coucou me revoilou !!! »


C’est bien beau les belles et grandes idées ; mais un jour, on retombe les pieds sur terre et le quotidien reprend le pas. Allez, c’est sage. C’est décidé, petite assemblée générale et dissolution du groupe «  les amis de Jésus » : vote à l’unanimité moins une abstention (celle de Barsabas, normal, il vient juste d’être élu pour remplacer Judas !!!!)

Et là, alors qu’ils sont tranquillement dans la maison, une tempête, mais une tempête avec un vent genre plus de 100 kms heure arrive et s’engouffre dans la maison…Il leur manquait plus que ça….Tranquillement assis, une tornade les envahit…Et qu’est-ce qui se passe ? Chacun, individuellement, reçoit sur la tête, je cite, «  comme des langues, pareilles à des flammes de feu ».

Et le texte rajoute qu’ils furent tous remplis du Saint-Esprit et se mirent à parler différentes langues de la terre…

Cet épisode-là, il aura une incidence majeure : 2000 ans après, alors que le groupe de sympathisants allait surement se dissoudre, et bien on est là, à en parler, à y croire, à continuer dans cette voie !!!

Des petites flammes sur la tête de chacun, et les voilà repartis de plus belle avec les idées de leur maître, pour un monde plus juste, plus fraternel, meilleur quoi !!!


Alors, j’en entends d’ici certains, que je ne nommerai pas, penser «  ouah, ton coup des petites flammes qui fait que 2000 ans après, des hommes, des femmes, des jeunes comme ce matin, des enfants, se lèvent et croient en la bonne nouvelle de Jésus-Christ, un épiphénomène d’il y a des milliers d’année, tu crois que ça peut avoir un impact aujourd’hui toi ? ».

C’est là que j’en viens à ce que chante Bénabar : «  c’est l’effet papillon ».

Ce matin, je voulais partager cette idée double d’effet-papillon :

D’abord, je vais vous rappeler ce que c’est :


Un battement d'aile de papillon à Paris peut provoquer quelques semaines plus tard une tempête sur New-York. Cette image décrit l'effet papillon tel qu'il a été mis en évidence par le météorologue Edward Lorenz. Il a découvert que dans les systèmes météorologiques, une infime variation d'un élément peut s'amplifier progressivement, jusqu'à provoquer des changements énormes au bout d'un certain temps. Cette notion ne concerne pas seulement la météo, elle a été étudiée dans différents domaines. Si on l'applique aux sociétés humaines, cela voudrait dire que des changements qui semblent insignifiants au départ peuvent déclencher des bouleversements à grande échelle.


Alors, dans un premier temps, je dirais que ces petites flammes sur la tête de chacun, cet esprit de Dieu qui est donné dans la vie de chacun, , « C'est l'effet papillon petites causes, grandes conséquences » chante Bénabar ( eh je me mets au courant quand même !!).

Ainsi, ces petites flammes, elles sont offertes aux disciples ; ça va radicalement changer leur vie, et le christianisme va très vite toucher tout le bassin méditerranéen.


Ces petites flammes, Océane, Margot, Justine, Coline, Vaïmiti, elles vous sont offertes aussi : c’est cette présence «  effet papillon », qui peut transformer votre vie, un peu comme…Popeye mangeant des épinards !!!! Petite cause, grande conséquence. Quelle conséquence ? la première est de comprendre que vous n’êtes plus seules pour affronter le monde, pour vivre votre vie et faire vos choix…Oh ! ça ne veut pas dire que vous ne vous planterez plus ! Mais dans un premier temps, ça veut quand même dire que vous ne serez plus jamais seules, de cette solitude qui peut parfois nous peser. Cette petite flamme de Dieu, elle vous lève, elle vous relève, et elle dit à chacune, à chacun d’entre nous : «  eh ! toi, ta vie, elle a du sens ; je t’offre…le feu de Dieu ! »

L’effet-papillon de cette petite flamme divine, dans un premier temps, ça nous fait vraiment l’effet-papillon dans notre vie : grands chamboulements pour passer du stade d’assis, statique, parfois mal, très mal, au stade de debout, en marche, avec l’esprit comme bâton de pèlerin pour marcher et s’appuyer ; avec un sens à sa vie, avec une joie que rien d’autre ne peut procurer de cette manière-là (même pas le chocolat !!!)


Mais l’effet-papillon de cette flammèche ne s’arrête pas là !!! Parce que nous ne sommes pas dans ce monde pour nous croiser les bras, critiquer les autres et se la jouer indifférents et individualistes !!

Certains scientifiques qui analysent l'évolution de nos sociétés estiment que dans le futur, les transformations sociales seront de plus en plus liées à quelques actions individuelles plutôt qu'à des phénomènes de masse. Ceci parce que deux conditions essentielles à l'émergence de l'effet- papillon sont à présent réunies.

D'une part, la circulation de l'information est devenue toujours plus rapide et plus dense entre les différents acteurs de la société et les diverses parties du monde. Ceci fait que des événements auparavant isolés, peuvent maintenant être reliés très rapidement. Ce qui favorise la transmission et l'amplification des changements.

D'autre part, à l'aube du troisième millénaire, les sociétés humaines sont manifestement arrivées à un point de bifurcation. Nous sommes dans une période de redéfinition complète des normes et des valeurs en matière de travail, d'économie, mais aussi de vie sociale et de rapports entre Etats. Dans ce type de situation, une infime modification peut tout faire basculer.

Ces éléments mettent le pouvoir de changer le monde à portée de notre main ; et libérés par l’Esprit de Dieu de nos tyrans intérieurs , de notre esprit de compétition, de notre esprit d’indifférence, de nos peurs, peur de la mort, peur de l’échec, peur de l’abandon, peur de ne pas être aimés, je crois vraiment que nous sommes appelés à repérer dans notre vie de tous les jours les domaines dans lesquels un changement même minime de nos comportements peut déclencher l'effet papillon.

Alors accepter que Dieu vienne dire son mot dans notre vie, accepter qu’il y ait un Père aimant, ça peut paraître ringard, ou complètement fou de nos jours.


Mais rassurez-vous, lorsque les disciples ont reçu cette flamme de l’Esprit dans leur vie et sont soudainement devenus polyglottes, on les a traités de cinglés et on les a accusé d’être des pochtrons !!!

Alors, faut-il avoir honte et s’en cacher ? Faut-il avoir honte d’être aimés, de trouver un sens extraordinaire à sa vie en anéantissant nos peurs ? Faut-il avoir honte de croire que chacun et tous ensemble, avec ce coup de pouce, cet effet-papillon de Dieu, nous pouvons changer la face du monde par de petits gestes, de fraternité, d’humanité, de partage, de solidarité ?


A chacun de choisir : soit chenille rampante qui ne verra pas plus loin que le caillou devant son museau, soit papillon qui prend de l’altitude sur son petit quotidien et ses préoccupations en se tournant vers les autres pour un monde plus juste. C’est «  juste » ça, Pentecôte. Bon choix.


Amen.


Pr Nathalie Paquereau.