Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

Cliquez ici pour modifier le sous-titre

DIMANCHE 29 mai 2014

Culte de l’Ascension à LOURMARIN (84)

Lectures du Jour :

Actes 1, 6-13

Deutéronome 29,28 à 30,11




Notre Ascension


Que ce soit pour jardiner, pour faire une ballade, un barbecue, le marché, ou tout simplement savoir comment s’habiller, on regarde… le ciel. Notre quotidien est rythmé par l’observation du ciel.


Le ciel « en plein air » ou celui d’une carte de météo, le ciel nous dicte ses conditions. Pas étonnant dès lors que le ciel soit depuis toujours le siège des dieux. On parle du « ciel » pour parler de la providence divine : ne dit-on pas « Dieu du ciel ! » ou « aide-toi et le ciel t’aidera » ?


Et c’est vrai que tant de fois nous voudrions que le ciel nous aide ! Que la carte météo de notre vie change parfois de couleur ! Avec des soleils partout quand notre humeur est en hiver ; avec des nuages de pluie pour faire fleurir les projets déjà semés.

La météo nous résiste, imprévisible malgré la météo : c’est pour cela que le ciel nous agace, nous inquiète, nous surprend. Ce matin encore, un vilain nuage vient gâcher les plans des disciples. Une nuée, moitié brouillard moitié tornade, enlève Jésus sous leurs yeux. Dieu, si j’ose dire est un drôle d’oiseau !


Mais ce Jésus qui s’évapore, ce n’est déjà plus celui qui arpentait la terre promise. Celui-ci est mort, sur une croix, comme un vaut-rien. C’est le Christ ressuscité qui leur est enlevé de devant les yeux. Le temps de la révélation prend fin. Un autre temps s’ouvre : le temps de la proclamation au monde que Dieu fut Jésus, que Dieu est le Christ. Que Dieu, c’est Jésus-Christ.

Pas la proclamation de l’existence de Dieu dans le ciel… pour ça, l’humanité n’a pas besoin de l’Eglise, qu’elle soit protestante, catholique, orthodoxe ! Chaque être humain se fait sa propre idée de Dieu. Même celles et ceux qui prétendent qu’il n’existe pas ! Mais qu’est-ce qui n’existe pas ? De quel dieu parle-t-on ?


Cette proclamation radicalement nouvelle c’est que Dieu a bel et bien été un être humain lui aussi, comme toi, comme moi. Pas avec des super-pouvoirs et une combinaison de super-héros. Ça, c’est du cinéma ! Or Dieu, le Dieu de Jésus, le Christ, ce n’est pas du cinéma !


Si l’auteur a recours à des effets spéciaux (le nuage qui prend le ressuscité), c’est pour montrer combien, pour lui comme pour toi et moi, il n’y a pas d’autre temps que le temps de la foi. Une foi qui n’a rien à voir avec une contemplation dévote, la tête dans les nuages, à scruter le ciel en adoration.

La foi, surtout pour nous, protestants, c’est avoir les pieds sur terre ! C’est être enracinés dans ce monde et ne pas en rêver un autre. Car un monde, il n’y en a encore qu’un dans cet univers infini : c’est celui-ci. Car une humanité, il n’y a encore qu’une seule dans cet espace sidéral : c’est celle-ci !!!!


L’ascension, ce n’est pas de sonder le ciel avec les jumelles de la foi, ou les télescopes de la science. De chercher des particules de Dieu dans le ciel. Car c’est en nous qu’elles sont ! Oui, si nous sommes des « poussières d’étoiles », alors nous sommes aussi des « particules d’éternité », des « fragments de la Parole de Dieu ».

Une parole qui ne tombe pas du ciel, mais une parole qui traverse l’humanité, à ras de terre, pour nous toucher en plein cœur.

Une parole créatrice qui modifie ma vision du monde et de moi-même. Ma vie n’est plus soumise aux aléas du temps : elle est éternelle. Ma vie n’est plus régie par un ciel despotique : elle est libre et épanouie.

Libre de changer le monde ! Mais pas de changer de monde !


Au contraire, c’est dans ce monde profane que Dieu a marché. C’est avec cette humanité fragile et limitée que Dieu a vécu. C’est dans le bas peuple, les classes populaires, misérable, marginale que Dieu appelle, soigne, guérit, sauve.

Oui, c’est à moi, petite chose que je suis, que Dieu parle. C’est moi que Dieu appelle pour faire briller ma lumière d’étoile. Pour irradier de cette éternité qui ne craint pas la mort. Pour faire vibrer sa Parole au travers de mes cordes vocales.

Redescends de ton nuage (descendre de chaire ?). Car ce nuage, c’est le mien ! nous dit Dieu, c’est mon mystère. J’ai besoin de toi en bas, pour qu’à ton tour, tu montres le Christ à travers toi : tu n’es pas un idéal de perfection religieuse et morale. Tant mieux ! Ainsi tu attestes en vérité que l’amour de Dieu n’est pas un contrat. Qu’il est hors de prix. Qu’il est astronomique sans être hors de portée. Qu’il est pure grâce, offerte à quiconque s’abandonne à lui. Cet amour n’est pas au ciel. Il est à nos pieds, dans notre cœur, dans notre bouche.


Alors gardons les pieds sur terre, car à trop scruter le ciel, on outrepasse les limites de la foi.

Baissons notre regard pour le mettre à l’horizontal. Pour ouvrir l’horizon bouché de notre temps !

Pour témoigner que le ciel ne nous tombera pas sur la tête !

Au contraire, le Royaume de Dieu est déjà ici-bas.


Alors reste sur terre et dessines-y ta foi. Car en aimant le monde comme Dieu l’a tant aimé, tu l’aideras au ciel.

C’est là notre ascension !


Amen !


Pr Arnaud Vandenwiele