Prédications Protestantes dans les Alpes du Sud

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SAMEDI 06 FÉVRIER 2016

Culte d’actions de grâces, Décès de Mme Anne-Marie GUIGO

Orpierre (05700)

Textes bibliques :

I Cor 15,12-19 & 55-58. 

Luc 23/44-47


Lecture de I Cor 15,12-19

12 Or si Christ est prêché, — qu’il a été* ressuscité d’entre les morts, comment disent quelques-uns parmi vous qu’il n’y a pas de résurrection de morts ?

13 Mais s’il n’y a pas de résurrection de morts, Christ n’a pas été ressuscité non plus ;

14 et si Christ n’a pas été ressuscité, notre prédication donc est vaine aussi, et votre foi aussi est vaine ;

15 et même nous sommes trouvés de faux témoins de Dieu, car nous avons rendu témoignage à l’égard de Dieu qu’il a ressuscité Christ, lequel il n’a pas ressuscité si réellement les morts ne ressuscitent pas.

16 Car si les morts ne ressuscitent pas, Christ n’a pas été* ressuscité non plus ;

17 et si Christ n’a pas été ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés :

18 ceux donc aussi qui se sont endormis en Christ ont péri.

19 Si, pour cette vie seulement, nous avons espérance en Christ, nous sommes plus misérables que tous les hommes.

— v. 12 : a été et est. — v. 16 : ou : n’est pas.


Chers amis, frères et sœurs, 


Cette hypothèse développée par Paul, dans laquelle il reprend les arguments de ses contradicteurs, pour mieux les combattre, à la fin du chapitre, cette hypothèse peut avoir de quoi nous ébranler : se pourrait-il que ceux qui reconnaissent Jésus Christ comme guide de leur vie soient les victimes d’une imposture, se pourrait-il que notre sœur Anne-Marie, et nombreux parmi nous cet après-midi, ayons construit notre vie sur du sable? Qu’Anne-Marie se soit engagée pour du vent ?

Alors pour évacuer ce doute, il est nécessaire de revenir sur quelques fondamentaux : En premier lieu, ceux qui partagent leur foi en Jésus Christ croient que l’univers, donc notre planète et tout ce qu’elle contient, y compris nous-mêmes les humains, avons été créés, créés par une transcendance, que nous appelons Dieu, dont nous ne pouvons démontrer l’existence, mais nous croyons. D’autres ne croient pas, d’autres refusent de croire, chacun est libre. Dieu lui-même le confirme au tout début de ce livre J’ai mis devant toi la mort et la vie, choisi la vie, afin que tu vives toi et ta postérité[1].

Mais les hommes, forts de leur intelligence se sont éloignés de cette transcendance, persuadés qu’ils pouvaient eux-mêmes être des créateurs, aussi forts que Dieu. C’est ce qu’on appelle le péché originel. Alors cette transcendance a voulu donner une seconde chance à l’Humanité en lui envoyant Jésus le Christ, Fils de Dieu fait Homme, dont le message donnait les clés d’une réconciliation avec Notre Créateur[2]  : que simplement chaque homme, chaque femme reconnaisse ceci : je fais le mal que je ne voudrais pas faire et je ne fais pas le bien que je voudrais faire[3]. C’est ce qu’on appelle la repentance. Mais les hommes n’ont pas reçu son message, au contraire, ils se sont endurcis au point de se convaincre qu’il fallait le faire taire et qu’il meure, de la mort la plus horrible, la plus infamante, celle réservée aux esclaves, sur une croix.

Les hommes avaient gagné. C’est par ce terrible fiasco, que se termine l’itinéraire terrestre du Fils de Dieu.

Et c’est sur la confiance, sur la foi en cet homme au corps rompu et meurtri, au message incompris, c’est sur cet homme qu’ Anne-Marie, comme nous, a construit sa vie. Incompréhensible pour des gens raisonnables, sauf qu’au fond de la noirceur la plus épaisse, au fond du gouffre le plus profond, cette transcendance que nous appelons Dieu a manifesté sa puissance en ressuscitant son fils le 3° jour, qui ainsi est retourné dans sa dimension originelle, l’infini et l’éternité.

Un dimanche de pentecôte, au cours du culte, Anne-Marie encore adolescente, s’est levée du milieu de ses camarades pour proclamer : je crois en Dieu le Père tout puisant, je crois en Jésus Christ son fils, Jésus Christ est mon Seigneur. Depuis, cette foi, cette confiance chevillée au corps, ne l‘ont jamais quittée.

Cette confiance, qui voit son aboutissement aujourd’hui. Pour m’en expliquer, je vous lirai ces quelques versets (Luc 23/44-47) :

Il était déjà environ la sixième heure, et il y eut des ténèbres sur toute la terre, jusqu'à la neuvième heure. Le soleil s'obscurcit, et le voile du temple se déchira par le milieu. Jésus s'écria d'une voix forte : Père, je remets mon esprit entre tes mains. Et, en disant ces paroles, il expira. Le centenier, voyant ce qui était arrivé, glorifia Dieu, et dit: Certainement, cet homme était juste.…

Je remets mon esprit entre tes mains, la dernière phrase prononcée par Jésus sur la terre, le dernier signe de sa confiance absolue dans ce qui adviendrait le 3° jour.

Je remets mon esprit entre tes mains, voilà la phrase que chacun d’entre nous espère être en mesure de prononcer lorsque ce sera le moment, et à laquelle Anne-Marie a certainement pensé.

Cette confiance absolue qui nous permet de dire que l’au-delà, cet inconnu source de toutes les angoisses, n’existe pas, la mort est un passage, entre ce monde gris sombre, limité par ses bornes : une naissance, une vie, une mort, et la lumière de l’éternité dans la présence bienveillante de notre créateur, qui est aussi notre sauveur.

Et nous pouvons reprendre notre lecture de la lettre de Paul aux Corinthiens (15,55-58) :

Et quand ce corps mortel aura revêtu l'immortalité, alors s'accomplira cette parole de l'Ecriture : La mort a été anéantie et nous proclamerons : ô mort Où est ta victoire ? Ô mort où est ton aiguillon ? Grâces soient rendues à Dieu, qui nous a donné la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ.

Chacun peut maintenant comprendre pourquoi devant ce cercueil nous pouvons proclamer avec l’évangéliste Luc (20/38) Dieu est le dieu des vivants car pour lui tous ses enfants sont vivants.

Chacun de ses amis, vous qui êtes ici cet après-midi, avez partagé avec Anne-Marie une tranche de vie, plus ou moins longue, plus ou moins intense. Je pense en particulier ici à Orpierre à tous ses amis de l’Association. Certains en témoigneront tout à l’heure.

Pour nous, notre petite communauté du Buech, nous garderons l’image d’ Anne-Marie venant à nos cultes de l’été, ici même, partageant avec nous le pain et le vin de la Sainte Cène, faisant d’elle avec nous, très concrètement, des frères et sœurs, frères et sœurs en Christ, souvenir auquel j’associerai à titre personnel, cette belle fête que fut le baptême de Laure en 2012.

Et en souvenir de ces beaux moments de partage et d’amitié, je vous propose de nous unir dans la proclamation de notre credo, d’une voix forte comme un cri de victoire de la vie sur la mort, pour marquer notre communion avec sa famille qui doit affronter cette déchirure, notre communion les uns avec les autres, notre communion avec Anne-Marie dont l’esprit est avec nous cet après-midi.


Je crois en Dieu le Père tout puissant…


Amen !


François PUJOL


[1] Deutéronome 30/19

[2] Le 11° commandement : tu aimeras ton prochain comme toi-même et cette recommandation toute simple : Tout ce que tu voudrais que les autres fassent pour toi, fais le de même pour eux (Matthieu 7/12). Trop simple ?

[3] Lettre de Paul aux Romains 7/19